Extraits du livre d’Axel Rückert, Faire réussir la France que j’aime, propositions du plus Français des Allemands, disponible sur www.fairereussirlafrancequejaime.com et sur Amazon

Aucun domaine et aucun sujet n’auront connu, depuis l’arrivée du COVID, une mise en avant aussi importante que la transformation écologique de notre économie et de notre société.

Découvrant les bénéfices de plusieurs mois avec nettement moins de pollution, réalisant que l’indicateur de la croissance économique n’était peut-être pas l’unique critère à rechercher, la relance de la croissance passe désormais aussi par sa qualité écologique : percée de la voiture électrique, avions à émission de CO2 réduite, révolution dans les emballages, isolation des bâtiments, forte relance du nucléaire, remplacement accéléré du charbon, voici seulement une petite liste des sujets mis en exergue.

 La quasi-totalité des économistes s’accorde sur le fait qu’après une période de croissance annuelle de 5% en moyenne entre la fin de la guerre et 1973, de 3% entre 1974 et 1990 et de 2% jusqu’en 2008, parfois avec des écarts importants, et malgré le rebond technique actuel après COVID, la prochaine décennie, surtout s’il faut prôner un modèle de développement plus raisonné et évitant certains excès du passé, devra vraisemblablement se contenter d’une croissance moyenne annuelle plus linéaire de seulement entre 1 et 2%, trop faible pour résoudre les migrations structurelles du marché du travail et pour atteindre, même à moyen terme, le plein emploi. Dans cette faible croissance, les mesures de transition énergétiques et écologiques actuellement en cours restent pratiquement sans influence sur la croissance de l’économie. Or, envisager une économie sans croissance est difficile, surtout en période de transformations structurelles.

 Et si la voie la plus prometteuse et, peut-être, la seule pour retrouver des taux de croissance supérieurs, consistait à déclencher la « reconstruction de la France » en matière écologique, similaire à la reconstruction du pays après la guerre ? En commençant, bien au-delà des mesures d’isolation thermique, par la destruction accélérée des quartiers les plus insalubres, des barres d’immeubles sociaux et des maisons les plus vétustes. Par renchérir de façon beaucoup plus importante le prix du carbone émis. Ainsi la décision allemande de relever dès 2021 le prix d’actuellement 10€ à 25€ la tonne, puis entre 2022 et 2025 à respectivement 55€ et 65€ la tonne et d’arrêter au plus tard en 2038 toute exploitation de centrales à charbon, tout en accompagnant financièrement les fermetures, va dans la bonne direction. Comme c’est le cas de l’annonce par la France et par l’Europe, dans son pacte vert (malgré 3 pays en désaccord), d’atteindre à l’horizon de 2050 un bilan carbone neutre.[1]

 Mais comment financer cette transition écologique nécessitant des ressources très importantes et très au-delà des moyens et certainement de la capacité de la grande majorité des Français ? A un moment, où les possibilités de la France, pour engager des dépenses supplémentaires et pour s’endetter davantage sont très limitées, voire inexistantes. Eh bien, par une méthode ancienne et déjà pratiquée avec succès dans le passé : par un ou plusieurs emprunts nationaux. A un moment de bas historiques des taux d’intérêt et la disponibilité presque illimitée de liquidités financières, un emprunt à un taux « attrayant », un livret E recueillerait beaucoup d’argent au service de la transformation écologique !

 Il faut y penser vraiment comme s’il s’agissait d’une véritable reconstruction…et non pas simplement d’un renforcement des mesures déjà existantes. Et la France donnant l’exemple serait, j’en suis convaincu, rapidement rejointe par d’autres pays et, pourquoi pas, par un programme d’ensemble au niveau de l’Union Européenne.

 Mais même si la France et l’Europe pourraient ainsi devenir les leaders dans la baisse des émissions, deux autres dilemmes subsistent. L’Europe, dans son ensemble, ne représente qu’environ 8% des émissions mondiales, par rapport à 30% pour la Chine, 15% pour les Etats Unis et 7% pour l’Inde, trois pays beaucoup moins engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique mais sans lesquels un vrai ralentissement des émissions est impossible.

 Et, surtout, l’augmentation du niveau de vie dans les pays en voie de développement, évidemment souhaitable, les amène dans un premier temps irréversiblement vers davantage d’activités industrielles et donc vers une augmentation de leurs émissions et de leur pollution.


[1]Différence entre le gaz émis et le gaz « récupéré » par des « puits naturels » (tels que les sols, forêts, océans, etc.) et des procédés industriels de capture, stockage et réutilisation

Axel Rückert

Extraits du livre Faire réussir la France que j’aime, propositions du plus Français des Allemands, disponible sur www.fairereussirlafrancequejaime.com ou sur Amazon

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