La chronique économique hebdomadaire de Bernard CHAUSSEGROS

Pour reprendre le fil de ma chronique précédente, je reviens sur les récents propos malheureux ou mal interprétés du président de la République, analyse un peu « dure » de la situation actuelle de notre pays, qui a, d’ailleurs, été reprise et confirmée par la première ministre, sur la fin de « l’abondance ».

Certaines affirmations sont révélatrices : « Je crois, pour ma part, que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l’ordre d’une grande bascule ou d’un grand bouleversement ! » avant de parler de « la fin de l’abondance » ! Et d’ajouter que cette « fin des évidences » est également « la fin de l’insouciance ».

Les communicants professionnels ont tout fait pour atténuer les effets négatifs de cette diatribe. En effet, et de toute évidence, la question de l’abondance ou le sentiment d’insouciance concernent peu la très grande majorité des Français, les classes les plus pauvres par exemple, mais également les classes moyennes où, paraît-il, « on est riches dès lors que l’on gagne 4.000 euros par mois ». Nos concitoyens ne sont guère insouciants car ils sont désormais surtout préoccupés par les hausses de prix vertigineuses dont ils subissent déjà les conséquences et par celles qu’ils s’attendent à subir dès les premiers froids.

La France, doit faire face à un ensemble de défis et non des moindres ! Outre l’environnement et les conséquences écologiques que j’ai développé la semaine dernière, il va falloir relever le défi alimentaire, le défi économique, le défi culturel, ainsi que le défi structurel ou organisationnel, sujets qui feront tous l’objet d’une chronique spécifique.

Mais commençons par le défi alimentaire, car la politique du chariot « vide » entrainera nécessairement des réactions du type « Gilets jaunes ». Doit-on se préparer à un 2ème mai 1968 ? ou une prise de la Bastille ?

La France se relèvera, je n’en doute pas, mais ce ne sera pas par l’action de ceux qui sont censés nous guider, et qui, dans le droit fil de tous les exécutifs qui ont gouverné la France depuis cinquante ans, nous laissent on ne peut plus perplexes.

Réduire les déplacements des entrepreneurs possédants un jet privé, est-ce la mesure « phare » à imposer lorsqu’un pays est au bord de l’implosion sociale ? Que le « peuple » en soit à se demander s’il pourra « remplir son frigo » pour nourrir « ses enfants ». Ces enfants, ce sont ceux de la République, et non ceux de cette « Monarchie » déguisée, de cette « minorité » qui dirige une « majorité ». L’histoire montre que cela finit généralement très mal !

À défaut de s’appuyer sur des acteurs politiques, la France ne trouvera la force de répondre à ces enjeux que par l’énergie de ses citoyens et de ses entrepreneurs. Il faut le dire, nous en avons la capacité, avec nos « ressources », même si elles restent certes bien faibles, nos savoir-faire, nos technologies… et notre pugnacité.

Revenons donc à notre propos, le défi alimentaire ! Il est curieux, en effet, d’observer le fossé qui sépare la qualité de l’alimentation des années 1950 de celle que nous connaissons aujourd’hui. Et quand nous entendons dire « que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l’ordre […] d’un grand bouleversement », il faut comprendre que nous devons revoir totalement la façon dont nous appréhendons la question de l’alimentation.

Cette compréhension de nos activités agricoles et de la consommation alimentaire concerne tout autant les modes de culture que le contrôle de l’origine des produits, le suivi de la transformation des produits et le modèle économique de distribution et de vente des produits transformés.

La prise en compte des contraintes écologiques

Ce que nous craignions depuis longtemps nous rattrape, les changements profonds du climat partout dans le monde nous oblige à revoir notre façon de cultiver. Et ce qui est évident dans le choix des essences d’arbre de nos forêts, afin de lutter contre la sécheresse et les incendies, l’est tout autant pour les cultures céréalières ou fourragères. On sait aussi que le réchauffement progressif de la zone tempérée dans laquelle se situe notre pays aura des impacts importants sur des cultures historiques comme les arbres fruitiers et la vigne et sur des productions ancestrales comme le vin qui ont fait la renommée de nos terroirs.

