Par Jean-Pierre Marguaritte, ostéopathe DO, président Europromosteo

Tribune. La prévention santé faisait partie des promesses électorales en 2017. Y a t-il eu un virus dans le programme ?

Plus de 10 millions de personnes souffrent mais ne sont pas malades au sens médical du terme. Leurs troubles fonctionnels, généralement liés aux modes de vie, sont traités avec efficacité grâce à l’ostéopathie tel que le témoigne l’engouement croissant et constant des consultations. Toutes les deux secondes une personne consulte un ostéopathe et évite ainsi l’évolution de son trouble fonctionnel vers une pathologie chronique et invalidante.

La prévention santé ne consiste pas seulement à mener des actions de dépistage, des campagnes de vaccination ou encore à diffuser des messages descendants directs dénués de pédagogie. Elle concerne les nombreuses personnes dont l’état se situe entre la santé et la maladie.

La douleur articulaire chronique, principal motif de consultation en ostéopathie, est un signal de l’organisme qui informe de l’existence d’une insuffisance fonctionnelle qui le plus souvent ne présente pas de signe clinique ou n’est pas considérée par la médecine conventionnelle comme étant en rapport avec la douleur articulaire. La pratique systémique, logique et rationnelle de l’ostéopathie, pratiquée selon ses fondamentaux, permet d’établir ce lien et d’engager une démarche pédagogique intelligible et efficace nécessaire au changement de comportement et en particulier, du mode d’alimentation.

Au-delà des gestes qui soulagent, cette démarche est indispensable pour obtenir un soulagement durable et éviter de nombreuses dépenses de santé publique et de prévoyance coûteuses qui pénalisent l’individu, l’entreprise et à terme le système de santé.

Alors, Mesdames et Messieurs, les présidentiables, ne pensez-vous pas qu’il serait temps d’organiser et de rendre accessible une véritable médecine préventive qui comble le décalage existant entre les besoins des personnes et le service effectif de santé rendu ? Êtes-vous prêts à soutenir la création d’une Instance nationale officielle, à vocation déontologique et disciplinaire, pour que cette nouvelle profession d’ostéopathe dispose enfin d’un cadre juridique et éthique applicable, afin de sécuriser notamment les Assurances complémentaires santé toutes intéressées par des professionnels de la santé qui leur permettraient de réduire les dépenses de santé et de prévoyance ?

Le milieu de l’ostéopathie est en proie à des conflits d’intérêts qui lient certaines écoles à une structure professionnelle ostéopathique au détriment de la qualité de l’enseignement. Vous ne pouvez pas laisser perdurer une telle situation qui, outre le fait de pénaliser les Français, soulève un aspect sécuritaire et entrave la transdisciplinarité.

Aucune politique de santé publique toutes tendances confondues ne s’est jamais préoccupée de prendre des mesures concrètes de prévention primaire en dehors du tabagisme, des drogues et de l’alcoolisme. Or, l’ostéopathie agissant sur la relation permanente entre la structure et les fonctions de l’organisme humain, permet justement de fournir un véritable travail de prévention primaire visant, selon la définition de l’OMS, à éviter l’apparition de la maladie et non pas à se contenter de la traiter lors de sa survenue.

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