La société coopérative de Figeac a pour projet d’ouvrir un axe transversal Bordeaux-Lyon, avec plusieurs arrêts, une ligne que la SNCF ne souhaite plus commercialiser elle-même. Tout devrait donc aller pour le mieux. D’autant que 6 lignes ferroviaires ont été autorisées par l’Autorité de régulation des transports fin 2020 : Lille-Nantes, Strasbourg-Clermont-Ferrand, Massy-Brest, Saint-Etienne-Thionville, Grenoble-Thionville et Le Croisic-Bâle.

Deux obstacles ont déjà été surmontés, même s’ils ont pris du temps. D’abord, l’obtention des sillons, c’est-à-dire les horaires disponibles pour mettre en place le train. Il s’agit bien entendu d’un élément stratégique pour les entreprises qui lancent leur concept ; un mauvais horaire pouvant entraîner un échec rapide. Mais Railcoop a déjà l’expérience du système, ayant déjà lancé un premier train de marchandises entre Figeac et Toulouse depuis novembre 2021. Le second point est celui des matériels ferroviaires qu’il convient de trouver, les matériels neufs étant insuffisants. Les rames TER en provenance de Rhône- Alpes sont en cours de rénovation. Le lancement serait possible en novembre prochain.

Une mission à remplir

Les sociétaires de Railcoop tout comme son conseil d’administration ont une mission et une conviction. Le ferroviaire est un transport d’avenir, non totalement exploité à ce jour, que ce soit pour le fret comme pour les passagers. Redonner du sens, voici qui résonne aujourd’hui, y compris pour la première coopérative française qui rassemble 11 347 sociétaires début 2022 répartis en 5 collèges : salariés, partenaires techniques et financiers, collectivités locales, personnes physiques, personnes morales. L’objectif n’est pas de faire de la concurrence à la SNCF, mais de proposer des lignes province-province économiquement viables. Bref, le but est de faire basculer des personnes de la route vers le train avec des tarifs compétitifs, y compris par rapport au covoiturage.

Une organisation très au point

Nicolas Debaisieux assure la direction générale de cette société commerciale d’intérêt collectif (SCIC) qui a une obligation d’équilibre économique et fonctionne sans subvention publique. Spécialiste des questions de changement climatique, il a travaillé plus de 15 ans dans l’administration publique française et européenne. Il dirige une équipe de pros du ferroviaire qui veulent « réinventer le train », un moyen de transport qui est « un maillon essentiel de la transition écologique ». Dominique Guerrée, le président du conseil d’administration est un professionnel du fonctionnement de la coopérative, ayant lui-même fondé la coop de production Mix&Mouse et cofondé la SCIC Céléwatt. Différents cercles de réflexion travaillent sur le présent et le futur, par exemple la possibilité de faire des visio, mais aussi les trains-vélo, les bagages, etc.

Anaïs Lamarge

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