Sophie Bodet (Forterro) : « Dans le secteur IT/ Logiciel, les femmes restent encore trop souvent cantonnées à des fonctions support »

En regroupant sous sa marque les ERP Clipper, Helios, Silog et Sylob, Forterro (basé à Caen) est devenu l’un des experts français en logiciel de gestion pour le monde industriel avec plus de 3 000 clients, 25 000 utilisateurs et 300 salariés. Le groupe accorde également une très grande place aux femmes, comme l’explique Sophie Bodet, directrice marketing de Forterro.

Quelle place ont les femmes dans le secteur IT/ Logiciel ?

Dans notre milieu, les femmes restent encore très souvent cantonnées à des fonctions support de type Finance, Administration Des Ventes, Marketing ou Ressources Humaines, et se font beaucoup plus rares dès lors que qu’il s’agit des fonctions opérationnelles, à savoir en Recherche & Développement, au support client, ou même au niveau du consulting où le nombre de femmes en présence est très bas.

Quel est le ratio hommes / femmes dans les fonctions opérationnelles au sein du groupe Forterro ?

Aujourd’hui nous comptons 45 femmes qui travaillent au support, au consulting ou encore à la R&D pour plus de 170 hommes sur ces mêmes fonctions.

Pourquoi les femmes choisissent-elles si rarement les métiers dans l’informatique ?

Pour les fonctions de développement informatique, le point de départ vient des filières de formation qui continuent à attirer très peu de femmes. Il est donc normal que nous en retrouvions si peu dans nos effectifs.

Pour les fonctions de consulting, il y a plusieurs explications possibles. Chez Forterro, nos clients travaillent tous dans l’industrie, et nous cherchons donc avant tout des profils de consultants qui connaissent bien les processus industriels. Or, ce sont des filières qui sont également connues pour être à dominante masculine.

L’autre explication vient du métier de consultant en lui-même, qui consiste à intervenir sur site chez nos clients plusieurs jours par semaine, ce qui nécessite de nombreux déplacements souvent peu compatibles avec une vie de famille. Comme ce sont encore souvent les femmes qui se sacrifient pour celle-ci, nous n’arrivons pas à féminiser ces fonctions.

La crise liée au Covid a eu pour conséquence le développement du travail à distance, y compris pour nos métiers de consulting où la part de prestations à distance est passée de moins de 15 à plus de 50% actuellement.

Cette mutation dans l’organisation du travail aura nous l’espérons, une conséquence positive sur le recrutement de plus de femmes sur ces postes.

Que peuvent faire les entreprises IT pour attirer davantage de femmes ?

Nous pouvons agir sur les conditions de travail des femmes afin de leur permettre une meilleure coordination entre vie familiale et vie professionnelle par exemple.

C’est ce nous avons fait en pérennisant 3 jours de télétravail possibles par semaine pour l’ensemble de nos 300 collaborateurs, ce qui est supérieure à ce que propose la majorité des entreprises qui ont plutôt opté pour 1 à 2 jours.

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