La chronique économique hebdomadaire de Bernard CHAUSSEGROS

Cette chère inflation ! On la sentait venir depuis quelques mois, on la sent déjà frémir d’impatience, elle nous rattrapera bientôt dans des proportions telles que nous en perdrons notre souffle. Le substantif « chère » est pris dans tous les sens du terme.

Chère, parce que d’aucuns se souviennent de celle qu’ils ont connue dans les années 70/80, quand les salaires étaient encore indexés sur l’indice du coût de la vie et que les fiches de paye évoluaient de mois en mois.

Chère, parce qu’aujourd’hui elle va détruire notre niveau de vie et notre vie tout simplement, car elle va tuer l’économie de nombreux, accroitre la misère et les inégalités et provoquer par symétrie, les désordres et les révoltes.

Durant la pandémie et lors des premiers confinements, les alarmes et les peurs qui se diffusaient dans le tissu social, à cause des fermetures temporaires dans certains secteurs, du chômage partiel ou de difficultés liées aux nouvelles pratiques du télétravail ont été tempérées par le gouvernement qui a octroyé des aides et mis en place des prêts garantis, des primes « inflation », un bouclier tarifaire, un chèque énergie de 100 euros, etc. mais les craintes demeurent. Et elles persistent car elles étaient fondées. La reprise des activités allait être difficile, voire mortelle pour certains, elle l’est, elle le sera. On savait déjà que le prix de nombreuses matières premières ou de produits importés de l’autre bout du monde allait augmenter dans des proportions considérables.

On avait vu aussi dans quelle dépendance se trouvaient les entreprises françaises vis-à-vis de l’étranger, en constatant qu’elles devaient brutalement faire face à des pénuries de pièces et de composants dont dépendait leur propre production. C’était par exemple le cas des semi-conducteurs dont l’absence bloquait la production finale et complète des véhicules automobiles.

La première des explications, qui est avancée par les intéressés et les économistes, est que puisque la demande est supérieure à l’offre, les prix à la consommation des biens augmentent. Mais pour certaines matières premières qui se trouvent en stocks depuis plusieurs mois, une seconde explication est que l’on joue sur la « peur de manquer » et surtout sur la peur du consommateur, pour anticiper les hausses plusieurs mois à l’avance.

Et puis, le 24 février, le conflit militaire s’est invité dans le monde européen déjà ébranlé, et les effets de la guerre se sont progressivement répercutés sur les économies du monde entier. Tout ce que fournissaient alors les « greniers » russes et ukrainiennes ont cessé de se déverser sur les marchés. Certaines productions, fort justement, du fait des sanctions décidées contre les intérêts des dirigeants et oligarques russes, et d’autres du fait de l’impossibilité pour l’Ukraine, soit de les exporter, notamment les céréales, soit tout simplement de cultiver des terres livrées aux combats ou minées par les soldats d’occupation.

Parallèlement, la très forte demande en énergie au niveau mondial, et notamment de la part des grands consommateurs que sont les pays asiatiques, ont entraîné une hausse importante des prix du gaz, du pétrole et de l’électricité. L’inflation est désormais un fait acquis.

En plus des carburants dont les prix ont explosé parallèlement à ceux du pétrole et du gaz, les aliments de première nécessité ne cessent de voir leur prix s’envoler. Certains pays sont déjà en situation de pénurie, pour l’huile alimentaire, le riz ou le blé. C’est précisément le cas des pays du Maghreb, mais la France ou l’Italie sont sur la même voie, comme bientôt l’Europe entière et tout le bassin méditerranéen.

Selon les dernières données publiées par l’Insee, après une hausse de 3,6 % en février 2022, les prix à la consommation ont progressé en mars de 4,5 % sur un an, ce qui constitue un record par rapport aux chiffres des années 1980. L’Insee estime que « cette hausse […] résulterait d’une accélération des prix de l’énergie, de l’alimentation et, dans une moindre mesure, des services ». Si cette tendance devait être confirmée à la mi-avril, un nouveau montant du Smic devrait être calculé pour s’appliquer dès le mois de mai.

Un plan de résilience

Les mesure prises par l’État à la suite de la crise de la COVID se sont révélées insuffisantes et le gouvernement, qui envisageait une reprise forte dès les premiers mois de 2022 mais n’avait pas imaginé la survenance du conflit en Ukraine, a été forcé d’élaborer le 16 mars 2022 un plan de résilience qui s’adresse à tous les Français, particuliers comme professionnels et qui prévoit différentes mesures de soutien financier pour faire face à la hausse des prix de l’énergie et de l’essence.

