Ils font renaître un fleuron du textile français. Fondé en 1942, Fusalp a connu ses heures de gloire au moment des JO de Grenoble, en 1968. Rachetée en 2014 par Sophie Lacoste-Dournel et Philippe Lacoste, la célèbre marque de vêtements de ski se lance à l’assaut de Moncler et du sportswear chic.

pouse de Philippe Lacoste, actionnaire de la célèbre griffe à l’emblème du crocodile, qui a racheté Fusalp en 2014 avec sa sœur Sophie Lacoste-Dournel,

Mathilde Lacoste, diplômée en stylisme et design textile de l’Ecole des Arts Appliqués Duperré, a travaillé pendant 20 ans chez Lacoste SA en tant que responsable des tendances et du développement de tous les produits Lacoste, ainsi que du lancement des nouvelles licences pour les services marketing et développement. Elle a également été en charge de la gamme couleur de la marque, notamment de celle des polos. Rejoignant Fusalp au poste de directrice artistique, elle a depuis tout mis en œuvre pour relancer et moderniser la griffe historique. Et ses efforts ont porté leurs fruits.

S’inspirer d’un héritage

Fondée en 1952 à Annecy par deux tailleurs annéciens, Fusalp a toujours développé des produits innovants dédiés au ski en profitant des savoir-faire de la haute couture. La maîtrise de la coupe est au cœur de ce savoir-faire unique qui a révolutionné le vêtement de ski et le fuseau à partir des années 50. Partenaire de l’équipe de France olympique de 1964 à 1972, Fusalp a été témoin de l’âge d’or du ski français. Des sœurs Goitschel à Jean-Claude Killy, en passant par Guy Perillat, tous les grands champions de l’époque ont couru en Fusalp.

Des codes ville-montagne

Avec pour philosophie de relancer Fusalp en s’inspirant de son héritage, Mathilde Lacoste explique : « Je n’invente rien, je pars du message que la marque véhicule. Il y a chez Fusalp un discours de forme et une énergie graphique très spécifiques qui s’expriment à travers une silhouette, une coupe, des couleurs, des vêtements conçus pour un corps en mouvement, pour la vitesse. » La directrice artistique, pour qui l’usage du vêtement et la technicité sont sources de créativité, importe les codes de la ville à la montagne et les codes de la montagne à la ville. Car lorsque Sophie et Philippe Lacoste ont racheté la marque Fusalp, leur objectif a clairement été énoncé : « reconstruire une collection en accentuant nos efforts sur la gamme de prix entre 500 et 1 000 euros, quasiment absente de l’offre Fusalp aujourd’hui, tout en créant une collection qui s’aventure vers l’après-ski. »

A l’assaut du prêt-à-porter

Leurs différentes collections depuis la reprise s’appuient sur un style à la française propre à Fusalp pour créer une silhouette dessinée et élégante : sur les pistes comme à la ville, des pièces contemporaines et fonctionnelles à l’image de la marque. Et quand on demande à Mathilde Lacoste pourquoi lancer une marque de ski sur le marché du prêt-à-porter, elle répond : « C’est dans l’air du temps. Aujourd’hui, les gens doivent s’habiller rapidement mais veulent quand même avoir de l’allure. »

Combiner mode et sport

Comme chez Lacoste, Fusalp a donc pour stratégie de combiner mode et sport. Ce qui fait dire à sa directrice artistique : « Il y a en effet cette philosophie commune de transposer l’univers du sport à d’autres domaines de la vie. Et dans notre famille, nous avons toujours eu un fort attachement à tous les sport, pas seulement le ski ou le tennis. Mes filles font de l’équitation et de l’escrime. Moi j’aime bien nager, sans pour autant avoir besoin de «performer». Il faut toujours garder la notion de plaisir. » Les résultats de cette reconquête sont payants, puisque grâce à la famille Lacoste, le chiffre d’affaires de Fusalp est passé de 6 millions en 2014 à 16,5 millions d’euros fin 2018, avec une fabrication de nouveau européenne à 50%, de nouvelles boutiques en France et en Suisse et des exportations en Corée et en Chine. De quoi propulser de nouveau Fusalp aux sommets.

I.N.

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