Avec son introduction en Bourse au mois de mars dernier, Snapchat, la compagnie du jeune businessman américain Evan Spiegel, a pu lever 2,4 milliards de dollars grâce à une valorisation de 24 milliards. En à peine cinq ans, le fiancé de la star des mannequins, Miranda Kerr, a su hisser sa société, surnommée « la caméra company », dans le top 5 des réseaux sociaux de la planète. Au point de tailler des croupières au mythique Facebook, même si leurs puissances financières ne sont pas comparables. Mais Mark Zuckerberg a compris le danger commercial et la concurrence que représentait Snapchat pour son empire.

« Je suis un jeune garçon, blanc et instruit. J’ai eu beaucoup, beaucoup de chance. Et la vie est injuste. Et puisque la vie est injuste, il ne s’agit pas de travailler plus dur, mais bien de tirer profit du système. » C’est ainsi que s’exprimait récemment, lors d’un de ses voyages à Paris, Evan Spiegel, cofondateur du réseau Snapchat et l’un des plus jeunes PDG milliardaires du secteur de la nouvelle technologie, puisqu’il n’a que 26 ans.

Ce fils de riches avocats californiens a eu la bonne idée de créer une application pour smartphone lors de ses études à la prestigieuse université de Stanford en 2011. En compagnie de ses deux partenaires étudiants comme lui, Bobby Murphy et Frank Reginald Brown, il nomme d’abord son projet Picaboo avant de le transformer en Snapchat, contraction de « snap » (cliché en français) et « chat » (discussion).

Snapchat gagne du terrain

Ce réseau social se veut le contre-pied du géant Facebook. Contrairement à celui fondé par Mark Zuckerberg, aucune information personnelle n’est demandée lors de l’inscription et aucune publicité n’apparaît à l’écran. Par ailleurs, les photos échangées avec les contacts disparaissent dès qu’elles ont été vues.

En quelques années, Snapchat a attiré près de 160 millions d’utilisateurs actifs dans le monde, dont 52 millions uniquement en Europe. Avec 10 millions de « snapchatters », la France représente le troisième marché du groupe de Spiegel, derrière les USA et le Royaume-Uni.

Certes, Facebook, née en 2004, compte près de 8 fois plus de « facebookers » et un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros contre 378 millions pour Snapchat, mais le géant facebookien perd du terrain chez les plus jeunes internautes.

Conscient de la concurrence que pouvait représenter Snapchat, le créateur de Facebook proposa à Spiegel de racheter sa compagnie dès 2013 pour 3 milliards de dollars ! Un pactole que refusa le big boss de Snapchat et une attitude qui a déclenché les foudres de Zuckerberg et de ses équipes.

Xavier Niel, actionnaire et… meilleur ami

Pour affaiblir l’entreprise de Spiegel, les cerveaux de l’état-major de Facebook ont lancé de nombreux services, copiant ceux de Snapchat comme une messagerie de photos éphémère, une application pour ajouter des effets ou incruster un logo sur un visuel ou encore la fonction Stories, qui publie des séquences photos ou vidéos mises bout à bout.

Mais Evan Spiegel (dont l’un des meilleurs amis est Xavier Niel, le propriétaire de Free, qui a pris une participation dans Snapchat) doit non seulement « guerroyer » avec Zuckerberg, mais maintenant convaincre les annonceurs tout en attirant de nouveaux utilisateurs.

Car avec 481 millions d’euros de pertes en 2016, Snapchat pourrait engendrer la même déception sur les marchés financiers que Twitter.

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