Par Simone Waple, auteure de « Non ! L’État ne nous protège plus »

La crise énergétique actuelle est le fruit d’une multitude de mauvaises décisions prises depuis des décennies par les gouvernements et la fonction publique.

Avec des accents churchilliens, Emmanuel Macron nous prédit « Fin de l’abondance, des évidences, de l’insouciance » et profère ce sophisme : « la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas ».

Bouclier tarifaire, chèque énergie, rabais à la pompe, aide au changement de chaudière, fin des passoires énergétiques… ce gouvernement prétend maintenant nous protéger d’un désastre auquel il a activement participé. D’abord en confirmant la fermeture de Fessenheim pour des raisons politiques : glaner les voix des écologistes, ne pas déplaire aux Allemands pourtant empêtrés dans leur ruineux « tournant énergétique » (Energiewende). Ensuite, en prenant des sanctions économiques à l’encontre de la Russie sans même avoir prévu leurs effets boomerang sur notre quotidien.

La crise énergétique actuelle n’est cependant pas due au conflit en Ukraine. Elle remonte à bien plus longtemps et, faute d’investissements dans les secteurs pétrolier, gazier et nucléaire les premiers effets étaient visibles sur les marchés dès 2017-2018. Nous payons l’addition d’un empilage de distorsions des prix par les procédés de taxation – subvention chers aux interventionnistes. S’y ajoute la manipulation du prix le plus important du marché : celle des taux d’intérêt par les banques centrales. Des taux forcés à la baisse jusqu’à devenir négatifs donnent des illusions de rentabilité.

Si les moulins à vents étaient rentables, fiables et puissants, tous les minotiers du monde les utiliseraient déjà. Si le soleil permettait d’alimenter des laminoirs, tous les sidérurgistes des pays ensoleillés utiliseraient cette énergie. Si le chauffage électrique était plus avantageux que le chauffage au fuel ou au gaz, tous les foyers l’auraient adopté. Si les moteurs électriques étaient plus économiques, les automobilistes auraient déjà saisi l’avantage. Tous les engins de travaux publics, des agriculteurs, des bûcherons, tous les navires des armateurs, etc. en seraient équipés.

Nous ne sommes pas dirigés par des êtres omniscients qui sauraient mieux que tout le monde ce qui est bon pour tout le monde. Les connaissances et les savoirs sont distribuées dans toute la société. Chacun avec son expérience, son bagage technique et ses savoir-faire apporte sa pierre à l’édifice. Nul esprit – aussi élevé soit-il – ne peut faire la synthèse de ces connaissances disséminées.

En matière économique, la synthèse des connaissances à un moment donné se manifeste par les prix, à condition qu’ils ne soient pas délibérément faussés. Certes cette information est imparfaite et fluctuante, mais l’ordre spontané reste toujours supérieur à l’ordre imposé comme en témoignent les résultats des pays communistes accrochés à leurs « plans ». L’interdiction de la commercialisation des à combustion interne à partir de 2035 est à cet égard un bel exemple de constructivisme à l’échelon européen qui condamne toute une industrie (et les véhicules hybrides).

Avec des prix de détail et de gros faussés par les taxes, les subventions et la création monétaire, la démocratie du marché est grippée, des capitaux sont mal alloués et une chaîne de mauvaises décisions se met en place. Lorsque les stations de ski demandent l’aide de l’État pour faire face aux augmentations de coût des remontées mécaniques, on touche au grotesque. Le bobo climato-anxieux couinerait car aller en Tesla skier sur les pistes de Courchevel blanchies par 563 canons à neige lui coûtera plus cher…

Celui qui réclame une aide ou une subvention ne devrait jamais oublier qu’il ne fait que préempter l’impôt des autres, impôt pris de force. Il est complice de la spoliation légale par l’État : « cette grande fiction selon laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde », comme l’écrivait l’économiste Frédéric Bastiat. Ne réclamons à l’État que la seule protection qu’il peut légitimement nous donner : celle de la liberté, de la propriété, de la sûreté et de la résistance à l’oppression pour chacun. Liberté d’entreprendre, propriété de ce qui a été légitimement acquis sur un marché ouvert et concurrentiel devraient être les seules revendications de tout entrepreneur qui respecte les autres.

Par Simone Waple, auteure de « Non ! L’État ne nous protège plus », prix du livre libéral 2021, chez JDH EDITIONS.


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