La principale de ces mesures, aux yeux des citoyens français qui ont tous le souvenir des revendications de Gilets Jaunes de 2018, aura été la mise en place d’une « remise carburant » destinées aux particuliers et aux professionnels, et applicable entre le 1er avril et le 31 juillet, période qui se révélera sans doute un peu courte. La remise qui est, au global, de 15 centimes d’euros HT par litre pour les essences et gazoles, s’appliquent directement sur les prix payés à la pompe. Des soutiens ciblés sont aussi prévus pour soutenir les secteurs les plus exposés et les entreprises exportatrices comme la pêche, l’agriculture, le BTP ou les transports, mais ces aides risquent de disparaître à la même échéance.

La fin de cette aide qui surviendra donc au milieu de l’été risque de créer les conditions nécessaires à une explosion sociale incontrôlable. On s’en souvient, cette mesure a été prise alors que le mécontentement touchait un large public, les ménages à faible revenu, et toutes les personnes qui vivent à l’écart des villes dans des zones mal desservies par les transports publics ou dans les zones rurales, et tous ceux dont le métier, agriculteurs, pêcheurs, artisans et transporteurs, etc. est conditionné par l’utilisation d’un engin motorisé, quel qu’il soit.

Il faut cependant préciser que, parmi les mesures intégrées au plan de résilience, le gouvernement a créé un portail unique de contact pour les entreprises, afin de les informer sur les dispositifs adaptés à leur situation, et de les orienter vers les interlocuteurs appropriés.

De même, cette fois dans le but de soutenir les exportations et de garantir la disponibilité de couvertures d’assurance-crédit pour les échanges commerciaux, d’autres mesures ont été décidées, comme le maintien du dispositif Cap Francexport au-delà du 31 mars 2022, le chèque relance export et le chèque VIE, destinés aux PME-ETI, dont les modalités sont assouplies et prolongées jusqu’à la fin de l’année 2022, mais dans la limite des crédits disponibles.

Pour les particuliers et les entreprises touchés par l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité, il est prévu de mettre en place une mesure d’urgence temporaire, ciblée et plafonnée, mais dont la mise en œuvre, pour la période allant du 1er mars au 31 décembre 2022, sera opérationnelle « dès que possible ». Elle prendrait, dit-on, la forme de subventions qui bénéficieraient aux entreprises dont les dépenses de gaz et d’électricité représentent une part élevée des charges (au moins 3 % du chiffre d’affaires) et qui deviendraient déficitaires en 2022 à cause du fait du renchérissement de leurs dépenses en énergie.

Par ailleurs, dans le cadre spécifique des relations que les entreprises françaises peuvent avoir avec des interlocuteurs russes, biélorusses ou ukrainiens, l’exécutif a fait un appel à manifestation d’intérêt pour sécuriser l’approvisionnement en intrants critiques, dénommé « AMI, Intrants, dépendance russe, biélorusse ou ukrainienne ». Ce mécanisme est censé permettre de pallier les principales difficultés d’approvisionnement des industries nationales auprès de fournisseurs établis dans ces trois pays. Ouvert jusqu’au 30 janvier 2024 l’AMI accompagnera sous forme de subventions et/ou d’avances remboursables, des projets visant à soutenir les volumes et des qualités d’approvisionnement d’envergure. Selon la communication gouvernementale, « le cahier des charges est disponible sur le site de Bpifrance ».

Enfin, et avec l’objectif de faciliter le financement du besoin en fonds de roulements des entreprises, plusieurs des dispositifs publics de soutien à la trésorerie vont évoluer et être renforcés, comme le Prêt garanti par l’État (PGE). Le prêt « croissance industrie » sera ouvert aux entreprises du BTP, et le prêt « croissance relance » sera ré-abondé. Les prêts bonifiés de l’État pourront être accordés jusqu’à la fin de l’année 2022. Les possibilités de recours à l’activité partielle de longue durée (APLD) sont quant à elles prolongées, tandis que le recours au report ou facilités de paiement des obligations sociales et fiscales sera facilité.

Au-delà de ces mesures de soutien, l’exécutif aurait tout intérêt à se rendre compte que la politique menée par les différentes majorités depuis les 30 Glorieuses, inspirée de façon évidente par les lobbys financiers en recherche de profit, a considérablement affaibli la France, en lui faisant perdre ce qu’on appelait autrefois ses fleurons.

