On peut dire que Clément Benoit et Pilar Granell ont eu du nez. C’est en 2006, bien avant le mouvement de la foodtech, que le concept de Resto In est né : livrer à domicile ou au bureau des repas des restaurants.

«Les deux fondateurs, qui se sont rencontrés à l’université, avaient des amis qui travaillaient tard le soir, et n’avaient pas d’autre choix que d’avaler pizzas ou sushis», explique Nicolas Vitre, président de Resto In. L’objectif est ambitieux : créer un service de livraison haut de gamme des 20 meilleurs restaurants parisien, avec juste un supplément pour la livraison de 2,99 €.

Si les deux entrepreneurs commencent doucement, faisant la livraison eux-mêmes les premiers mois, la start-up, installée à Barcelone, a vite pris de l’ampleur, jusqu’à réaliser aujourd’hui un CA de 14 M€. Pionnier de la livraison à domicile des restaurateurs, Resto In séduit les investisseurs.

Dés débuts difficiles

«Trois levées de fonds nous ont permis de nous développer», assure Nicolas Vitre. Avec un panel de 1.200 restaurateurs dans huit villes européennes comme Paris, Marseille, Bruxelles, Hambourg, Madrid ou Barcelone, l’entreprise peut proposer des menus variés, allant des burgers haut de gamme aux plats Vegan ou Detox, en passant par les fruits de mer, le caviar, les choucroutes…

Optimiser les courses des livreurs

Mais les débuts ont été difficiles car «il a fallu lutter contre les a priori des restaurateurs qui, finalement, se sont laissés convaincre. Une fois qu’ils ont eu de nouveaux clients grâce à nous, la partie était gagnée». Resto In se rémunère en prélevant une commission aux restaurateurs. Mais ce modèle de développement est risqué, le potentiel de marge étant très faible dans la livraison à domicile. «Il faut faire beaucoup de volumes, d’où la nécessité d’optimiser les courses des livreurs», indique Nicolas Vitre.

Sa botte secrète ? Un logiciel qui calcule le meilleur itinéraire du livreur, en fonction de la route mais aussi de la météo, du jour, de l’heure, d’un événement particulier… tout en privilégiant les plus petites distances. «C’est cette barrière technologique qui nous permet d’être rentable à partir de 2,5 livraisons par heure».

Pour assoir sa position dans le domaine de la livraison à domicile, Resto In À créé une société indépendante, Stuart, spécialisée dans la livraison urgente et dont les clients s’appellent Cdiscount, Franprix, Carrefour ou encore Interflora. Surtout, l’acquisition par le groupe La Poste de 80% du capital de Resto-In et de 20% de Stuart devrait encore booster la croissance de la jeune pousse.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici