La Banque centrale européenne (BCE) pratique des taux d’intérêt négatifs à l’égard des dépôts que les banques de la zone euro déposent chez elle. Comment un tel phénomène est-il possible ?

Par Cédric Leboussi, fondateur du Cercle des Libéraux

Tribune. La réponse à cette question nécessite que l’on revienne dans un premier temps sur les politiques monétaires des pays dont les finances publiques sont réputées saines (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, par exemple) ou dont le système fiscal mis en œuvre par les grandes banques centrales des pays développés en réaction à la crise de 2008, car elles permettent de comprendre pourquoi les taux d’intérêt ont enclenché une spirale baissière.

Dans un second temps, à partir de mi-2012, les taux d’intérêt négatifs en zone euro sont apparus et se sont ensuite étendus du fait de l’anticipation puis de la mise en œuvre en mars 2015 d’un vaste programme de rachats d’actifs financiers de la BCE.

1700 milliards d’euros pour la BCE

Après le déclenchement de la crise financière de 2008, la banque centrale américaine (la Fed) a opté pour la mise en œuvre d’une politique monétaire non conventionnelle consistant à acheter des titres de dette publique sur le marché obligataire (appelée quantitative easing, ou QE), dans le but de faire baisser les taux d’intérêt à moyen et long terme, de générer des gains en capital pour les investisseurs boursiers et ainsi favoriser la relance de l’économie américaine.

La Banque d’Angleterre, la Banque du Japon, puis la BCE (à partir de mars 2015) se lanceront également dans des politiques d’assouplissement quantitatif. Dans le cas européen, le plan d’assouplissement quantitatif de la BCE correspond à une enveloppe totale de 1 700 milliards d’euros.

Parallèlement, toutes les banques centrales des grands pays développés ont procédé à des baisses de leur taux d’intérêt principal, par lequel elles refinancent les banques commerciales. La Fed a ainsi très rapidement porté son taux principal à son minimum en 2009 (entre 0 et 0,25 %), avant de le remonter en réponse à la reprise de l’économie. La BCE ne baissera ses taux qu’à partir de 2011 et décidera de fixer son taux principal de refinancement à 0 % en février 2016. Les conséquences de ces politiques monétaires très expansionnistes au niveau mondial furent des baisses très importantes des taux d’intérêt à court, moyen et long terme.

Des masses considérables de liquidités sur les marchés financiers

Cette genèse des comportements des différents institutions financières nous permet d’arriver à la conclusion suivante : la baisse des taux d’intérêt, jusqu’à ce qu’ils deviennent négatifs (ce qui est contre-nature), est une catastrophe pour l’ensemble de l’économie, même si dans un premier temps ils favorisent quelque petits malins. Plusieurs bulles spéculatives se sont formées ; les marges des banques européennes ont été dangereusement réduites. Pour finir, étant donné que le ménage n’a pas été fait dans ces banques, on peut craindre le pire…

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