Il existait, en d’autres temps en France, des industries de pointe, qu’on a en partie ou totalement, perdues, comme la sidérurgie ou l’informatique de pointe. Il en reste toutefois qu’il faut protéger et développer. J’ai cité la question des semi-conducteurs. S’il est vrai que pour le matériel le plus simple, la technologie a été vendue et abandonnée aux pays asiatiques dont la main d’oeuvre à bon marché concurrençait trop la production française, il reste, dans ce domaine, des sociétés d’excellence qui montrent à quel point les forces vives de notre pays sont en mesure de s’imposer au niveau mondial.

On peut ainsi citer l’exemple de STMicrolectrocnics, multinationale franco-italienne qui conçoit, fabrique et commercialise des semi-conducteurs et qui est l’un des tout premiers acteurs mondiaux du secteur. L’entreprise s’est, dans la dernière décennie, recentrée sur les applications industrielles plus pointues, notamment pour le secteur de l’automobile.

Autres forces vives de notre pays, celles de notre agriculture ! Longtemps cette activité a permis l’autosuffisance de la France en matière d’alimentation. Mais si la construction européenne a pu apporter une stabilité économique et monétaire ou contribuer à pacifier les relations entre les États-membres, la mise en œuvre administrative jacobine de la politique agricole commune (PAC) a été une catastrophe pour l’agriculture française. Les orientations qui ont été données ont poussé les paysans à s’endetter lourdement en matériel, les politiques de prix de Bruxelles et surtout le rôle « coûteux » des intermédiaires les ont contraints à produire à perte, c’est-à-dire à devoir vendre à des prix inférieurs à leurs prix de revient. Ce qui a conduit le monde agricole au bord de la misère et du désespoir dans de nombreuses exploitations, et ce qui a suscité bon nombre de paysans à mettre fin à leurs jours.

Il faut redynamiser ce secteur, produire « français », privilégier les productions locales en proximité avec les consommateurs et supprimer les intermédiaires inutiles. Finalement, la problématique est toujours la même. La valeur centrale est la valeur « travail », et quand on y déroge, c’est agir à courte vue sur l’avenir. Fabriquer, produire ou cultiver à moindre coût à l’autre bout du monde, cela génère temporairement des profits. Si l’on prend en compte la qualité de la production, les bénéfices des intermédiaires et les coûts de transport, cela cesse d’être rentable, cela devient économiquement et écologiquement hors de prix.

Il faut donc, je le répète, effectivement produire français !

L’inflation va longuement impacter le niveau de vie des Français

Malgré ces mesures qui ont le mérite, mais aussi l’inconvénient d’avoir été mises en place à la hâte et dans le contexte assez particulier de la campagne pour l’élection présidentielle, on peut s’attendre, pour demain, voire après-demain, à des dégâts et à la montée inexorable des populismes ! D’autant plus, à la lumière des résultats du premier tour de cette élection, quand on fait le constat de la partition du paysage politique en trois groupes quasiment égaux, un centre mal défini entre les deux extrêmes, et la disparition des mouvements politiques qui ont gouverné la France depuis le début de la Cinquième République. Cette partition et cette attirance des électeurs pour des partis réputés extrémistes ou populistes, sont révélatrices de l’état d’esprit des citoyens, partagés entre l’indifférence, la déception et la colère.

De toute évidence, le jugement est d’ores et déjà sévère. À en croire les sondages, les partis de gouvernement ont failli et n’entraînent plus l’adhésion des électeurs qui les jugent incompétents ou, à tout le moins, incapables de répondre à leurs aspirations. Les Français ont fait confiance depuis des décennies à des élus dont ils doutent, aujourd’hui, de la capacité à travailler au bien commun. En conséquence, ils en viennent à douter de la réalité de la démocratie telle qu’elle est actuellement mise en oeuvre. Pour beaucoup, le constat est tranché : le pacte social a été trahi, le contrat social a été déchiré !

Le niveau de l’abstention, l’absence de prise en compte des votes blancs, le manque de proportionnalité dans le résultat des scrutins locaux, par exemple, inclinent les électeurs à adopter des réactions extrêmes, comme le désintérêt ou la violence.

Le résultat du 2nd tour de l’élection présidentielle, le 24 avril, sera révélateur de l’indécision des Français, et l’on s’interrogera sur les forces dont disposera le nouvel exécutif, surtout après les législatives à venir, pour développer et mettre en œuvre un programme cohérent. Les oppositions qui se sont manifestées dans tous les sens durant la campagne, et la division en trois blocs d’importance similaire, identifiée à l’issue du premier tour, persistera.