La gestion des ressources en eau, leur distribution et leur gestion au quotidien seront les sujets prégnants de demain. À titre d’exemple, les demandes importantes d’irrigation de la culture du maïs ne pourront bientôt plus être satisfaites et les producteurs devront sans doute se recentrer sur des cultures plus économes. On assiste déjà à des confrontations entre partisans et opposants de la réalisation des « cuvettes » ces réserves d’eau à ciel ouvert constituées durant les mois d’hiver par pompage des nappes phréatiques.

Certains raisonnent déjà comme si le changement climatique était inéluctable, et pourtant, les alertes n’ont pas manqué depuis des décennies. Aujourd’hui nous nous retrouvons souvent dans des situations incohérentes provoquées par les modifications subtiles du climat et des pluviométries locales. Une même quantité de pluie tombant régulièrement selon le rythme des saisons permettait de gérer la ressource et de reconstituer les nappes phréatiques, et aujourd’hui, sur des sols desséchés et craquelés, ils provoquent d’importantes érosions, des inondations catastrophiques et des drames humains injustifiables.

Il est encore temps de répondre à ces défis planétaires, pour peu que la raison triomphe de la folie de ceux qui nient l’impact écologique du réchauffement climatique. Cette analyse n’est pas nouvelle dans mes chroniques hebdomadaires. Si l’accroissement affolant de la population mondiale a de toute évidence un impact sur les phénomènes climatiques, ce sont avant tout les modèles économiques de croissance qui ont l’impact le plus sévère sur la situation de notre monde. La course aux profits, voire aux superprofits (plutôt qu’un nouvel impôt, incitons les entreprises à financer les activités « green »), ont, comme on le sait, un impact destructeur sur les ressources de la planète qui sont dépensées en totalité un peu plus tôt chaque année. La date du « dépassement » est tombée le 22 juillet cette année, ce qui fait que nous vivons à crédit sur le dos de la planète six mois par an désormais.

Il serait temps que les lobbies, tout particulièrement ceux du secteur agroalimentaire, prennent conscience de leur immense responsabilité. Mes propositions pour un capitalisme équitable, et donc responsable, reprennent ici tout leur sens !

La prise en compte des pénuries

Voilà bientôt six mois que les amateurs et gastronomes français se demandent où est passée leur moutarde « de Dijon » et même celle « de Meaux » ! Su les étals des hyper-marchés, quelques malheureux pots sont boudés par les acheteurs, sceptiques à la lecture de l’étiquette indiquant que cette « Moutarde de Dijon » est produite en Pologne.

La guerre en Ukraine, paraît-il nous priverait de notre condiment préféré ! Nous qui pensions que les plans de moutarde poussaient autour des usines bourguignonnes et venaient de la Côte d’Or ! Mais non ! Même si une petite production française persiste encore en France. Selon les professionnels du secteur, on vient de faire une première récolte plutôt abondante de graines de moutarde en Bourgogne. Le rendement serait historiquement élevé ce qui fait que les industriels envisagent un retour à la normale pour la fin de l’année 2022.

Nos chers petits pots jaunes réapparaitront sur les rayons des magasins en novembre prochain. Mais dire que la disparition de ce condiment est dû à la guerre en Ukraine est en grande partie inexact. D’abord parce que notre principal fournisseur est le Canada et que ce pays a connu quelques difficultés liées à des aléas climatiques avec sa production. Ensuite, parce que la France devrait être en mesure de satisfaire sa demande interne et être autosuffisante. Le pays ne peut que s’en prendre à lui-même et à une politique qui consistait, au temps bienheureux des transports bon marché, à faire venir d’assez loin des denrées produites moins chères ailleurs.

Produire en interne ce qui est le plus rentable et faire transporter par bateaux ce que l’on peut acheter à bas coût ailleurs, telle est la profession de foi des lobbies de l’agro-alimentaire !

