Jean-Paul Rivière, 67 ans, fondateur du groupe Altitude à Mont-Saint-Aignan, en Seine-Maritime, garde la présidence de la holding du groupe normand devenu un acteur majeur en matière d’infrastructures télécoms et d’immobilier.

Jean-Paul Rivière ne dira pas le contraire. Les centres de décision de son groupe sont toujours dans l’Eure et la Seine-Maritime, où ils emploient 600 personnes sur quelques 900 salariés. Et les recrutements se poursuivent avec 200 collaborateurs supplémentaires en 2018 et autant en 2019. L’homme d’affaires s’est fait seul, ancien boursier de l’Etat, ingénieur, il a commencé en tant que salarié avant de se lancer à son compte en ouvrant une activité de vente d’ordinateurs et d’acquisition de données. Ce secteur grandissant à vitesse accélérée à l’époque, l’entreprise a rapidement pris son essor sur la cible professionnelle. Le wifi se développe et représente alors une vraie opportunité.

L’école du CJD

Jean-Paul Rivière est reconnaissant au CJD de lui avoir amené un relationnel, un réseau, une certaine aisance, essentielle selon lui lorsque l’on ne fait pas partie du sérail et que l’on se lance seul. En côtoyant d’autres chefs d’entreprise, un entrepreneur se sent moins isolé dans cette « école de l’entreprise ».

Instinct et anticipation

Comme les grands détectives au flair redoutable, les entrepreneurs doivent souvent allier raisonnement et instinct. C’est ce qui se passe au moment où Jean-Paul Rivière vend sa première société havraise d’ordinateurs qui s’orientait trop vers la distribution pour cet homme de technologie. Avec ce premier pécule, il demande la fréquence Wimax auprès de l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes), qui, après enquête auprès d’une trentaine de personnes, la lui confie, étant donné qu’elle ne servait à rien… 

Levée de fonds pour Linkt

Linkt a bénéficié d’une levée de fonds de 50 millions d’euros + 50 millions d’emprunt fin 2018 afin de passer à la vitesse supérieure. Son métier est de créer de grands intranets entre les différents sites d’une société, les « réseaux privés virtuels ». Mais elle propose aussi une offre de téléphonie mobile qui utilise les réseaux Orange, SFR et Bouygues en fonction de la situation géographique des employés. Des dizaines de millions d’euros de commandes ont déjà été engrangées.

Un coup de maître

Un coup de maître, car Wimax deviendra finalement le facteur d’un succès commercial dans de nombreux départements français et sera ensuite revendue au groupe Iliad, à très bon prix. Comme le dit Jean-Paul Rivière : « nous étions les sauveurs de ceux qui n’avaient pas d’accès en wifi en ADSL ». Contrairement à d’autres qui on disparu depuis, le succès du groupe Altitude tient aussi à un sens aiguisé de l’anticipation dans un environnement très mouvant. Une fois le côté wifi sécurisé, Jean-Paul Rivière oriente l’activité sur la fibre optique sans attendre, transformant Altitude en vrai challenger d’Orange sur ce segment de marché.

E.S.

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