Aujourd’hui, 11 millions de Français s’occupent d’un proche en situation de handicap, de perte d’autonomie ou d’une personne atteinte de maladie chronique. Ce sont les aidants. Si leurs profils sont divers, les problématiques que rencontrent cette catégorie de la population sont communes : difficultés à accéder au répit, concilier vie personnelle/professionnelle et vie d’aidant, restes à charge importants ou encore santé dégradée. C’est la raison pour laquelle de plus en plus d’entreprises s’engagent pour accompagner les aidants, comme le groupe La Poste ou la société coopérative Up.

Ils sont 11 millions en France à s’occuper d’un parent dépendant ou d’un enfant handicapé. Mais alors, qui sont ces aidants familiaux ? D’après l’Orse (Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises), c’est « une personne qui vient en aide, à titre non professionnel, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage pour les activités de la vie quotidienne ». Les aidants peuvent prodiguer des soins, accompagner les démarches administratives, soutenir psychologiquement ou encore gérer les activités domestiques.

Du fait du vieillissement de la population, la hausse des maladies chroniques et l’allongement du temps de travail, les aidants familiaux sont de plus en plus nombreux. En 2030, 1 actif sur 4 sera proche aidant. Aussi, un aidant sur six consacre plus de vingt heures par semaine à son ou ses proches dans le besoin. Le sujet des aidants est donc un enjeu de société.

Si les aidants apportent un soutien indispensable aux personnes dépendantes, leur rôle peut impacter négativement leur vie professionnelle/personnelle. Ils souffrent également d’un manque de reconnaissance. Les aidants ont aussi des difficultés à accéder au répit (charge mentale importante), voient leur santé dégradée (stress, fatigue…), et subissent souvent une perte de revenu.

Dans la mesure où 50% des aidants sont des salariés, les entreprises ont un rôle crucial à jouer. Nombre d’entre elles s’engagent justement à les soutenir, comme le groupe La Poste qui, à travers unaccord social spécialement dédié à ses salariésaidants, a mis en place plusieurs dispositifs pour leur permettre de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle.

Négocié avec les syndicats, cet accord social a permis la création d’un « Fonds de solidarité aidants », 3 jours  d’absence possible par an, le recours au télétravail ou bien une souplesse sur les horaires de travail. Plus de 1 000 postiers aidants sont actuellement accompagnés.

En 2016, La Poste avait déjà développé une plateforme téléphonique dédiée aux postiers aidants, nommée « le guichet des aidants ». Elle avait également créé l’année suivante un certificat d’aidant familial donnant accès à un ensemble de prestations par La Poste pour simplifier la vie des collaborateurs.

De son côté, la société coopérative et participative Up attribue 5 jours de congé exceptionnels à ses salariés aidants en cas d’hospitalisation d’un membre de leur famille. L’entreprise accorde également l’équivalent de 3 jours supplémentaires qui peuvent être pris à la demi-journée. Les salariés peuvent aussi donner des jours pour aider leurs collègues, dans le cadre de la solidarité interne.

De plus, 90 salariés du groupe bénéficient d’un Chèque emploi service universel (Cesu) d’une valeur de 320 euros. Cette somme est destinée à tous ceux dont un proche est en situation de handicap. « Utiliser un Cesu pour financer un service de ménage ou de repassage, c’est autant de temps en plus à passer avec ses proches ou à garder pour soi afin de se préserver », précise Up.

David Delattes

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