Ces dernières années, le marché du sucre a connu des changements d’ampleur. La fin des quotas sucriers en 2017 en Europe a contribué à affaiblir de nombreux acteurs. Tereos, le deuxième groupe sucrier mondial, a récemment rendu publics ses résultats 2019 : ses choix stratégiques de diversification et d’internationalisation lui permettent d’être résilient en temps de crise.

Le premier sucrier français Tereos, qui possède notamment les marques de grande consommation La Perruche et Beghin-Say, a dégagé un Ebitda de 420 millions d’euros en 2019, en hausse de 53% avec des résultats en forte croissance dans toutes ses divisions. Un exercice 2019 réussi pour le groupe qui, comme ses principaux concurrents, a dû faire face à des cours assez bas l’année passée.

Ces résultats viennent conforter les orientations prises par la direction du groupe. Tereos continue de s’inscrire dans une stratégie d’implantation internationale et de diversification sur certains marchés porteurs : le premier d’entre eux fut le Brésil, à partir des années 2000, où la culture de la canne permet à la fois la production de sucre, mais aussi celle d’éthanol, matière première pour la fabrication de biocarburants, qui ont un fort potentiel de croissance sur le marché de l’énergie, dans un contexte global de transition énergétique. Tereos est désormais le 3ème acteur sucrier au Brésil, et est l’un des rares groupes français à avoir réussi à se développer dans le secteur du sucre-éthanol, dans ce pays qui est le premier exportateur mondial de sucre.

Une stratégie payante face aux bouleversements du secteur en Europe

La libéralisation du marché européen du sucre avait été annoncée quelques années auparavant par l’Union européenne : le 1e Octobre 2017 marque la fin des quotas sucriers au sein du marché intérieur. Les quotas structuraient le marché, en réglementant les volumes de production et d’exportation de sucre et en garantissant une stabilité des prix. Le marché sucrier européen était alors sécurisé et réglementé.

Après la fin des quotas, la libéralisation du marché a entrainé turbulences et bouleversements pour tous les acteurs, et ce pendant plusieurs mois, du fait de la volatilité des cours du sucre et de la surproduction, provoquées par la libéralisation du marché. Dans ce contexte de fortes turbulences, plusieurs groupes sucriers ont dû, pour faire face à la crise, se restructurer et fermer des sites de production : Cristal Union, propriétaire de la marque de sucre Daddy, a été obligé de fermer plusieurs de ses sites : les usines de Bourdon et de Toury, mais aussi la moitié de l’activité de conditionnement d’Erstein, dans le Bas Rhin. Plus de 300 emplois vont donc être supprimés d’ici à la fin de l’année 2020. Saint Louis Sucre, filiale française du leader européen du sucre, l’allemand Sudzucker, a fermé deux usines en 2019, celles de Cagny et d’Eppeville. Tereos n’a pas eu à se restructurer et n’a fermé aucune de ses usines, ni en France ni ailleurs dans le monde, conservant ainsi des centaines d’emplois.

Un modèle qui rassure

La crise déclenchée par la fin des quotas a ébranlé économiquement et financièrement tous les acteurs du marché du sucre, qui ont tous eu des résultats financiers négatifs, Tereos y compris.    

Finalement, les résultats positifs pour la campagne 2019-2020 parlent d’eux-mêmes. Tereos conforte sa position de premier sucrier français, et de deuxième mondial. Les associés coopérateurs engagés auprès de la coopérative ont maintenu un très haut niveau d’engagement pour la campagne 2020-2021, d’environ 99,5 %, qui témoigne d’un climat de confiance, dans un contexte d’expansion des surfaces agricoles travaillées par eux : pour la campagne sucrière 2020-2021, Tereos voit ses emblavements en progression de 3% en Europe, et de 2,5% en France, alors que les surfaces de betterave cultivées par l’ensemble de la filière en France et en Europe sont en baisse.

En France, le groupe est l’un des premiers employeurs de la région Hauts-de-France. Dans un contexte de crise économique globale et de difficultés pour le milieu agricole, les agriculteurs sous contrat avec Tereos sont assurés de percevoir un revenu pour leur production, quel que soit le contexte, leur assurant stabilité et sécurité financière dans un monde agricole en pleine mutation.

Grâce à des revenus agricoles et à des dividendes issus des résultats de la diversification du groupe, Tereos est l’un des acteurs sucriers qui rémunèrent le mieux ses coopérateurs, quels que soient les environnements de marché. Sur les cinq dernières campagnes, ce sont près de 150 euros de dividendes par hectare et par an que les coopérateurs ont reçu. Leurs intérêts sont donc au cœur de la stratégie décidée et mise en œuvre depuis plusieurs années.  

Une bonne adaptabilité pendant la crise sanitaire

Comme pour tous les acteurs économiques, la crise du COVID-19 a aussi perturbé l’industrie agro-alimentaire. Considérés comme stratégiques dans de nombreux pays, les acteurs sucriers ont pu continuer de travailler, en particulier les agriculteurs, qui assuraient des missions essentielles dans le maillon de la chaine alimentaire. Celle-ci s’est trouvée fortement perturbée, en particulier pendant la période de confinement, à cause de problèmes logistiques de transports, la fermeture de sites clients et de fortes contraintes sanitaires.

Les priorités de production pendant la crise sanitaire ont été celles de masques et de gel hydroalcoolique, dont la France et d’autres pays du monde manquaient cruellement, et qui étaient pourtant indispensables pour lutter contre le développement de l’épidémie.

Plusieurs industries françaises ont fait rapidement fait le choix de réorienter leurs productions vers la fabrication de ces éléments indispensables afin de répondre à l’urgence des besoins du personnel soignant et des citoyens.  

La position de Tereos sur le marché de l’alcool lui a permis de réagir rapidement à l’urgence et de réorienter une partie de sa production, en créant sur six de ses sites français des lignes inédites de production de solution hydroalcoolique. Ainsi, 200 000 litres de produits ont été offerts aux personnels soignants via les Agences Régionales de Santé du Grand Est, du Centre Val-de-Loire, des Hauts de France et de l’Ile-de-France.   

Parallèlement, Tereos a pu répondre à l’autre forte hausse de la demande : celle en sucre conditionné de marque à forte notoriété, vendu en grande surface, confinement oblige.

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