La France, fille de la démocratie ne risque-t-elle pas de devenir une nation instable tiraillée et déchirée entre les populismes de droite et de gauche ? Parallèlement, demeurer par précaution dans un immobilisme périlleux, ne serait sans doute pas non plus une bonne solution.

Il va falloir réagir, et cette question est essentielle !

Elle l’est d’autant plus quand l’Europe assiste, hésitante, aux exterminations perpétrées à ses frontières, et qu’elle ressent, dans quasiment toute l’Union à la flambée de l’inflation ! C’est ainsi que la Belgique, pourtant solide et prudente, affiche en mars 2022 une inflation annuelle de 8,31 %, l’Italie de plus de 6,00 %, l’Espagne de 9, % et l’Allemagne de 7,3 %.

La hausse généralisée des prix des biens et services, au cours des derniers mois et sur les mois à venir va longuement impacter le niveau de vie des Français et se traduire par une baisse du pouvoir d’achat. Au global, en France, l’inflation suit un chemin pour le moment un peu moins dramatique que celui des autres européens en affichant un taux annuel de 4,3 %. On sait que le taux d’inflation est calculé chaque mois par l’Insee sur la base de regroupements conjoncturels intégrant divers produits. À la fin de chaque trimestre, l’Insee peut en déduire si les conditions sont réunies pour que le gouvernement décide d’une augmentation du Smic. C’est ainsi qu’à l’issue du 1er trimestre de l’année 2022, le taux retenu va entraîner une hausse du Smic de 2,65 % au 1er mai, soit une hausse de 34 € net. Pour un temps plein, le Smic mensuel s’établira à 1 645,58 € brut, et à 1 302,64 € en net. Le Smic horaire brut passera à 10,85 euros. Il convient de rappeler qu’après la hausse de 0,9 % en octobre, déjà due à l’inflation, ce qui aboutit pour un an (de mai 2021 à mai 2022), à une augmentation de 5,9 %.

En février 2022, comme tout le monde l’a constaté dans les stations-services, c’est l’énergie qui a le plus augmenté et contribué ainsi à la hausse de l’inflation, la variation positive se situant ainsi à 21,1% sur un an. En dehors des produits et des services liés à la santé, on a parallèlement assisté à une augmentation généralisée des prix, et c’est la hausse des prix de l’alimentation (entre 2 % et 5 % dès février 2022), qui va le plus vulnérabiliser les ménages français. Et ce secteur va continuer de souffrir en subissant progressivement les effets de la guerre en Ukraine, les prévisions de hausse étant alarmistes du fait de l’importance de l’Ukraine et de la Russie dans la production et la distribution de matières premières alimentaires

Les ménages devront aussi s’attendre à des hausses importantes dans les deux secteurs de l’habillement (+ 6,3 % en février) et des transports (+ 6,1 % à la même date). La restauration n’échappera pas à cette tendance haussière (2,7 % sur un an en février 2022) ou dans l’hébergement (+5,2 % sur un an).

Le ou la prochain(e) président(e) de la République va devoir trouver des solutions. À défaut, on ne peut pas exclure l’explosion de situations conflictuelles, de manifestations violentes et de revendications multiples. Et ces colères sociales naitront tout autant chez les citoyens que dans les PME face au renchérissement de la vie quotidienne et des matières premières. Le gouvernement pourra sans doute compter sur la Banque centrale européenne qui cherche déjà des solutions pour éviter le trop fort impact de l’inflation ou des risques de récession liée à la guerre en Ukraine.

La BCE tente de fédérer les États européens pour donner une réponse unitaire à la crise monétaire qui se profile et pour trancher dans les désaccords entre les responsables de la politique monétaire. Face aux conséquences économiques incertaines de l’invasion russe, les gardiens de l’euro sont restés jusqu’à présent prudents, mais partagés entre les partisans d’un resserrement monétaire rapide pour tenter de juguler la flambée de prix, et ceux qui craignent qu’un retrait des soutiens ne fragilise la croissance plus que chancelante. Si la BCE est actuellement dans une position attentiste, les autres grandes banques centrales ont généralement décidé d’augmenter les taux d’intérêt, comme c’est le cas pour la banque centrale américaine (Fed), qui a augmenté en mars d’un quart de point (0,25 %) son taux directeur.

