LOGIS : le bel essor des hôtels de charme à la française

L’auberge de Larressingle (Gers)

En 74 ans, le groupe Logis Hôtels est devenu le premier groupe d’hôteliers restaurateurs en Europe avec 2200 établissements. Si la marque Logis domine le paysage, le groupe entend développer ses chaînes haut-de-gamme Singuliers ou Demeures & Châteaux. Entretien avec Karim Soleilhavoup, Directeur Général du groupe Logis.

Quel est le modèle économique de votre « collectif » ?

Karim Soleilhavoup : Les hôtels paient un forfait annuel fixe, calculé en fonction de la taille de l’établissement. Il donne accès à l’ensemble des services de notre plateforme, avec 19 responsables régionaux, une centrale d’achat et une académie de formation. Notre autre ressource est une commission sur les réservations effectuées sur logishotels. com, qui varie entre 8% pour les réservations loisirs et 0% sur le produit « maison ». Il s’agit d’un choix politique et militant. Logis Hôtels est une Chaine volontaire ; nous travaillons sur la singularité de chaque établissement, sa personnalisation, l’offre doit rester différenciée. Nous ne sommes en aucun cas une franchise dont le principe tend vers l’homogénéisation.

Après la pandémie quels sont les nouveaux leviers de croissance de l’hôtellerie ?

La caractéristique de nos établissements est que ce sont des hôtels de charme, des maisons de caractère, les restaurants étaient fermés, mais le patron était à l’accueil, les cuisines ouvertes avec un service en chambre, des produits faits maison, des ingrédients de circuits courts. Cette période a révélé cette hôtellerie qui n’est pas de masse et pratique le tourisme de découverte, y compris industriel. Autre conséquence de la pandémie, même si nous avions par exemple éliminé le plastique des emballages de nos savonnettes, nous avons été convaincus en travaillant en circuit court local qu’il fallait être plus responsable et engagé, que nos établissements devaient être à la pointe du RSE. Nous nous sommes engagés dans la sobriété énergétique, avec un objectif de -40% énergie à l’horizon 2030. Des investissements lourds, mais qui donnent un sens à l’action de nos entrepreneurs artisans hôteliers.

Vous affirmez vouloir être les acteurs du changement de l’hospitalité…

Oui, nos hôtels proposent déjà du tourisme de découverte, cela doit se faire en étant connecté aux activités alentours, à la campagne comme à la ville, ils se transforment en mini-offices de tourisme avec un enjeu, les parcours personnalisés « découvertes ». Autre défi, nous prévoyons d’avoir le premier maillage français de bornes de recharge électriques, avec un objectif de 1000 en 2023, pour que le client ne se pose pas de question en venant chez nous sur ce sujet. Cet engagement RSE nous pousse aussi à proposer une expérience marquée en termes de bien-être. Ceci ne signifie pas forcément détenir un spa, voire même au contraire. Un tapis de yoga, un mini jardin japonais dans la chambre, une modularité à l’accueil des familles font partie de cette recherche pour le client comme pour le salarié.

Vous êtes également partenaire de l’ADEME, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, et avez développé indicateur RSE, Act Eco, pour 2024 ?

Logis est le seul groupe hôtelier français référencé depuis deux ans pour déployer le fonds Tourisme Durable de l’ADEME, qui propose des subventions pour les TPE et PME, donnant les moyens de transformer les réseaux d’eau chaude, l’isolation, en formant des équipes aux bonnes pratiques, etc. Plus de 250 hôtels ont été concernés. « Act Eco » est notre indicateur maison, il permet de valoriser les actions de bon sens de nos TPE/PME, de donner confiance aussi aux plus petits pour entrer dans cette démarche. Sept priorités sont déclinées en 70 critères. Nous commençons en premier lieu à faire un bilan des actions déjà en place, dont les hôteliers ne sont pas toujours conscients, on passe ensuite aux actions d’amélioration. Lorsque l’hôtel atteint la note de 7/10 minimum, nous communiquons sur ce point dès la réservation de la chambre, car les clients aiment choisir les hôtels les plus vertueux, les plus engagés.

Vous développez également une nouvelle marque ?

Oui, le premier « Singuliers Hôtel » a ouvert, le Château de Fiac dans le Tarn, un 5 étoiles. L’objectif de cette nouvelle marque n’est pas quantitatif, le lancement s’est fait à l’occasion du salon Equiphotel. Nous prévoyons une dizaine d’hôtels très qualitatifs pour fin 2023, les premiers propriétaires auront la possibilité de devenir actionnaires, en tant que membres fondateurs et le recrutement se fait par cooptation. Ensuite, même si prévoir est difficile aujourd’hui, nous devrions atteindre une trentaine d’établissements en 4 et 5 étoiles. Notre autre marque premium « Châteaux & Demeures » pourrait aller plus vite, avec des Logis hôtels qui montent en gamme, soit probablement une vingtaine fin 2023 en 3 et 4 étoiles.

Anne Florin

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