Par Alain Goetzman

Faite de normes établies de longue date, d’habitudes, de systèmes, de processus et d’histoire, chaque entreprise a sa culture propre. Il arrive, souvent à la suite de difficultés de divers ordres, qu’elle devienne délétère, se nourrissant de rumeurs, de dénigrement et de pensées négatives, annihilant ainsi toute perspective de redressement.

Le chef d’entreprise fait alors face à un blocage culturel, empêchant la mise en œuvre des moyens techniques efficaces, lui permettant de rebondir. Son premier devoir est alors de transformer cette situation psychologique dévastatrice en un état d’esprit positif, préalable indispensable à toute restructuration.

Or, il va se heurter, d’entrée de jeu, à l’hostilité générale, les mauvaises habitudes ayant la vie dure. Alors, comment procéder ?

La première chose à faire est de définir clairement la vision qui est la sienne à long terme et la mission qu’il donne à l’entreprise pour la réaliser. Quelques lignes suffisent. Il faut faire l’effort de simplifier à l’extrême, pour pouvoir être compris de tous et pas seulement des quelques « happy fews » qui l’entourent.

La deuxième est de définir le comportement qui sera celui de chacun des membres de ses effectifs, à commencer par lui-même, donnant ainsi l’exemple. C’est le moment d’afficher ses valeurs et de les faire partager à toute l’organisation.

La troisième sera de divulguer sa stratégie, considérée comme le chemin à emprunter vers la vision et dans le respect des valeurs communes.

Une fois publiées vision, mission, valeurs et stratégie, commence alors le travail personnel de communication. Inlassablement, vous allez devoir porter le projet, dans son ensemble, jusqu’à ce qu’il devienne celui qui est effectivement partagé par le moindre de vos salariés. Plus vous l’aurez rendu compréhensible, plus facilement il sera adopté. C’est un acte de mobilisation générale. Il vous faudra, comme dans tout processus de changement, répéter, répéter et encore répéter, tout le temps et dans tous les lieux de votre entreprise, les déclinaisons de cette nouvelle culture.  Il vous faudra aussi – car dans tout changement, il faut avoir fait le deuil de ce qui était avant – pourfendre les anciennes habitudes, celles qui rendaient la culture délétère. Désormais, interdiction de se critiquer l’un l’autre, refus des rumeurs, des fausses nouvelles autour de la machine à café et des commentaires systématiquement négatifs.

Sachez convaincre vos proches collaborateurs de participer à votre évangélisation, par la parole et par l’exemple aussi. Cette nouvelle culture se diffusera alors bien plus rapidement. Et si certains d’entre eux ne la partagent pas, vous devrez envisager de vous en séparer. La clarté, le respect et la bienveillance, qui n’excluent pas la fermeté dans la mise en œuvre des décisions, sont des qualités qu’ils doivent promouvoir, sauf à s’exclure d’eux-mêmes de votre entourage.

Une culture d’entreprise forte et positive est le terreau sur lequel vous pouvez faire grandir, à la fois votre entreprise et tous ses participants. C’est un actif immatériel qui ne figure dans aucun bilan, mais qui permet à chacun de s’épanouir. Alors surtout, ne le négligez pas et acceptez de payer de votre personne pour en faire le lit de votre succès.

Alain Goetzmann, Coach et Conseil en Leadership & Management

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