Par Mélanie Taverny, Antoine Avet et Vincent Lopes de digital.security

Tribune. La 5G va représenter un véritable essor pour l’Internet des Objets (IoT). Les connexions seront plus rapides (faible latence), les capacités de transferts de données plus élevées et plusieurs appareils pourront être pris en charge au même endroit. Alors que le cabinet IDC prévoit 1,01 milliards de connexions 5G dans le monde en 2023, les chercheurs en données de l’industrie mobile à la GSMA, prévoient que les connexions IoT atteindront 25 milliards d’ici 2025, soit le double de 2019. Réelle opportunité pour les entreprises, la 5G apportera d’importantes possibilités de diversification de services grâce à l’IoT. De plus, selon ces mêmes chercheurs, les connexions IoT d’entreprise vont dépasser celles du grand public avec 13,3 milliards de connexions d’ici à 2024. 

L’évolution et la fiabilité du réseau 5G haute vitesse seront poussées et exploitées par les solutions IoT d’entreprise, à l’image de l’Internet des objets industriels (IIoT), le secteur de l’e-santé et de la télémédecine ; mais également celui de véhicules et des villes intelligentes qui s’appuient déjà sur des réseaux haut débits révolutionnant les industries actuelles. L’un des moteurs de croissance de l’IoT sera désormais concentré sur l’hyperconnectivité des nouvelles industries capables d’offrir des services IoT. La technologie 5G aura donc un rôle transversal, car elle sera capable d’augmenter les revenus de la connectivité des appareils IoT et des logiciels et services (notamment sur les périodes de provision).  Enfin, elle fournira une interconnectivité entre les machines, les matériaux et les personnes. En résumé, la productivité augmentera, la disponibilité des stocks pourra être améliorée et la chaîne d’approvisionnement sécurisée. En résultera une meilleure optimisation des activités industrielles « en extérieur » avec une communication en haut débit et une plus faible consommation d’énergie. Le secteur automobile utilise déjà la 5G à l’image d’Audi ou de BMW Brilliance Automotive en Chine, qui équipe ses usines d’une couverture 5G.

Principale thématique du Mobile World Congress de 2019, la 5G et le déploiement IoT est encore aujourd’hui au cœur de toutes les capitalisations. L’arrivée de la 5G est suivie de près par les industriels qui utilisent déjà l’IoT. Ericsson prévoit 4,5 milliards de connexions en longue portée, dont 4,1 avec le cellulaire 5G pour 2024. L’équipementier suédois a par exemple mené des tests en Allemagne sur la conception de rotors d’avion. Il a mis en avant le besoin de travailler avec une technologie de communication cellulaire en continu pour détecter la moindre vibration sur les pales dans le processus de fabrication, au risque de les abîmer.

Les nouveaux marchés 5G pour l’internet des objets : quelles opportunités ?

Le cabinet Gartner prédit qu’en 2023, les caméras de surveillance extérieures et l’industrie automobile seront les plus présentes sur le marché de l’IoT 5G. Les caméras de surveillance, installées sur des terminaux 5G (points finaux de terminaison 5G IoT) représenteront 32% du marché en 2023 et 39% pour l’automobile. Environ 15000 caméras seront déployées en 2023 par les opérateurs des villes pour assurer la sécurité des bâtiments ou le bon fonctionnement du trafic routier. Situées à l’extérieur des villes, elles nécessiteront une importante connectivité cellulaire.

L’industrie des voitures connectées va nettement offrir la meilleure opportunité pour l’IoT 5G à long terme. Elle va représenter « 53% de l’ensemble des opportunités de point de terminaison IoT 5G en 2023 ». Ici, Gartner parle de modules embarqués pour voitures connectées qui constituent le principal cas d’utilisation de la 5G. Les points de terminaison intégrés dans les voitures connectées visant les marchés commerciaux et grand public vont représenter 19,1 millions d’unités sur un total de 25,9 millions de points de terminaison 5G dans le secteur automobile en 2023. De plus, ces voitures seront activement connectées à un service 5G, utilisé pour les communications cellulaires V2X permettant d’envoyer et de recevoir des messages depuis le véhicule, mais également de communiquer avec les infrastructures et les piétons.

Avec la multiplication des capteurs et caméras de surveillance, les villes intelligentes représenteront un marché conséquent pour les solutions de l’Internet des Objets 5G. Les bâtiments, le trafic routier et l’environnement de travail sont des sujets primordiaux du fait de la croissance démographique des métropoles. Les réseaux 5G offriront une qualité de service requise pour des flux vidéo en temps réel (vidéo haute résolution 4K et 8K) avec une large bande passante. Les villes aspirent également à devenir plus « intelligentes » pour répondre aux besoins des citoyens, qu’il s’agisse d’éco mobilité et d’une meilleure protection civile. La 5G apparaît comme un appui à la sécurisation des villes. À ce titre, la ville de Los Angeles a déployé des caméras thermiques capables de détecter les incendies. Le déploiement de tels réseaux connectés en centre urbain répond à la volonté de collecter davantage de données pour une meilleure sécurisation des villes.

La 5G : quels impacts pour la cybersécurité de l’internet des objets ?

Avec l’avènement de la 5G, le nombre de données contenues dans les capteurs IoT sera multiplié (79,4 zettaoctets de données générées en 2025 selon IDC), au risque de voir les cyberattaques contre ces dernières augmenter. Parmi les appareils les plus ciblés, on note, les caméras connectées, les assistants vocaux et les routeurs. À l’origine de cette augmentation des données et d’informations dites « sensorielles », les capteurs situés dans les objets connectés et les communications Machine to Machine (M2M).

À quels risques peut donc s’exposer l’Internet des Objets avec l’arrivée de la 5G ?

  • Les fuites de données > au vu des grandes quantités de données sensibles collectées et échangées ;
  • Les attaques par Déni de service > notamment contre les mécanismes de sécurité CSP (Content Security Policy) ;
  • La compromission des systèmes de contrôle industriels (ICS) > pour pirater les réseaux et les actifs informatiques ;
  • La panne d’un système logistique industriel > compromission d’un objet connecté au cœur d’une chaîne logistique ;
  • La paralysie d’une ville > compromission du système de chauffage connecté des bâtiments dans l’optique de faire tomber l’alimentation électrique.  

Ces risques auxquels pourra être exposé l’IoT avec l’arrivée de la 5G sont déjà considérés comme des risques majeurs. Seulement, la 5G augmentera les capacités de stockage de données avec un transfert en haut débit et favorisera à son tour ces risques ainsi que leurs répercussions sur les objets connectés, davantage exploités par les industriels et prisés par le grand public. 

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