C’est en région lyonnaise que Jacquet Metals est devenu un leader européen spécialiste de la distribution d’aciers spéciaux, présent également en Asie et en Amérique du Nord.

La petite PME de Saint-Priest est devenue l’un des fleurons de l’industrie française. Elle est dirigée par un entrepreneur qui s’est fait lui-même. Il n’est pas fils de soyeux lyonnais, n’a pas fait de grandes études, ayant arrêté après le bac pour entrer dans la vie active, mais il ne lui a pas fallu longtemps pour trouver que son destin était décidément lié à cette activité. Il a su donner toute l’énergie dont il est coutumier pour hisser l’entreprise à sa position actuelle.

Un destin qui n’attend pas

Pas de cuillère d’argent dans la bouche pour Éric Jacquet, mais un père qui aime aussi son indépendance. Michel Jacquet crée sa propre entreprise en 1962, « Les Établissements Michel Jacquet ». Cette PME industrielle propose le découpage à façon de métaux. Éric est fils unique, il a hâte de se lancer dans la vie active, et occupe des postes de responsable commercial, marketing, développement à l’exportation, ce qui lui donne une connaissance approfondie du marché. Suivant une logique toute tracée, il reprend l’entreprise de son père. Il dirige à présent ce qui deviendra Jacquet Metals depuis 1994. Éric Jacquet dit fréquemment qu’il a « grandi avec et dans l’entreprise », se consacrant totalement à son développement jusqu’à la faire monter au plus haut. Depuis lors, il a su s’entourer d’une équipe de professionnels de l’acier ayant travaillé entre autres chez Usinor, Arcelor, Thyssenkrupp ou Snecma.

Un sang froid à toute épreuve

L’homme a du sang-froid, pour hisser son groupe à la position de leader européen, il lui a fallu en faire preuve. Ainsi, il a réussi une opération hors du commun en 2010 qui a permis à Jacquet Metals de franchir un pas de géant. En 2008, il prend 33% des parts d’IMS, une société cinq fois plus grosse que la sienne à l’époque. International Metal Service (IMS) est propriétaire de l’allemand Stappert et regroupe les activités du sidérurgiste Creusot-Loire. Deux ans plus tard, Éric Jacquet prend une décision stratégique qui ne va pas sans risque, il lance une OPA pour racheter totalement IMS. L’offre est très mal accueillie car considérée comme hostile. Doté de nerfs solide, l’entrepreneur négocie quasiment pendant un an avant de parvenir à la concrétisation de son projet. Les sociétés fusionnent, son groupe procède à l’intégration d’IMS. Pari gagné pour l’entrepreneur français qui disait en souriant que « cinq fois plus gros par rapport à Jacquet Metals, c’est cinq fois la même chose ».

Vers une nouvelle dimension

Si ce deal a pu donner des sueurs froides à Éric Jacquet, l’homme n’a pas douté du fait que tous les efforts effectués durant cette période permettraient de donner une autre dimension à son groupe. La solution qui lui permettrait de construire et consolider son avenir grâce à l’apport de volumes élevés, il ne fallait donc pas lâcher. Car, pour négocier des prix réellement compétitifs sur l’acier comme sur de nombreux autres marchés, le volume est un facteur essentiel. Certains l’ont qualifié de « culotté » à l’époque, sans doute, mais le culot s’appuyait aussi sur une préparation de longue durée. En 2015, fort de cette expérience, il repart à l’attaque. Il parvient à racheter les filiales de l’entreprise suisse Schmolz+Bickenbach situées en Belgique, aux Pays-Bas et en Autriche, un rachat plus calme cette fois ; le Suisse souhaitant vendre ses activités de négoce. Ce nouveau mouvement stratégique lui permet de rajouter quelques 600 millions d’euros de chiffre d’affaires dans son escarcelle, changeant à nouveau le statut de son groupe, qui devient alors un acteur incontournable du négoce de l’acier.

90% du chiffre à l’étranger

Peut-être pas. Mais comme souvent, cet entrepreneur autodidacte formé sur le terrain a sans cesse de nouveaux projets. Et, c’est un fait, l’homme a la bougeotte. Il avoue adorer voyager, et se plaît à lier l’utile à l’agréable lorsque cela est possible lors de ses séjours professionnels. Par goût bien entendu, mais aussi car il assure que ce décalage géographique permet de sortir de ses zones de confort habituelles. Il continue à explorer le monde, même s’il avoue avoir une faiblesse pour une ville pas si lointaine, la belle cité des Doges. Il faut dire qu’en dehors de ce penchant personnel pour le changement, et au-delà de ses voyages privés, il a eu de multiples occasions de visiter le monde, Jacquet Metals réalisant 90% de son chiffre d’affaires à l’étranger. Les pays européens sont le terrain de prédilection du groupe, l’Allemagne en premier lieu (37%), le grand export représentant 7% des ventes.

L’avenir en ligne de mire

Éric Jacquet a aujourd’hui 62 ans. Marié et père de deux enfants, Ernest et Ambre, encore assez jeunes, il se préoccupe de la succession de son ETI. Il avait interpellé il y a quelques années le gouvernement quant aux problèmes de succession des entreprises, et en particulier des ETI, qui finissaient selon lui souvent dans l’escarcelle de groupes étrangers faute de dispositions légales adéquates. A ce jour, Eric Jacquet reste toujours patron de son groupe, il possède 42% des actions pour 59% des droits de vote. Il garde de solides ambitions, pour lui, pour son groupe et ses 3 000 salariés.

E.S.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

un × cinq =