Fabrice Grinda né en 1974, après une enfance à Nice, est devenu un entrepreneur et l’un des véritables pionniers du Web français.

Il quitte la France pour les Etats Unis en 1992 pour y intégrer un lycée français. Enfant précoce c’est un étudiant brillant, diplômé de l’Université de Princeton (Prestigieuse Université Américaine située dans le New Jersey ; Ultra sélective ne retenant que 4 % des candidatures) dont il sort Major de promotion, avec en plus la plus haute distinction en 1996 avec le prix Halbert White ’72 attribué au meilleur étudiant en économie, ainsi que le prix commémoratif Wolf Balleisen couronnant la meilleure thèse en sciences économiques.

En plus de son parcours universitaire d’excellence, il matérialise ses compétences entrepreneuriales en y fondant une société d’exportation d’équipements informatiques haut de gamme depuis les États-Unis vers l’Europe, dénommée Princeton International Computers. Pour financer ces études (achat en gros de matériels informatiques à régler 30 jours après auprès de ses fournisseurs après avoir reçu les commandes et les règlements de détaillants spécialisés en France donc avec un cash positif dès le premier jour), et, de commencer à faire ses premières gammes dans le commerce. Même si la structure ferme en 1996 il récupère 50 000 dollars après avoir régler tous ses frais de scolarité.

Ces 50 000 dollars seront investis en Bourse (exclusivement sur des valeurs Tech’ telles que : Microsoft, Intel, Amazon et Yahoo) et se transformeront en 300 000 dollars.

25 000 dollars ont constitué l’apport bancaire pour l’achat d’un appartement à New York. Le reste de la somme constitue son capital d’amorçage pour lancer sa prochaine aventure entrepreneuriale.

Mais avant cela, il intègre le cabinet de conseil McKinsey (comme beaucoup d’anciens de Princeton) à seulement 21 ans en tant que consultant stratégie et analyste (avant de devenir associé) de 1996 à 1998. Pour se former aux « affaires » tout en étant rémunérer. Cela lui a permis de se renforcer ses compétences en prise de parole en public ayant compris que pour réussir au-delà des diplômes, il était essentiel de savoir communiquer de façon précise et concise avec beaucoup d’empathie et de savoir développer son intelligence émotionnelle.

Le concept d’EBay le séduit immédiatement. Il décide de rentrer en France pour dupliquer le modèle et  co-fonde la société Aucland.

Fabrice Grinda crée des équipes par catégories et adapte le modèle économique tout en professionnalisant l’offre et l’obtention de contenus qualitatifs avec une authentique valeur ajoutée (filtrage d’annonces, professionnalisation des transactions, suivi qualité). Ce qui va fortement contribuer au succès du site. Qui n’était pas juste un site lambda mais une vraie « machine » dotée d’une organisation solide (De la direction Technique à une équipe commerciale dédiée notamment).

C’était l’un des trois plus grands sites web d’enchères en ligne en Europe qui devient incontournable et refuse même une offre d’achat de 20 millions d’euros après seulement 4 mois d’activité !

En juillet 1999, contre une participation de 51 % dans la société, Fabrice Grinda lève 18 millions de dollars pour Aucland auprès d’Europ@Web le fonds d’investissements de Bernard Arnault. En 2000, il vend le reste de la société a ce même fond juste avant l’éclatement de la bulle internet.

Grand concurrent d’iBazar, avec lequel il se partageait le marché français, il s’est rapidement ouvert à l’international en lançant différentes versions locales de son site.

Aucland est racheté en juillet 2002 par le groupe européen QXL Ricardo. Le site Aucland.fr demeure et absorbe le site QXL.fr , qui, continuera d’offrir ses services d’enchères en ligne en Europe et Europe de l’Est utilisant la technologie d’enchères d’Aucland.

Cependant, face à la forte concurrence d’eBay, qui a racheté iBazar en février 2001, le site français vivote et finit par fermer définitivement ses portes en France le 23 janvier 2007.

