Vladmir Poutine, président de la Russie

Tribune. Pour lamentable qu’elle soit, et elle l’est à plus d’un titre, la guerre en Ukraine ne doit pas nous faire sortir des chemins de la raison. C’est une guerre locale, évitons à toutes forces qu’elle ne devienne internationale, au premier chef européenne.

Un vent d’imbécillité commence à souffler sur le continent et ce n’est pas bon signe. Le peuple russe n’a rien à voir avec la politique menée par le chef de l’état russe, qui décide on le voit, tout seul dans le secret de son bureau que hantent les fantômes de l’histoire d’un passé révolu dont la grandeur l’obsède. C’est une guerre anachronique qui a été déclenchée par Poutine et c’est toute son atrocité. Les hommes, civils et soldats, enfants femmes et maris meurent pour rien. C’est un gâchis.

Pour autant, jeter des oeufs pourris sur la porte de la cathédrale russe de Paris ou taguer ses murs n’est pas autre chose que du vandalisme teinté de stupidité.

On parle d’interdire l’usage de la lettre Z ? Au fou ! Il faut au  contraire manifester notre amitié aux peuples plutôt que les pousser tel le chat dans le coin de la pièce. La politique des sanctions est idiote, improductive et belligère. Que veut on à la fin ? Faire baisser la tension ou provoquer une nouvelle guerre froide ? Nous n’en serons pas les profiteurs mais hélas les débiteurs c’est à dire les payeurs. Le mécanisme catoblepastesque qui se met en place est destructeur de l’Europe.  Qui le voit ?

Quelques excités continuent à se pavaner à la télévision, accumulant d’années en années les conseils mortifères depuis les guerre de Libye, du Kosovo et de Yougoslavie. Ils ne faut pas les suivre. La litanie des bons conseils ne vise qu’à chauffer les esprits. Elle est là l’outrance, car comme le chantait Georges Brassens, la vie est à peu près notre seul luxe ici bas.

Il y a peu de Lord Byron allant mourir vraiment  pour la liberté grecque à Missolonghi  mais beaucoup de bateleurs appelant à faire mourir les autres. La morale redouble pourtant sur tous les canaux, on ne s’entend plus pleurer. Elle est là la honte véritable et pas chez ceux qui prêchent la modération et la désescalade.  C’est pourtant ce dont le monde a besoin, en place des illuminés déchirant en public les livres de Soljenitsyne, qui, n’en déplaise aux crétins de toutes sortes reste un génie littéraire indiscutable. Entre prendre le risque de dire le vrai et jeter des tomates sur des paroissiens sortant de l’office il y a, c’est vrai, une différence qui s’appelle le courage. Je dirai même l’honneur. La passion est un diable, et malheureusement pour le monde, c’est un diable idiot. Il faut que la guerre s’arrête, c’est sûr. Il faut des négociations, il faut des compromis, si douloureux soient-ils. Couper l’Europe en deux serait une grave erreur. Après Waterloo, les pays belligérants ont repris la vie commune. C’est ce qui doit prévaloir : la vie.

J’ajouterais ceci à titre de comparaison, sans vouloir que cela ne soit interprété comme une leçon donnée à quiconque, quand on entend certains citer Churchill avec plus de légèreté et d’approximation que de réalité dans leur commentaire : quand en 1815 les anglais, les russes et les autrichiens sont entrés dans Paris, où Napoléon vaincu s’était retiré, Fouché, demeuré le chef des jacobins proposa à l’Empereur de soulever la ville pour organiser la guérilla. Napoléon refusa tout net : « La guerre c’est pour les soldats ». Le grand homme  épargna le sang des parisiens et  Fouché déconfit s’empressa de rejoindre son complice Talleyrand pour offrir au vainqueur leur double collaboration. C’est l’exemple qui me vient à l’esprit.

On ne se lassera pas de le répéter : tout le monde n’est pas Napoleon, n’en déplaise aux wokistes.

Il faut le dire, la télévision nous passe la guerre en boucle comme elle nous a passé le Covid. Y-a-t-il un intérêt pour chacun à l’approfondissement et l’extension de cette nouvelle technique de sidération fondée sur l ‘hypnotisme collectif ?

Dans L’amante Anglaise, pièce de Marguerite Duras, un des protagonistes de la scène jette une télévision dans un puits. On se prend à rêver au bénéfice qui pourrait en résulter pour apaiser le monde. 

L’escroc du scandale de Panama, le fameux Cornelius Hertz avait commencé sa carrière comme guérisseur. Déjà au fait des techniques de la persuasion, il avait ingénié une thérapeutique d’endormissement et de suggestion à base de petits coups de marteau inlassablement frappés sur le front de ses victimes. 

Nous y sommes, ne trouvez-vous pas?

Maintenant allons voter !

Jean-François Marchi

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