Des animaux uniques en France, quatre hôtels, bientôt un téléphérique… Premier parc zoologique français, le zoo de Beauval, fondé presque sur un coup de tête en 1980 par une passionnée d’animaux, Françoise Delord, est en pleine ascension. Alors qu’il a prévu d’investir 50 M€ d’ici 2020, Rodolphe Delord, directeur général et fils de la fondatrice, revient sur cette saga française.

A Beauval, chaque naissance est célébrée comme un évènement. N’est-ce pas l’arrivée du fameux panda géant de Chine en 2012, après d’ intenses et longues négociations entre la France et la Chine, qui a fait changer de dimension le zoo ? Le parc est ainsi passé de 600 000 à 1 million de visiteurs grâce à l’arrivée des pandas, qui ont démontré leur importance dans les relations entre la France et la Chine. « Il a fallu 8 ans pour les faire venir, détaille Rodolphe Delord, le président du zoo et fils de la fondatrice. Ils sont venus grâce à la volonté du Président Sarkozy, mais cela n’a pas empêché François Hollande et Emmanuel Macron de venir voir les pandas par la suite. »

Un fort impact sur l’économie locale

S’il est devenu un passage obligé pour les locataires de l’Elysée, Beauval qui a démarré avec quelques centaines d’oiseaux exotiques – il compte aujourd’hui 10 000 animaux répartis sur 40 ha – n’était pas destiné à prendre une telle envergure. Fondé par Françoise Delord, la mère de Rodolphe Delord, en 1980, le premier zoo français (1,6 millions de visiteurs en 2018), qui réalise plus de 40% du chiffre d’affaires du secteur (72 M€), n’en finit plus de grandir.

Sur la période 2018-2020, ce ne sont pas moins de 50 M€ qui seront investis – le parc réinjecte chaque année à peu près 20 % de son chiffre d’affaires. Un investissement massif qui a servi à financer la construction d’un téléphérique long de 900 mètres réalisé par l’entreprise iséroise Poma, et d’un dôme tropical de de 8 000 m2 également construit par une société hexagonale, le nantais CMF.

Rodolphe Delord, directeur du parc de Beauval.

« Ma priorité est de faire travailler l’économie locale : des entreprises françaises et régionales, que ce soit en maçonnerie, électricité, génie civil… Tous nos investissements vont dans ce sens. Pour le téléphérique, on n’a même pas fait d’appel d’offres. J’ai signé le marché avec Poma lors de ma deuxième visite. »

Selon Rodolphe Delord, les retombées économiques du zoo sur l’économie locale équivaudraient à trois fois le chiffre d’affaires annuel, et à trois fois en ce qui concerne les emplois induits, soit 3 000 postes.

A lui seul, le parc regroupe 60 métiers différents, dont cent soigneurs animaliers et quatre vétérinaires. « On fait beaucoup de choses par nous-mêmes », glisse Rodolphe Delord.

« Nous avons créé la destination »

Beauval n’ est plus seulement un zoo depuis 2008. Il y a 10 ans, Rodolphe Delord a inauguré le premier complexe hôtelier du parc. « Nous avons ouvert l’ hôtel nous-mêmes car aucun groupe ne voulait s’ installer à Saint-Aignan (Loir-et-Cher — ndlr), explique-t-il. Toutes les études disaient qu’un hôtel ne pouvait pas être rentable ici. A l’époque, nous avions déjà 400 000 visiteurs, nous savions que c’était rentable. On a rajouté des chambres, un spa, etc. Aujourd’hui, on possède quatre complexes, tous construits par des entreprises locales. »

Avec 400 chambres, le zoo de Beauval a « créé la destination touristique », à l’ image du Puy du Fou ou du Futuroscope. « En plus de nos hôtels, des gîtes, des chambres d’hôtes et des hébergements se sont créés tout autour. » Conséquence : la durée de séjour dans le parc a augmenté et la clientèle – « intergénérationnelle, familiale, franco-française » – n’hésite plus à venir passer un week-end, voire des vacances dans les environs de Saint-Aignan.

La concurrence des parcs d’attraction

Beauval, qui se prépare à fêter ses 40 ans en 2020, doit faire face à la concurrence des sites touristiques environnants (Puy du Fou, Futuroscope…) qui investissent eux aussi des millions pour se renouveler et proposer de nouvelles attractions au public.

Depuis 2012, Beauval a donc investi dans de nouveaux spectacles, tout en conservant des animaux qu’il est le seul à posséder en France (pandas géants, koalas, kangourous arboricoles, certaines espèces d’oiseaux…).

© ZooParc de Beauval

« On n’a pas réellement de concurrence, rétorque Rodolphe Delord. Le public français cherche des destinations pour un week-end. Ils vont au Puy du Fou, au Futuroscope ou chez nous. » Et le Zoo de la Flèche situé à 150 kilomètres ? « C’est un excellent établissement, mais différent : ils ont opté pour des hébergements dans le zoo ; nous avons fait le choix de dissocier l’hôtellerie et le zoo. Ce ne sont pas des concurrents, bien au contraire. »

Deux millions de visiteurs d’ici 2020

Le bien-être des animaux – « notre priorité », glisse Rodolphe Delord – n’est pas négligé : Beauval possède la plus grande clinique vétérinaire d’Europe qui a nécessité un investissement de 3 M€. « Nous sommes des lieux d’informations et de conservation de la biodiversité », souligne le président du zoo. Beauval a également mis sur pied une usine de biogaz alimentée par ses propres fumiers et déchets.

« On récupère le méthane et on produit de l’électricité. On produit également de l’eau chaude pour chauffer nos serres. » Seul zoo français à dépasser la barre du million de visiteurs, Beauval attire plus de visiteurs que l’Arc de Triomphe ou le Mont Saint-Michel. La barre des 2 millions de visiteurs est-elle accessible ? « Nous l’envisageons pour 2020 », glisse Rodolphe Delord.

Avec sa soeur à la direction de la communication, son épouse aux ressources humaines et sa mère à la présidence, le directeur général du premier zoo français est à la tête d’une ETI familiale qui franchira la barre des 1000 salariés d’ici 2020.

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