Tribune. Quel entrepreneur n’a jamais eu peur ? Rien de plus naturel lorsqu’une bonne part du « job » consiste à prendre des risques. Et, sauf si vous rivalisez avec Confucius ou Sénèque, l’acte d’entreprendre ne vous préserve ni du doute ni de la peur.

Peur de la mauvaise décision, même si celle-ci vous fait avancer (si !), peur de la concurrence, des évolutions technologiques, des mouvements sociétaux, etc. Amplifiée par les changements multiples et rapides, la liste des peurs de l’entrepreneur est longue comme un jour sans pain.  

Notez tout de même – c’est rassurant – que la majorité des peurs nées de votre imagination féconde ne déboucheront jamais sur les déconvenues que vous prévoyez, ou de manière très atténuée. Mais n’est-il pas dommage de les laisser perturber ce que vous aimez par-dessus tout : entreprendre ?


D’où les recommandations ci-dessous, appliquées avec succès lorsque, à 27 ans, je reprends l’entreprise familiale en perdition. Pour saluer mon arrivée et m’encourager, les sachants sont unanimes : Impossible, vous n’y arriverez pas. Trop inexpérimenté, trop dur, trop tard répètent-ils en boucle. 

Ainsi, mes peurs – légitimes – se multiplient comme des petits pains et se bousculent dans ma tête, nuit et jour.
Est-il déjà trop tard ; Ne peut-on vraiment rien faire ; Qu’allons-nous devenir ; Faut-il prendre cette décision ; Et si l’on se trompe ; Que vont penser les équipes ; Suis-je à la hauteur… n’en jetez plus, la coupe est pleine. 

Et plus je me pose de questions, plus la peur m’envahit et plus l’efficacité collective baisse tant les collaborateurs le perçoivent. 

Et là, surgit LE choix :

  1. Penser « traditionnel », comme le ferait chacun en pareille circonstance, constater que la messe est dite, que l’entreprise coule plus vite que le Titanic et en tirer la leçon en abandonnant le navire.
  2. Penser AUTREMENT les situations et les hommes.
    De A à Z.

Cette seconde option est retenue.

Alors, individuellement et collectivement, nous apprenons à penser AUTREMENT le changement; les ressources disponibles; l’adversité; les équipes; le business parmi  d’autres ingrédients du cocktail entrepreneurial. 

Il ne s’agit pas de sortir du cadre par seul goût de la nouveauté mais d’enrichir notre vision de la situation pour mieux la comprendre et mieux la traiter.   

Et nous édictons quelques règles positives et créatrices de mieux.  

En voici 3 adoptées par tous comme valeurs d’entreprise.

1) L’erreur et l’échec font partie du jeu

« Chez nous, il y a droit à l’erreur et à l’échec ET chacun a l’absolu devoir d’en tirer parti».

Simple, clair et puissant.
Et l’on ne confond pas l’erreur et la faute.

Résultat ?

Initiative, engagement, confiance, grimpent en flèche.
L’habitude d’accompagner chaque problème de solutions s’installe.
Le collectif se ressoude.
Et lorsque nous rencontrons un échec, on ne perd plus des semaines à récupérer puisque, précisément, il fait partie du jeu.

 
In fine, penser autrement l’erreur et l’échec rend chacun meilleur. 

Adoptez cette valeur.

Beaucoup d’entrepreneurs ne se pardonnent aucun échec.
J’étais comme eux, jusqu’à ce que penser AUTREMEN, nous ouvre les voies de la réussite.

Car s’il est tout à votre honneur d’être exigeant avec vous-même, ne rien vous pardonner – et ne rien pardonner à vos équipes – est contre-productif. En le faisant, vous entretenez une inutile pression au lieu, justement, de la réduire et de démultiplier bien-être et performance. 


En intégrant l’erreur et l’échec comme éléments du jeu, et en les accompagnant du  devoir d’en tirer parti, les mouches changent d’âne : réjouissez-vous.

2) Ne visez pas l’absence de peur, cherchez à la dépasser

Identifiez et notez votre peur la plus coriace. Une bien « costaud » qui ne vous lâche pas d’une semelle.


Penser autrement la peur, c’est d’abord l’accepter.

Après tout, elle est un phénomène humain, destiné à vous prémunir d’un danger, mais elle devient un frein lorsqu’elle prend totalement le contrôle de vos pensées. Si donc vous n’arrivez pas à l’éparpiller façon puzzle aux quatre coins de votre ville, commencez par l’accepter. Ainsi vous surferez non contre la vague mais sur la vague, ce qui, si j’ose dire, est plus porteur !

Ensuite, désossez-là entièrement pour voir les dessous de la bête.

Quand se présente-t-elle, et à la suite de quoi ? Avec quelle intensité et quelles conséquences concrètes sur vos comportements, vos décisions et vos résultats ? 
Enfin, que devez-vous comprendre qu’elle ne vous dit pas ?

Prenez le temps qu’il faut, être entrepreneur, c’est aussi s’occuper de vous.
Pour mieux vous occuper des autres.

A l’époque, je me pose ces questions et trouve des réponses dont je ne soupçonnais pas l’existence. Un sacré coup de boost !

Faites de même, vous dépasserez vos peurs et libérerez d’autant votre énergie et vos talents.


3) Faites de l’adversité une allié 

Là encore, voyez les choses au-tre-ment !

Au lieu de râler pour des retards de livraisons, des prix qui s’envolent, des difficultés de recrutement, transformez l’adversité en opportunités.

Exemple : la Covid 19 vous pénalise ?
D’accord, mais grâce à elle : 

Vous avez découvert les fragilités de votre business.
Vous allez les corriger et repenser vos produits, votre organisation, votre business model et vous devenez plus fort.
Merci qui ?

Sans cette crise, vous n’auriez pas non plus utilisé de nouveaux moyens de communication, ni formé vos équipes à ces nouvelles technologies.
Merci qui ?

Ainsi s’écrit votre futur.
Il dépend beaucoup de votre attitude d’entrepreneur.

Et, si nous avons finalement déjoué tous les pronostics et sauvé notre entreprise, c’est que nous avons su penser « AUTREMENT » dans tous les domaines, transformant le stress en énergie, les difficultés en motivation, et les épreuves en opportunités.

L’essayer, c’est l’adopter. 
Faites de même, le jeu en vaut la chandelle !  


Jean-Luc HUDRY
Conférencier en Optimisme Opérationnel


Linkedin : https://www.linkedin.com/in/jeanluchudry/

Contact : contact@jeanluchudry.com

Site : https://jeanluchudry.com

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