Notre pays, quoiqu’on en dise, avait toujours été le jardin de l’Europe, il proposait des produits variés et de qualité, avant d’entrer dans la course mondiale effrénée de la recherche du profit et de développer, sous l’impulsion de la PAC européenne, une agriculture industrialisée et inféodée aux fournisseurs d’engrais et de produits phytosanitaires.

Rien n’empêche, à la lumière de la situation que nous connaissons désormais, de se sortir de ce bourbier économique, de quitter cette impasse qui nous mène à la ruine, ruine des exploitants, ruine des terres, ruine des valeurs humaines, ruine de nos héritages culturels !

Il faut réinventer les circuits courts

Je devrais plutôt parler des « circuits courts » qu’il faut réinventer ! Le principe sur lequel la mondialisation a pu se développer est celui de la libre circulation des biens, des services et surtout des personnes. Le coût inflationniste de l’énergie et le respect de l’environnement vont rendre inabordables les achats de biens manufacturés ou de matières premières produites à l’autre bout de l’Europe ou de l’autre côté du monde.

Je mets de côté les pays du Golfe qui n’ont rien d’autre à vendre que leur pétrole et leur gaz, et qui sont financièrement en mesure, mais aussi obligés, de se fournir partout ailleurs dans le monde, par exemple en produits alimentaires. Leur secteur agricole est confronté à la rareté de l’eau et à l’absence de sol naturel. En raison d’une production agroalimentaire limitée à quelques élevages d’ovins et de dromadaires, le Qatar a obligatoirement recours massivement aux importations pour répondre à 80 % de ses besoins alimentaires, et ce en dépit, dit-on d’investissements massifs.

Mais peut-être qu’en évoquant de lourds investissements, ne parle-t-on que de la construction de stades de football réfrigérés ou de pistes de skis indoor sur de la neige artificielle ?

Dans leur ensemble, la plupart des pays occidentaux vont devoir se recentrer sur eux-mêmes, surtout après les injonctions du président de la République et de la première ministre. Mais on peut malheureusement en douter !

Pour s’en tenir à l’Europe, on pourrait imaginer que l’idée européenne contribue progressivement à une interdépendance des échanges et d’une « solidarité » nouvelle entre des peuples très proches (en apparence) et aux origines essentiellement judéo-chrétiennes. Mais, on sait déjà depuis plusieurs années que la course à l’unité européenne est compliquée entre les pays du Nord et ceux du Sud, comme entre les pays de l’ancien bloc de l’Est et l’occident. Le récent Brexit, voulu par les Britanniques sécessionistes qui le regrettent amèrement en est un bon exemple.

Mais comme on le sait, l’Europe est forte quand est soudé le couple franco-allemand. C’était sans doute encore vrai il y a quelques années, mais les récents développements du projet de défense européen bat de l’aile. Depuis plusieurs années, des projets bilatéraux, et parfois plurilatéraux, comme l’avion de combat européen héritier du Rafale, l’hélicoptère Tigre ou le char de combat MGCS font l’objet de discussions très engagées entre la France et l’Allemagne, lorsqu’on apprend très récemment que les Allemands viennent de se doter d’un budget armement considérable au regard de leur histoire. Qui plus est, en dépit de ces projets qui unissent fortement les deux pays, on apprend aussi que nos alliés d’outre-Rhin envisagent d’acheter quelques trente-cinq avions de combat américains F-35 montrant ainsi sa volonté d’assurer la mission nucléaire de l’Allemagne au profit de l’OTAN.

Les risques et avantages d’un repli sur soi

Lorsque l’on vante les conceptions anciennes, celles qui ont été la base de notre civilisation pendant des siècles, on passe aisément pour des passéistes, des rétrogrades, ou des nostalgiques de la lampe à pétrole, voire de la chandelle puisque le pétrole risque de faire bientôt défaut.

