« Les recrutements multiculturels insufflent-ils un avantage concurrentiel aux entreprises européennes ? »

Par Laurent Girard-Claudon, fondateur d’Approach People Recruitment

Tribune. Alors que le CES Las Vegas ouvre ses portes prochainement, les entreprises françaises ou européennes accréditées pour l’événement tentent de se différencier par leurs innovations. Leader dans la tech et plus largement en matière d’innovation, le marché américain attire toujours autant les porteurs de projets, mais est-il aussi intéressant que le marché européen en matière de recrutement ? Dans le contexte de pénurie des talents, en particulier au sein de l’univers des nouvelles technologies, comment les recrutements multiculturels permettent-ils de porter la croissance ? Et si les entreprises françaises et européennes avaient plus de cartes à jouer dans cet univers ultra concurrentiel ?

Un marché américain homogène et fluide

Se positionnant comme l’un des plus gros marchés au monde dans différents secteurs économiques et guidés par l’innovation, les Etats-Unis donnent le ton et se positionnent comme un pays avant-gardiste en faisant émerger de nouvelles tendances comme les métiers de demain. Ces derniers s’imposent ensuite en Europe et ailleurs, dans l’univers tech mais pas seulement. 

Grâce à des codes adoptés de tous et une langue unique, le marché américain peut se targuer d’être compris et d’intéresser un très large public. C’est aussi tout un écosystème qui vient aider les entrepreneurs à se lancer dans la course à l’innovation. Les fonds d’investissement et leur accès facile viennent soutenir les projets ; une manière de valoriser ou sinon de ne pas incriminer la prise de risque. Cette approche incite ainsi les porteurs de projets à se lancer et leur permet par la suite de proposer des salaires attractifs pour porter la croissance de leur entreprise. Dans ce contexte, la multiculturalité des talents européens peut-elle permettre à nos entreprises de développer un avantage concurrentiel ?

Des talents européens plus nomades et flexibles qu’aux États-Unis ?

Sur le continent européen, l’écosystème est bien différent. Si la  diversité de culture et l’hétérogénéité de langues semblent parfois représenter des freins, il s’avère que la multiculturalité constitue une terre d’innovation et de richesse pour les entreprises comme pour les candidats, en quête de dépassement de soi et de challenges. 

D’un côté, les entreprises peuvent s’appuyer sur un vivier de talents multiculturels aux compétences techniques et humaines très diverses et donc correspondant à leurs enjeux de croissance. De l’autre se trouvent des candidats ayant soif d’internationalisation, souhaitant développer leur carrière tout en mettant à profit leurs compétences, dans un espace géographique différent mais à proximité de leur point d’attache, sur le même continent. De nombreuses capitales européennes ont ainsi pu se hisser comme des hubs de l’innovation et attirer des talents dans des domaines porteurs tels que la finance, le e-commerce ou encore le retail.
 
Dans le contexte actuel, où certains domaines d’activités sont pénuriques et à la recherche de profils qualifiés, les entreprises européennes – notamment françaises – peuvent se tourner vers des talents en dehors de leurs frontières et s’appuyer sur les compétences de profils multilingues. Profils francophones, germanophones, hispanophones ou anglophones… L’embauche de talents étrangers et polyglottes devient un enjeu crucial pour toutes les licornes, les start-ups, PME, ETI et grands groupes en croissance ; un défi qui peut se relever en s’y préparant en amont.

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