Dès 2000, Fabrice Grinda retourne aux États-Unis pour y fonder Zingy, une start-up de média mobile (vente de jeux, de fonds d’écran et de sonneries pour téléphones portables) dont il fait progresser le chiffre d’affaires jusqu’à atteindre 200 millions de dollars. (Il faudra tout de même deux ans pour signer le premier contrat avec Spring qui est un opérateur télécom américain suite à un partenariat avec MSN avec la garantie d’un chiffre d’affaire en échange d’une mise en avant sur leur portail qui était alors très visible et un contrat avec Motorola pour réorganiser leur offre). 4 ans plus tard il vend Zingy pour 80 millions de dollars au groupe médiatique japonais For-Side. Soit 26 millions de dollars après impôt et devient « riche ». Pour le processus de vente, il mandate une banque d’affaire et les négociations entre les diverses parties font passer les enchères de 40 à 80 millions de dollars. Il reste toutefois PDG de la société -en travaillant 100 heures par semaine- jusqu’en 2005 pour en accompagner la transition et piloter l’activité.

C’est une grande victoire : Il s’est toujours battu et n’a jamais accepté le « non » de toute l’industrie. Une vraie leçon de ténacité et une victoire financière il a maintenant des fonds qu’il va pouvoir investir.

En 2006, Alec Oxenford  et lui co-fondent OLX avec l’objectif d’en faire le plus grand site web de petites annonces au monde. Le groupe sud-africain Naspers (propriétaire de 35 % de Tencent avec une valorisation de 125 milliards d’euros) l’acquiert en 2010 pour plus 200 millions de dollars (avec 10% du capital il gagne moins d’argent qu’avec Zingy) et reste le PDG jusqu’en 2013. Entretemps, OLX est devenue le plus grand site web d’hébergement de petites annonces en Inde au Pakistan, au Brésil, au Portugal, en Pologne et en Ukraine. Lorsque Grinda en était à la tête, OLX était disponible dans plus de 90 pays, en 50 langues et comptait plus de 150 millions de visiteurs uniques par mois avec plus de 10 000 employés.

Après tous ces succès « business », il reste entrepreneur mais devient investisseur averti et avisé (Notamment en investissant 1 millions de dollars sur Alibaba qui deviendront 20 millions , dont la moitié vendue depuis). Tout d’abord en tant que business angel hyper actif et prolifique comptant plus de 525 investissements de par le monde via la structure qu’il a co-fondé FJ Labs.

C’est une structure hybride entre le Capital Risque et Startup Studio avec José Marin. FJ Labes détient dans son portefeuille 962 entreprises dont notamment : Blablacar, Happn, La Belle Vie, Space X, Tencent , Vide Dressing, Vinted , WeWork , Wish , Alibaba, Airbnb, Palantir Technologies ,Beepi , Viagogo , Flexport , Delivery Hero, etc…pour ne citer que les plus connus. L’homme peut se targuer d’avoir déboursé plus de 50 millions d’euros sur une seule année en investissements et levées de fonds. Son fonds d’investissement emploie 30 programmeurs en République dominicaine notamment dû à la complexité d’obtention de visas aux Etats unis ou il est devenu résident à Cabarete et partage le reste de son temps à New York (Manhattan, Lower East Side).

Il revendique plus de 300 millions de dollars d’investissements avec plus 600 investissements dont 500 encore effectifs.

Lui et son équipe analysent une centaine de sociétés par semaine et financent un nouvel investissement tous les 15 jours en moyenne. Il a investi dans des centaines de startups. Ses investissements les plus récents sont axés sur les sites de marché reliant les acheteurs aux vendeurs, comme Adoreme (Site de Lingerie), Beepi, un site de marché pour voitures d’occasion, et Lofty, un site de marché pour œuvres d’art. Son portefeuille se situe pour 70 % aux États-Unis et pour 30 % dans le reste du monde, notamment au Brésil, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, Russie, en Chine et en Turquie.

Il est consacré en tant qu’investisseur et Business Angel N° 1 par Forbes avec 545 investissements effectifs.

Mais comment procède-t-il pour repérer ses futures cibles ?

Il se positionne sur un créneau particulier : celui des marketplaces (places de marchés). C’est son secteur favori et investi toujours lors de la phase d’amorçage (Pour maximiser son investissement en cas de réussite du projet).

