Les produits traditionnels ont gagné une nouvelle attractivité. Nostalgie ou envie de retrouver des valeurs d’antan ancrées dans la fabrication française, le fait est là. Certaines marques sont très heureuses de ce retour au savoir-faire de nos terroirs qui dope leurs ventes physiques et en ligne.

Fleur de sel de Guérande, palets bretons, nougat de Montélimar, madeleines de Commercy, biscuits de Reims, les exemples ne manquent pas dans les PME agro-alimentaires françaises. Le marché est porté par une nouvelle appétence des consommateurs envers de « vieux » produits qui ont su non seulement survivre, mais garder une véritable authenticité. Pour cela, quel que soit le chiffre d’affaires ou le nombre d’employés, le chef d’entreprise navigue sur un chenal étroit, entre rentabilité nécessaire et innovation obligatoire, que ce soit en termes de produits, de services, de logistique ou de communication. Voici quelques exemples de sociétés qui ont su traverser le temps et retrouvent même aujourd’hui une nouvelle vigueur.

La belle-Iloise : la persévérance paye toujours !

L’histoire commence en 1932 et elle est familiale. Les Hilliet et la Belle-Iloise ne font qu’un. Georges était fils de pêcheur et crée une conserverie près du port de Quiberon. Pour beaucoup de petites PME agro-alimentaires de l’époque, les années soixante ont représenté une formidable opportunité d’accélération de développement grâce à la grande distribution. Or, ceci nécessite la création de nouvelles procédures de fabrication, plus compétitives auxquelles Georges Hillier n’était pas prêt à adhérer. L’entrepreneur têtu a gardé sa trajectoire en matière de liberté et d’indépendance, prêt à « vendre ses sardines sur la plage » s’il le fallait. Il choisit d’ouvrir sa propre boutique de vente directe à Quiberon, lançant un second métier dans l’entreprise en 1967, un pas stratégique pour l’avenir. Deux de ses cinq enfants prennent la relève en 1972, Georges et Bernard. Un deuxième magasin ouvre en Bretagne, puis la vente par correspondance est lancée, un nouveau site de production plus moderne voit le jour. Par la suite, Bernard, seul aux manettes, accélère sur l’ouverture du réseau pour atteindre quelques 80 magasins sur tout le littoral français.

Pour renforcer son succès, l’équipe de la Belle-Iloise travaille sur de nombreuses nouvelles recettes, et récemment, l’essor des tartinables vient conforter cet élan. Les emballages sont facilement reconnaissables, recherchés et vintage. Depuis 2011, c’est Caroline Hilliet-Le Branchu qui est à la tête de la Belle-Iloise. En 2018, la Conserverie ouvre un Bar à Sardines à Paris qui propose une petite restauration. La route semble belle pour cette entreprise de quelques 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et ses 350 salariés permanents, avec une centaine de produits en vente directe, positionnés sur le haut de gamme. Un autre défi se pose, celui de passer les frontières tout en gardant son ADN et son origine made in France.

Maison Fossier voit l’avenir en rose

Qui n’a jamais trempé un biscuit rose dans un champagne ne peut connaître la raison du succès de la Maison Fossier. Elle est l’une des plus anciennes biscuiteries de France, créée en 1756, une exception dont les produits étaient présents au sacre de Louis XVI à Reims. En 1825, elle reçoit un diplôme royal pour la qualité de ses productions, biscuits roses et pains d’épices. Mais c’est en 1845 qu’un certain Monsieur Fossier, boulanger de son état, prend la direction de l’entreprise. Cette entreprise du Patrimoine Vivant est l’une des seules à avoir survécu et su garder son indépendance jusqu’à l’an dernier où elle a été intégrée au groupe Galapagos.

Ce dernier est un groupe breton dirigé par Christian Tacquard qui commercialise notamment « Loc Maria Biscuits ». C’est la filiale Galapagos Gourmet, dirigée par sa fille Aurélie Taquard qui a manifesté son intérêt pour Fossier, ses 12 millions d’euros de CA et ses 95 salariés. Le groupe avait déjà racheté Mademoiselle de Margaux et ses sarments du Médoc ou les biscuits Mistral. En clair, se dessine avec cette stratégie de croissance externe la constitution d’un nouveau pôle.

Brioches Thomas : le bon goût d’autrefois

Vous aimez la brioche au beurre ? Si possible vendéenne, sans additif, sans conservateur et sans colorant ? Brioche Thomas est dans la cible avec son Label Rouge, ses produits bio, et son IGP, une Indication Géographique Protégée pour laquelle le patron de Brioche Thomas s’est beaucoup battu. Les ingrédients quant à eux sont simples, peu nombreux, sourcés pour la plupart dans le Sud-Ouest. Voici une belle histoire familiale qui perdure depuis plus de 120 ans avec quatre générations, selon un savoir-faire régional et artisanal comme les consommateurs les aiment. Si l’entreprise est toujours là, c’est qu’elle n’a pas cessé ses investissements. Elle vient d’ouvrir un nouvel atelier de production pas plus tard qu’en 2020. Christian Thomas, président de l’Association de la Brioche Vendéenne dirige aujourd’hui l’entreprise installée aux Essarts-en-Bocage.

Les produits sont vendus en grande distribution et détiennent donc des certifications strictes telles que IFS Food. Elle contribue à maintenir l’emploi dans cette zone avec plus d’une centaine d’employés et poursuit ses recrutements pour sa force de vente pour consolider son chiffre en grandes surfaces.

La Tatin réinventée de Arthur & Lola

Connaissez-vous Geneviève de Hennin ? Cette cheffe de cuisine propose des produits d’épicerie fine, sous la marque Arthur et Lola. Elle a travaillé dans ses restaurants en Belgique pendant 25 ans avant de réaliser son rêve, vivre dans un château en Sologne. Mais il ne s’agit pas de rester inactive pour autant. Rapidement, Geneviève de Hennin plante son potager, cherche des producteurs, et commence à mettre au point des recettes pour la création d’une gamme de produits pour épiceries fines. La marque est facilement trouvée, ce sera « Arthur et Lola », le nom de ses deux premiers petits-enfants. Des produits goûteux, artisanaux fabriqués à Vouzon dans le pays des sœurs Tatin, où les hivers sont longs et l’amour de la cuisine intact. Cette proximité a donné une idée à notre chef d’entreprise qui chérit son indépendance : une autre gamme au fameux goût Tatin.

La gamme « Arthur et Lola » constituée grâce au savoir-faire de la créatrice est fabriquée à partir d’ingrédients naturels sélectionnés avec soin, les emballages quant à eux son toujours recyclables. De plus, pour être totalement éco-responsables, les ateliers de fabrication sont alimentés par des panneaux solaires, les déchets verts compostés, les légumes cultivés en permaculture, le fumier des ânes utilisé en engrais, les poules donnent leurs œufs, en bref, tout est étudié pour une alimentation saine et un fonctionnement réellement écologique. Sirops, huiles, vinaigres, moutardes et mayonnaise aux condiments, tartinables et terrines, du caviar sur demande, des sardines, sans oublier quelques apéritifs à base de vins de la région tourangelle. Des produits vendus dans la région de la Loire, mais aussi dans des épiceries fines ainsi que dans les boutiques des Châteaux de la région.

En novembre 2019, Geneviève de Hennin a reçu le diplôme de Lauréat de « Gourmet des Régions de France », une association de Chefs et partenaires reconnue par l’Organisation mondiale de la Gastronomie. On dit bravo !

V.D.

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