Le moteur de recherche français Qwant tente depuis 2013 de se faire une (petite) place au soleil dans un marché écrasé par Goggle.

Début de l’année 2013 : la jeune pousse Qwant, fondée en 2011 et installée à Paris, lançait un nouveau moteur de recherche gratuit, accessible à tous et qui se veut révolutionnaire. Aujourd’hui, l’équipe de fondateurs continue plus que jamais d’y croire.

«L’ambition est de proposer aux utilisateurs un service qui leur apporte une valeur ajoutée claire et identifiable. Par exemple, nous respectons leur vie privée en ne gardant aucun historique de recherche, et nous apportons des réponses neutres et complètes en collant de très près à l’actualité, notamment grâce à l’apport des commentaires sur les réseaux sociaux», détaille Jean-Manuel Rozan, 61 ans, qui se lance dans l’aventure avec deux associés, Éric Léandri et Patrick Constant.

Qwant : une aventure d’entrepreneurs

Tous les trois ont un passé d’entrepreneur derrière eux, «c’est dans notre ADN», confie le dynamique sexagénaire. Pour se lancer, il leur a fallu deux levées des fonds auprès d’investisseurs français mais aussi américains, notamment Robert Pittman, ex-P-DG d’AOL et de MTV et patron du fonds Pilot Group. «Depuis 2011, nous avons investi 3,5 M€ pour développer le moteur de recherche. Mais pour passer à l’étape suivante, d’autres fonds étaient nécessaires».

C’est chose faite au printemps 2014 avec l’entrée au capital de l’allemand Axel Springer à hauteur de 20% pour 5 M€. En octobre dernier, c’est au tour de la BEI (Banque européenne d’investissement) de mettre… 25 M€ sur la table ! Rien d’étonnant donc à ce que la jeune pousse se développe rapidement, avec 15% d’augmentation de l’audience par semaine et 30% du nombre de requêtes.

«Pour un moteur de recherche, la première clé de la réussite reste la pertinence des résultats. Réussir à être pertinent dans plusieurs langues est un travail d’indexation long, difficile et coûteux. C’est la raison pour laquelle très peu y sont parvenus». L’hégémonie de Google sur le secteur n’a échappé à personne, ce qui n’empêche pas Qwant d’y croire.

«Le marché est immense dans le monde et, surtout, grandit. De toute évidence, il y a donc de la place pour tout le monde. Notre objectif est de proposer un choix alternatif», tranche l’entrepreneur.

La jeune pousse démarre d’ailleurs la monétisation de son moteur de recherche cette année, à travers la mise en place d’un système de publicité «respectueuse», insiste le dirigeant qui n’en dévoile cependant pas plus, et d’un système d’affiliation via Qwant Shopping relayant les offres commerciales liées à la recherche de l’utilisateur. Qwant prévoit aussi de nombreux lancements à l’étranger. «L’axe principal est l’amélioration de la pertinence dans plusieurs langues européennes, la continuation du lancement de Qwant Junior en France et à l’international…». Objectifs ? «Truster 5% du marché du search en Europe d’ici 5 ans».

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