Ces intermédiaires facilitent la vie des vendeurs et des acheteurs. Il investit dans des secteurs déjà existants (immobilier, voiture, meubles, mode) ,et, crée en parallèles des entreprises dans des secteurs émergents.

Le travail en amont est primordial et la manière de faire est hyper précise et très récurrente :

Il décide en une heure s’il investit ou non selon ces critères immuables :

1) Est-ce que j’aime l’équipe ?

2) Est-ce que j’aime le produit ?

3) Est-ce que les conditions de l’investissement sont intéressantes ?

4) Est -ce que j’aime le métier ?

5) Est-ce que l’investissement se déroule dans des domaines et des activités qui sont bien claires et très compréhensibles ?

6) Est ce que l’entreprise dans laquelle je vais investir a des ambitions mondiales ou pas ?

Tous ces critères doivent être remplis. Et n’investit pas s’il aime le produit mais que le feeling avec l’équipe n’est pas au rendez-vous par exemple.

Il ne va pas au board , ne demande pas de reporting mais les entrepreneurs peuvent le contacter directement s’il souhaite son opinion ou un conseil.

Il consacre 60 heures pour la gestion de ses entreprises et 30 heures aux investissements.

Son blog Musings of an Entrepreneur (Réflexions d’un entrepreneur) est également disponible sur Business Insider. Les articles examinent comment lever des fonds auprès des capital-risqueurs, comment la technologie modifie notre monde dans l’avenir, et comment travaillent les business angels. Il a participé à de nombreuses conférences telles que Le Web, IDCEE, La Red Innova, TechCrunch Italy et SIME

Très grand lecteur (plus de 70 livres par an) et fervent défenseur de la Tech’, croit dur comme fer aux bienfaits du progrès qu’elle apporte.

Il a « massivement réduit son train de vie » pour pouvoir passer plus de temps avec ses amis et sa famille. Ayant compris que les choses qu’on possède finissent par nous posséder. Pour ce faire, il a vendu sa propriété de 20 hectares dans l’État de New York, son appartement de Manhattan ainsi que sa voiture, et a fait don d’autres possessions matérielles à des bonnes œuvres et des associations, ne gardant qu’une cinquantaine d’effets personnels. Pendant les trois années suivantes, il a vécu sans domicile fixe, d’abord  chez des proches, puis quand les amis ont commencé à se plaindre, à l’hôtel et dans des locations Airbnb.

Le 5 décembre 2014, Fabrice Grinda a reçu le Pilier d’Or, attribué chaque année par le French Institute Alliance Française (FIAF) à des personnalités pour leur contribution exceptionnelle aux relations franco-américaines.

Sa fortune est estimée à plusieurs centaines millions de dollars. Rentier et propriétaire de plusieurs immeubles achetés à Berlin et Miami.

Il milite pour favoriser la création d’entreprise, le cout d’échec étant très faible (tout le monde pouvant se lancer avec la démocratisation du web et le développement de l’accès à des fonds) le cout de la création l’est aussi. Et il nous livre le secret de la réussite en entrepreneuriat : Le génie réside dans l’exécution ,et, surtout il faut accepter d’échouer pour réussir.

Mais l’essentiel n’est pas là , car au-delà des articles, des conférences, des conseils, des investissements, des projets, des réussites tout azimuts, des millions , des milliards il s’agit surtout dans son histoire de prendre conscience et bien comprendre que : le savoir reste une quête infinie. Personne ne pouvant de toutes façons prétendre tout savoir. A part , quelques « gourous » en manquent d’adeptes et d’attention et très souvent très mal intentionnés.

Je ne sais qu’une chose, ce que je ne sais pas. Condition Sine qua non pour pouvoir apprendre et pour pouvoir progresser. Paradoxal certes. Mais à ce stade nous n’en sommes plus à un près.

Fabrice Grinda a su se remettre en question à maintes et maintes reprises. Repartant de zéro , prenant des risques tout en faisant preuve d’énormément d’humilité, de résilience et d’audace. Et c’est ce qu’il y a de plus inspirant : une leçon à la fois d’humilité et de maturité sur les chemins de la dignité.

Mejri Bassem

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