Ce qui a été notre histoire, dans un monde de labeur éreintant, avec de la misère sociale, des aléas et sans doute le plus souvent beaucoup de difficultés, la France de la terre, celle des paysans, celle de l’autosuffisance alimentaire et des circuits directs, cette France-là a disparu. En soi, des progrès de tous ordres étaient nécessaires, modernisation et mécanisation, développement des marchés agricoles, amélioration des conditions de travail et de l’environnement sanitaire.

Il faut toutefois constater que cette évolution, si elle a modifié le mode de vie de la paysannerie, n’en a pas moins laissé les agriculteurs dans une situation de dominés dans un monde de dominants. L’agriculture moderne est née de l’invention de la mondialisation, ce monde dont la recherche de profit est le moteur et qui n’enrichit que les intermédiaires. Les agriculteurs ne peinent plus la pioche à la main, le dos cassé par le poids d’un travail harassant, ils peinent sur leurs bilans économiques et financiers, et en viennent souvent aux pires extrémités (un agriculteur se suicide tous les deux jours en France !) en constatant que leur travail ne leur permet pas de vivre de leurs revenus, leurs coûts de production étant supérieurs à leurs prix de vente.

Ce sont les intermédiaires, grossistes, transporteurs, centrales d’achat et grandes surfaces qui captent le fruit de leur travail, sans aucune création de valeur, une situation honteuse pour un pays comme la France, qui se veut le pays des droits de l’homme. Oui, le monde paysan se trouve au bord du précipice. Les agriculteurs souffrent d’un réel manque de reconnaissance alors qu’ils jouent dans la société un rôle fondamental. Dans la première moitié du XXème siècle, la France était en situation de pénurie alimentaire dans certaines régions et nombreux étaient ceux qui ne mangeaient pas à leur faim.

Aujourd’hui, nous consommons plus et même démesurément sans nous préoccuper de que la production agricole exige de l’homme, travail physique, besogne parfois dégradantes, conditions de travail rudes selon les aléas du climat, la peur que les mêmes aléas climatiques puissent ruiner les récoltes, gel, tornade, grêles, inondations…

Mais la principale des causes du désespoir des agriculteurs est essentiellement économique. Nombre d’entre eux se retrouvent en surendettement, en grande partie à cause de la politique agricole commune de Bruxelles, et du blocage des prix. Ce sont notamment les distributeurs qui font pression sur eux, pour ne pas parler de chantage. De récentes enquêtes l’ont démontré. Le producteur dont les prix sont déjà bloqués, se voit harcelé afin qu’il consente des rabais ou des promotions, sous peine de se voir déférencé dans l’ensemble des enseignes du groupe et perde son débouché.

Et cette concurrence se fait sur le dos des agriculteurs français par l’obtention à l’étranger, y compris en Europe du Sud ou de l’Est, en écoulant des denrées produites sans aucune garantie sanitaire, par des producteurs qui emploient de la main œuvre moins bien payée et en ne respectant pas les obligations sociales de base. En réalité, dans ce domaine comme dans celui de la Défense, il est illusoire de parler de solidarité européenne. La mondialisation, c’est le règne des profiteurs et ce sont les plus faibles qui, toujours, succombent. Il ne s’agit pas ici de faire du moralisme, mais force est de dire haut et fort qu’un pays qui voit autant de ses agriculteurs mettre fin à leurs jours ne se respecte pas lui-même. C’est une réalité et elle est réellement gênante.

Le pain en circuit court

Fatalement, devant un tel constat, certains se révoltent, et on a connu des manifestations d’agriculteurs pour le moins violentes, et ce, sans remonter au 8 juin 1961 où les primeuristes finistériens du Léon ont saccagé la sous-préfecture de Morlaix pour défendre leurs revenus.

D’autres réagissent, et se réorganisent selon des modes de fonctionnement détachés de l’emprise des lobbies de l’agro-alimentaire. C’est sur ces constats que sont nés les mouvements philosophiques du « retour à la terre » avec la prise de conscience d’un besoin de faire renaître un lien fort avec la nature, des mouvements parfois utopiques mais dont certains perdurent, guidés en cela par des personnalités fortes comme a pu l’être Pierre Rabhi en Ardèche et dont les travaux et les engagements sont reconnus.

