Tribune. Le Bitcoin a perdu environ 84 % de sa valeur sur une intervalle d’un an entre décembre 2017 et 2018. La cryptomonnaie n’était-elle qu’une bulle spéculative ?

Doit-on s’attendre à sa disparition ? Il a depuis repris plus de 40 % de sa valeur pour se stabiliser aux alentours des 5000 dollars au moment de la rédaction de cet article. À titre comparatif, il avait précédemment perdu près de 86 % durant le bearmarket ayant eu lieu entre 2014 et 2016.

La valeur du Bitcoin est liée à sa rareté digitale, elle augmente en fonction de son adoption. On parle de blockchain, d’initial coin offering (ICO) ou encore de crypto-actif, cependant si les termes changent et peuvent nous égarer, le raisonnement doit être le même : quelle est la valeur ajoutée apportée ? quelles sont les dynamiques économiques réelles ? où en sommes-nous en matière d’adoption ?

Le Bitcoin est liquide, décentralisé et son adoption reste croissante

Si le marché sait l’utiliser à titre spéculatif, son rôle d’unité monétaire continue d’intéresser face aux modèles centralisés des banques centrales à l’image de la FED ou de la BCE. Aussi, le quantitative easing et les taux bas, utilisés par ces dernières, ne permettent plus de stimuler l’inflation et l’économie de facto, ce qui rend le Bitcoin d’autant plus attrayant et rayonnant.

Il est impossible de prédire l’avenir mais…

L’une des stratégies gagnantes qui ressort souvent est celle d’investir en fonction de la tendance. Lorsque l’on est en marché haussier (bougies vertes et rouges de plus en plus hautes), il suffit d’acheter bas et de conserver son portefeuille. Or, cette stratégie gagnante jusqu’à fin 2017 en raison de la hausse devait s’arrêter dans le cadre de la baisse et c’est à ce moment que les nouveaux investisseurs ont essuyés d’importantes pertes.

Dans ce type de cas, il est judicieux d’investir progressivement à partir du moment où l’on voit des signes d’inversement de tendance et c’est ce qui pourrait se passer actuellement avec un Bitcoin qui range au-dessus des 3500 $, tendance qui reste à confirmer avec des mouvements plus flagrants. Fondamentalement, il était ringard de ne pas avoir de Bitcoin fin 2017 tandis que cette opinion commence à s’inverser. Selon Warren Buffett, « le moment d’acheter est quand personne ne veut acheter car vous ne pouvez pas acheter ce qui est populaire ».

Du côté des crypto-actifs, et plus précisément des utlities qui constituent la majeure partie des actifs, leur démocratisation dépend étroitement du contexte légal. Si la blockchain peut apporter de la technologie et de nouveaux modèles de gouvernance captivant, il est primordial de clarifier le régime juridique, financier et comptable afin de sécuriser les activités liées à la blockchain.

En France, la mission d’information sur les « monnaies virtuelles » demandées par la commission des finances et rapportée par le député Pierre Person s’inscrit dans cette démarche. Vingt-sept recommandations sont proposées afin de faire évoluer le droit, encourager les acteurs Français, et éviter de prendre du retard sur d’autres pays comme ce fût le cas à l’arrivée d’Internet.

Le rapport souhaite créer une impulsion chez le législateur

Favoriser les formations liées à la blockchain, diminuer la fiscalité en matière de cessions de crypto-actifs, protéger l’investisseur, ou encore accorder un droit au compte aux professionnels sont des points judicieusement abordés par le député.

Par Alfonso Lopez de Castro, président de Financia Business School et directeur du Corporate à la Financière d’Uzès.

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