Se faire coter n’est pas une décision à prendre à la légère, tant les contraintes sont lourdes. Mais la Bourse reste toujours la voie royale pour faire une sortie «par le haut» ou pour financer un développement sur le long terme.

Depuis plusieurs années, la Bourse, censée financer les acteurs de l’économie réelle, a connu plusieurs dérives : un nombre d’introductions en baisse constante (de 140 par an il y a une dizaine d’années à 40 par an aujourd’hui), des valorisations de plus en plus élevées et une concentration sur certains secteurs, notamment les biotechnologies.

Pourtant, dans le monde entier, notamment dans les pays émergents, les PME font naturellement appel à l’épargne publique pour financer leur développement. Il semble cependant qu’on assiste aujourd’hui à un retournement de la situation. Dans un marché financier atone, les investisseurs s’intéressent à nouveau aux PME cotées, considérées comme des classes d’actifs prometteuses.

Entretien avec Louis Thannberger, pionnier de l’introduction des PME en Bourse en France et fondateur d’IPO Number One

La Bourse est-elle adaptée au financement des PME ?

Louis Thannberger :

Totalement. La Bourse est avant tout un facteur de croissance. Dans le monde entier, les entreprises cotées avancent plus vite que les autres ! Les PME qui ont su “devancer l’appel” se font connaître dans le monde entier, par leurs clients et leurs fournisseurs. L’introduction en Bourse est davantage une opération de communication que financière stricto sensu ! C’est une arme de guerre, tout simplement ! Quand le second marché a été créé, par Jacques Delors en 1983, il a attiré plus de 700 PME dont la moitié sont devenues des ETI. Il faut retrouver cet élan.

Les entrepreneurs sont-ils prêts ?

Louis Thannberger :

Si vous expliquez à un dirigeant que c’est simple et que ça peut rapporter gros, il est partant, immédiatement. Si le marché est atone c’est que personne n’a la volonté de convaincre les chefs d’entreprise. Il y a des milliers de PME en France, tous secteurs d’activité confondus, et pas uniquement dans l’Internet ou les biotechs emmenées par toute une nouvelle génération d’entrepreneurs innovants et conquérants, qui plus est ont déjà fait leurs preuves et sont désireux d’accéder au marché pour aller plus vite.

 

Et les investisseurs ?

Louis Thannberger : 

Certes, leur nombre a baissé de 7,5 à 4,5 millions en 10 ans. Le problème c’est qu’à Paris, les valorisations sont souvent trop élevées. Quand le président de l’AMF déplore que les PME ne se financent pas davantage par la Bourse, il oublie de penser aux investisseurs qui y ont laissé des plumes, il oublie surtout et, pour cause, que la confiance part au galop et revient à pied. Les valorisations sont souvent d’autant plus élevées le premier jour que des financiers présents dans le capital guettent ce moment précisément pour en sortir ! L’épargne des Français n’a jamais été aussi abondante, elle ne demande qu’à s’investir. Tant qu’il y a de la croissance, il y a des investisseurs.

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