De son côté, le Conseil des gouverneurs avait décidé de réduire son intervention sur les marchés et de cesser progressivement de racheter les dettes des banques centrales, ce qui permettait d’injecter des milliards € dans l’économie. Mais, depuis lors, l’inflation en zone euro s’est installée et a atteint 7,5 % en mars 2022, ce qui est très loin de l’objectif de 2 % qui avait été espéré. La hausse des taux par la BCE est donc inéluctable, le crédit va coûter plus cher.

Il ne faut pas oublier que les espoirs de reprise post COVID ont été abandonnés dès la déclaration de guerre de la Russie contre l’Ukraine. La position de la France, notamment de son président lors du quinquennat qui s’achève, le « quoi qu’il en coûte », a creusé les déficits de façon vertigineuse. Le montant total estimé par Bercy pour l’ensemble de ces aides s’élève aujourd’hui à 240 milliards d’euros. Cette somme se décompose en subventions, pour 1/3 du montant total et en prêts pour les 2/3 restants (mais qu’il faudra donc rembourser).

Le prévisible et le possible

Dans ce contexte, le gouvernement attendait beaucoup de la relance économique pour que les prêts soient remboursés aisément par les entreprises concernées. De ce fait, pour le gouvernement, qui est en fin d’exercice, il est clair qu’une intervention trop rapide de la BCE dans le but de remonter les taux serait « risquée ». Mais la BCE récuse les critiques l’accusant de laxisme face à l’inflation. Elle estime que la hausse des prix est avant tout due aux coûts élevés de l’énergie et aux problèmes d’approvisionnement suscités par la guerre en Ukraine.

Plusieurs pays dont la France, l’Allemagne ou l’Espagne ont d’ores et déjà annoncé des aides aux ménages et aux entreprises, afin d’alléger la facture énergétique que supportent ces derniers. Mais ces aides auront une date limite, août 2022. Les candidats à l’élection présidentielle se sont fait largement l’écho des problèmes que vont rencontrer les Français, du fait de l’inflation qui ne se cache plus. Le prochain exécutif et la représentation nationale qui sortira des élections législatives prochaines, devront faire face à une situation bien plus difficile pour les Français que celle qui avait poussé les Gilets Jaunes dans la rue.

Le pouvoir d’achat est de toute évidence la principale préoccupation des Français. Les commentateurs estiment que les deux candidats encore en lice pour la présidentielle vont faire porter leur argumentation de campagne sur ce thème, avec des propositions parallèles mais divergentes et dont les coûts seront supportés par les contribuables. Mais qu’en est-il de ce que seront les lendemains de l’élection ? Les problèmes du quotidien nés de l’inflation et surtout de la hausse du prix des carburants ne seront pas solutionnés par la victoire de l’un ou de l’autre !

Les propositions tournent autour de points qui, dans l’esprit des électeurs, ne suffiront pas à apaiser leurs craintes, comme la suppression de la redevance audiovisuelle ou l’allègement des droits de succession. La seule vision du compteur en euros des pompes à essence suffira à attiser leur colère. Et les débats technico-populistes sur le montant des retraites ou sur l’âge pivot contribueront un peu plus au rejet de la classe politique par une majorité de Français.

Sur la question des salaires, les propositions d’augmentation ou d’exonération de cotisations sociales sont autant de promesses qui, une fois de plus, n’auront pas d’effet à long terme sur la situation globale. Le système sur lequel nous vivons depuis 70 ans n’est plus adapté au monde actuel. Le modèle actuel du capitalisme est dépassé.

Conclusion

Comme je l’ai déjà écrit dans de nombreux articles, il faut une volonté politique, non pas pour décider de petits « pansements » sur les plaies vives du monde, mais pour s’engager sur la voie d’un capitalisme équitable dont les enjeux sont les suivants :

Une plus juste répartition des fruits du travail et donc des richesses produites par la vie économique du pays.

Une politique écologique affirmée doit être mise en œuvre pour sauver l’avenir de la planète en travaillant sur l’indépendance énergétique.

Une résolution ferme à prendre pour mettre fin à la guerre en Ukraine et empêcher à l’avenir toute agression criminelle de ce genre.

Un engagement assuré de relancer la production agroalimentaire hexagonale sans diktat de l’Europe

Le soutien avéré aux développements des « nouveaux métiers » qui vont « émerger » dans le secteur du digital.

Une politique de formation adaptée aux enjeux réels des prochaines décennies.

La mise en place d’un vrai plan stratégique de développement du pays avec l’aide des acteurs économiques, ceux qui créent de la richesse.

Une politique fiscale et sociale attractive pour conserver « nos talents ».

Bernard Chaussegros

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

8 − sept =