Le financement, un enjeu clé pour les biotechnologies

Particulièrement dans la recherche médicale, cela a bien été rappelé lors de l’épisode du Covid-19 en 2020. Cependant, l’innovation dans ce domaine nécessite du temps et d’importants investissements, ce qui affecte les modèles économiques de l’industrie. Jacques Gardette, entrepreneur spécialiste du secteur, est interviewé. Récemment, il a fait l’actualité récemment en vendant Biocorp à Novo Nordisk pour 153M€. Il est également le Président fondateur de Brenus Pharma, une start-up biotech axée sur le développement de vaccins thérapeutiques contre le cancer.

Si tout le monde connaît l’importance de la Biotech, le fonctionnement économique du secteur reste méconnu…

J.G. : « Le secteur est composé d’une multitude d’acteurs, publics et privés, regroupés en trois ensembles. Les start-ups, telles que Brenus Pharma, se consacrent à l’innovation et aux premières phases de test. Des acteurs plus importants les accompagnent ensuite lors de phases de test plus poussées, en apportant des ressources qu’elles ne peuvent mobiliser. Enfin, les grands laboratoires, qui interviennent souvent en bout de chaine, lors de la commercialisation et de l’industrialisation, ils adoptent des solutions stratégies innovantes différentes avec leurs incubateurs et par des partenariats de recherche ou acquisitions qui viennent concrétiser les recherches en amont. »

Quelles sont les problématiques auxquelles sont confrontés les acteurs de la biotech ?

J.G. : « Effectivement il y a des contraintes règlementaires importantes car liées à la santé des individus et les développements longs de la recherche peuvent parfois être infructueux. C’est pourquoi les grands laboratoires consacrent peu de ressources à l’innovation interne. D’un point de vue financier, il est plus rentable de racheter une start-up qui a un produit prometteur que de supporter le coût total de l’innovation et le risque associé. Les laboratoires restent des entreprises, qui ont pour obligation de générer des profits. Les start-ups n’ont pas vocations à réaliser des profits mais soutiennent le développement d’innovations émergentes. Elles sont, souvent, souvent rachetées avant que le financement de la recherche clinique ne devienne trop lourd, l’exemple de BIOCROP peut l’illustrer. Les exemples de start-up réussissant à se développer massivement, comme BioNTech, sont très rares. D’autres acteurs peuvent accompagner les startups, comme des fonds d’investissements spécialisés, parfois suivis par des Family offices, et l’enjeu est de les convaincre de la pertinence ─ et des perspectives ─ des recherches en cours. Certains dispositifs étatiques, comme BPI ou les crédits impôts recherche, jouent également un rôle important dans le soutien à l’innovation. »

BioNTech s’est justement fait connaître par une approche innovante sur les vaccins. Qu’en est-il de Brenus Pharma ?

J.G. : « Nous travaillons sur des vaccins à visée thérapeutique pour le traitement de plusieurs cancers. Ces vaccins thérapeutiques vont permettre au système immunitaire d’anticiper les mécanismes de rechute du cancer et de rendre plus efficace les traitements existants. Cela répond à un besoin médical de masse (progression et rechutes des tumeurs solides) qui n’est pas couvert actuellement ; et nous échangeons continuellement avec les médecins et scientifiques experts du domaine. Nos premiers résultats sont très prometteurs nous laissant entrevoir un potentiel important pour cette approche. Nous échangeons actuellement avec les instances réglementaires pour anticiper notre premier essai clinique chez l’Homme en 2024. »

Site : www.brenus-pharma.com

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