Par Jean-Marc Torrollion, Président de la FNAIM

On aurait pu croire que le concept de marque employeur était réservé à certaines activités ou à certains types d’entreprise. En immobilier la crise du Covid-19 a engendré un impératif : rester en lien avec ses collaborateurs. L’enjeu était le même pour une TPE de 5 collaborateurs comme pour un grand groupe intégré. Garder la confiance de ses équipes malgré un chômage partiel ou le télétravail, faire en sorte que la distanciation sociale n’aboutisse pas  à une perte de motivation et une dislocation de l’équipe, tels étaient au fond les enjeux.

Derrière, se dessinait en réalité une forme de concurrence entre les marques dans l’immobilier qui ne s’exprimaient plus, pour un temps, directement sur le terrain des affaires et des clients, mais sur la capacité d’une marque à entretenir une dynamique de groupe. Le match était momentanément interrompu et il ne fallait pas que l’équipe perde son échauffement musculaire.

On a vu des initiatives de formations, de gymnastique à heure fixe, de discussion, d’échange. Il ne faut pas sous-estimer la circulation d’informations qui existe entre collègues entre patrons d’enseignes différentes. Le caractère anxiogène de cette période si particulière a suscité  en permanence le besoin de se rassurer en observant ce que le voisin faisait. Les réseaux sociaux, du fait du confinement ont été le vecteur de visibilité de ces initiatives.

Toutes ces initiatives n’étaient pas dénuées d’arrière-pensées. Outre le fait qu’elles permettaient de conforter ou pas sa marque en interne, elles avaient également comme objectif d’attirer indirectement les talents ou les chefs d’entreprises. N’oublions pas que dans l’immobilier, et plus particulièrement en transaction, à côté des réseaux de mandataires, se côtoient les réseaux de franchise, les groupes intégrés et une très grande majorité d’indépendant. Au fond, cette pandémie est aussi une forme de stress test pour tous ces modèles et l’histoire va juger lequel aura réussi le mieux à le passer.

Pour l’instant, il est trop tôt pour tirer une conclusion. Si ce n’est une : jamais la solitude du chef d’entreprise n’a été autant mise à rude épreuve.

Jean-Marc Torrollion

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