Métaverse : le futur du Web

Il ne cesse de faire parler de lui, car ce méta-univers a beau n’être que virtuel, il attire autant les grands noms de la technologie que les grandes marques traditionnelles.

L’INTERNET DE DEMAIN

Un nouveau monde à part entière, voici ce que représente le métaverse. On peut tout y faire, des réunions, des rencontres, des achats, et même des affaires. Tous les gourous de la Silicon Valley sont excités la perspective d’un marché à 5 billions de dollars d’ici 2030.

MONDE RÉEL OU BULLE IMAGINAIRE ?

Le métaverse propose des services bien réels et des applications très concrètes. Lors du dernier salon Vivatech, les questions étaient nombreuses de la part des chefs d’entreprise français quant à l’utilité réelle de cette innovation. Pour les convaincus, le métaverse est déjà là, il est LE futur d’internet.

L’offre est pour l’instant encore confuse, mixant diverses notions telles que réalité augmentée, NFT, cryptoactifs ou jeux vidéo futuristes. Des intérêts pourtant bien concrets sont exposés par les experts. Le premier est évident, pouvoir toucher une cible plus jeune, le second est classique, le métaverse est aussi un média, un moyen marketing permettant d’améliorer l’attractivité d’une marque ou d’un produit.

Un point qu’ont intégré les marques de luxe, déjà présentes dans cet univers afin de monétiser leurs produits, réels et virtuels. Enfin, autre argument des pro-métaverse, la possibilité de co-travailler, co-créer ensemble grâce à une collaboration à distance bien meilleure.

DES APPLICATIONS DÉJÀ EN PLACE

Des entreprises ont déjà prévu de mettre en ligne des cours de fitness avec une technologie bien plus immersive qu’aujourd’hui grâce au casque de réalité augmentée. Pour le paiement d’un abonnement ou d’un ticket, il suffira d’acheter un jeton/token pour assister à un cours comme si on y était.

D’autres imaginent des formations ou assistances à distance facilitées par des avatars. Ceux-ci parlent et effectuent des gestes précis permettant de visualiser directe-ment ce qu’il convient de faire. Les tutos et consultations médicales existent déjà, mais le métaverse permet de passer au niveau supérieur en matière d’efficacité. Le tourisme est également un lieu de métavers idéal, comment résister lorsque l’on se « voit » au sens littéral dans les eaux de Bora-Bora ? Il en a de la chance, l’avatar de se promener dans les zones du monde les plus attractives. Autre secteur qui s’est immédiatement projeté dans le métaverse, l’événementiel et les concerts.

Jean-Michel Jarre a toujours été un adepte des nouvelles technologies et a déjà présenté un plaidoyer officiel pour un métaverse français, tout comme de nombreux DJ français. Il est enthousiaste à l’idée de créer des spectacles en réalité virtuelle, mais souhaiterait le faire sur une plateforme made in France. Les RH qui travaillent pourtant sur l’humain sont aussi concernées. Des entretiens de recrutement ont déjà eu lieu sur le métaverse.

Entre autres, l’entreprise Havas a imaginé créer des entretiens d’un genre nouveau où l’anonymat du candidat se-rait totalement garanti. Ce dernier se-rait en effet représenté par son avatar, un homme pouvant choisir d’être sous l’image d’une femme, rien ne contraignant la personne à adopter un personnage lui ressemblant physiquement.

THE SANDBOX, CRÉÉE EN FRANCE

L’entreprise née en France en 2011 grâce à deux créateurs, Arthur Madrid et Sébastien Borget, est un acteur international qui vend des parcelles de terrains virtuels à ses clients qui peuvent ainsi s’exprimer sur leurs « propriétés ».

Avec plus de 2 millions d’utilisateurs enregistrés, Sandbox est un succès. Pour se développer, il lui a fallu trouver des financements, c’est un actionnaire hongkongais qui a finalement racheté SandBox, Animoca Brands. Ce spécialiste de la blockchain a aidé l’entreprise à passer au stade supérieur, mais la France y a perdu une pépite nationale en termes capitalistiques.

Plusieurs centaines de marques y sont déjà présentes, telles que Casino qui propose en test pour l’instant un jeu sur son terrain permet-tant aux participants de gagner des bons d’achat ou des réductions Club Leader Price. Axa Assurances a également son terrain, sans projet précis annoncé autre que de créer un lieu de rencontre, mais cela lui permet de communiquer en tant que premier groupe d’assurances français présent sur le métaverse. Havas, Ubisoft, Arte tout comme France Télévision ont ainsi suivi l’exemple des marques de luxe et de mode qui ont été les premières à investir ces territoires.

CARREFOUR SE TESTE SUR SANDBOX

L’entreprise est le plus gros employeur de France, mais n’est pas renommée pour ses technologies d’avant-garde en dehors de la logistique ou du commerce pur et dur. La première expérience a porté sur une quinzaine d’entretiens de recrutements de data scientists. Un test peu réussi visuellement, mais qui a eu l’intérêt d’avoir attiré l’attention sur l’enseigne dont le président, Alexandre Bompard ne veut pas passer à côté d’une révolution technologique qui pourrait totalement transformer le métier du groupe.

DES FRANÇAIS EN PLEIN ESSOR

Minsar est une plateforme collaborative sans code, utilisée pour créer et partager des expériences de réalité augmentée virtuelle. Cette solution peut être utilisée dans le commerce, la planification urbaine, le tourisme, la culture, etc.

Soraya Jaber, la co-fondatrice de Minsar avait déjà créé la startup Opuscope en 2015 avec Thomas Nigro. Elle suit encore ses études (en histoire de l’art) lorsque le concept de Minsar est mis en place. Dès ses débuts, la startup est repérée par Microsoft et propose aujourd’hui une application, Wanderland, qui permet de créer du contenu directement sur son téléphone. Une petite pousse à suivre de près.

Kinetix est un autre exemple de la créativité française. Sa dernière levée de 11 millions de dollars va permettre le lancement de sa plateforme NFT permettant de monétiser les contenus. Son concept repose au départ sur l’aide à la création de personnages 3D pour le métaverse à partir d’une plateforme sans code. Henri Mirande, Yssaine Tahi et Philip Belhassen permettent ainsi aux entreprises de disposer des personnages sophistiqués pour évoluer sur le métaverse.

Dans la même veine, on trouve la startup Omi et son outil de modélisation. Hugo Borensztein et son frère Paul proposent une technologie maison aux marques qui souhaitent dis-poser de visuels 3D haut de gamme dans le Métaverse, ou tout simplement sur les sites et applications internet actuels. Ce service a été créé sous forme d’abonnement mensuel. La concurrence est rude sur ce secteur, mais le marché en pleine expansion. Ses investisseurs y croient, ils viennent d’injecter 6 millions d’euros dans la société.

Encore plus récemment, Jamespot a créé un univers proche des anciens jeux vidéo (en 2D) dans un but bien précis, créer son métaverse Jamespotland dans lequel la quarantaine de collaborateurs éparpillés sur différents territoires peuvent se rencontrer.

Claudio Flouvat

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