Par Franck Saada, Expert Colibee

Tribune. Les besoins du marché bancaire en termes de conseil ont évolué. Ces vingt dernières années, la demande de ces établissements était liée à des prestations globales. Désormais, le renforcement des expertises managériales leur permet d’internaliser la gestion de projets tout en recherchant des compétences verticales portées par un petit nombre de consultants séniors spécialisés.

Cette transformation progressive touche également les services d’achats qui référencent quasi systématiquement ces compétences externes lors des appels d’offres. Deux bénéfices essentiels s’en dégagent : un meilleur accompagnement et d’importantes économies.

Les banques sont cependant face à des défis majeurs. Le premier est d’identifier des profils nouvelle génération, des experts polyvalents qui soient capable d’aborder plusieurs problématiques métier simultanément. Le second est de trouver l’expert qui saura mener à bien la mission à réaliser.

Faire face à des projets toujours plus complexes

Aujourd’hui, les banques sont confrontées à des enjeux traditionnels comme la refonte de leur système d’information comptable, financier, ou encore la gestion de normes européennes IFRS9 et IFRS17. Elles doivent également gérer des sujets d’actualité : la revue ciblée des modèles internes Bâlois par la BCE (TRIM), la convergence des données Risques et Finance, la réglementation BCBS 239 ou encore la mise à disposition d’informations granulaires (numéro de contrat et attributs du contrat) rapprochées comptablement pour des analyses réglementaires.

Ces nouveaux projets posent de véritables défis organisationnels et nécessitent des profils multi-compétences. Par exemple, la création d’une base d’informations commune entre la comptabilité et les risques nécessite des ressources maîtrisant la comptabilité, les risques ainsi que des compétences technologiques. Toute la difficulté est alors d’identifier et de rendre disponibles ces profils multi-compétences. En effet, ces experts sont des profils rares en entreprise et sont pour la plupart déjà actif sur des missions existantes. Dès lors, les banques n’ont que peu de choix : elles doivent externaliser et sourcer des profils adéquats.

Sourcing d’experts : trouver le bon interlocuteur

Dénicher ces talents est une tâche complexe. Si la grande majorité des futurs experts qui sortent aujourd’hui d’écoles disposent d’une double casquette, ce n’était pas le cas il y a plusieurs années. Ces profils haut de gamme restent encore difficiles à trouver. Les formations privilégient désormais des cursus hybrides qui s’adaptent mieux aux contraintes des entreprises. Il y a 15 ou 20 ans, les technologies était trop embryonnaires, chaque expert était mono sectoriel.

Les nouvelles plateformes de mise en relation entre entreprises et consultants indépendants, qui avaient vocation à faciliter cette recherche d’experts externes, manquent également de pertinence : sans un accompagnement, difficile de trouver le bon expert parmi les consultants qui font partie de leurs vastes viviers. D’autant qu’au-delà des compétences requises, il faut mettre la main sur quelqu’un qui connaisse le secteur bancaire et son cahier des charges spécifique.

Face à cela, les banques ont longtemps eu le réflexe du grand cabinet pour s’assurer que leurs projets seraient menés à bien. Néanmoins, ce phénomène de délégation tend à se réduire. Avec des compétences en gestion de projet de plus en plus solides, les établissements bancaires ré-internalisent cette responsabilité. Ce nouveau modèle d’organisation permet à la fois d’avoir recours à des experts verticaux tout en conservant les valeurs et l’ADN de la banque – deux éléments clés sur un marché concurrentiel.

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