Cette sorte de repli sur soi, c’est aussi l’espoir de ne pas être décorés par les peurs qui se sont développées avec la crise sanitaire du COVID 19, et la succession de confinements qui ont incité de nombreuses familles à se réfugier à la campagne, en décidant ainsi de changer de vie. Une petite révolution des mentalités qui touche aussi l’attrait des citoyens pour les activités et métiers manuels qui semble rencontrer un public croissant.

Il faut dire que les Français s’inquiétaient déjà depuis plusieurs années et que d’autres crises sanitaires avaient alerté les consommateurs sur la qualité des produits alimentaires distribués par les grandes enseignes, la malbouffe, les listérias, les OGM ou les compléments chimiques introduits dans les aliments. De ce fait, les Français sont désormais nombreux à s’interroger sur les excès de l’agriculture intensive, sur la sécurité alimentaire mais aussi sur le principe de souveraineté alimentaire, questions qui alimentent depuis au moins trente ans maintenant le débat public.

L’écologie et la prise en compte du coût carbone des produits proposés sur les étals des commerçants et des grandes surfaces donnent à réfléchir aux consommateurs. Pourquoi manger des cerises en hiver ? L’idée d’un retour à des valeurs éprouvées par le passé fait donc son chemin. C’est ainsi que de nouvelles pratiques écologiques ont été mises en place avec le développement des magasins d’alimentation Bio, en privilégiant en premier lieu la qualité, mais aussi la provenance locale des produits.

L’autre facette de ces projets plus inscrits dans l’environnement et le terroir, c’est le recours aux circuits courts, et même parfois directs, entre le producteur et le consommateur. C’est le cas, depuis toujours, pour ne pas dire la nuit des temps, de la vente directe à la ferme, mais on peut également citer l’exemple des AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) dont l’objectif est de fournir aux consommateurs des produits aux qualités alimentaires et nutritives parfaites se détachant des réseaux de la grande distribution commerciale. Ces expériences sont par ailleurs fondées sur une philosophie de l’équitable, qui prône un dialogue et un échange respectueux entre le consommateur et le producteur permettant de rétribuer ce dernier à hauteur de ses engagements et de son travail.

Ces dernières années, les exemples se multiplient. En 2019, un agriculteur des Yvelines s’est lancé le défi de fabriquer du pain avec son propre blé, et de le commercialiser en circuit court. Lassé de ne plus pouvoir vivre de son travail, et pressuré par les intermédiaires, cet agriculteur céréalier a décidé de devenir meunier, puis boulanger, et s’est engagé sur ce projet avec l’aide de ses fils, une belle histoire de famille, presque comme une leçon philosophique. C’est la morale de la fable de La Fontaine « Le laboureur et ses enfants », remise à l’endroit. On ne perd pas son temps à chercher la cachette du trésor qu’est le Travail, on le crée soi-même.

Mais c’est aussi là que le bât blesse. Mes parents avaient un jardin et le cultivaient, ils produisaient quasiment la totalité des besoins alimentaires de la famille. En ce qui me concerne, je me déplace dans les supermarchés, et mes enfants se font livrer leurs courses ! Trois générations, trois comportements différents. Travailler la terre, c’est dur et dans une société dite « développée », le citoyen n’a plus la volonté de le faire ! Et pourtant, c’est sans doute là que l’on pourrait trouver, une des réponses au malaise actuel. Mais soyons lucides, il est sans aucune contestation possible, plus facile d’être « influenceur » à Dubaï qu’agriculteur en Lozère !

En fin de compte, lorsqu’on s’inquiète de l’avenir de notre monde et que l’on regarde autour de soi, on peut finalement trouver de nombreux exemples d’intelligence humaine collective, comme ceux de plusieurs communes (provinciales bien-sûr), dont les maires ont décidé de consacrer des terres en jachère pour y semer du blé, qui ont créé ensuite une activité de minoterie et de boulangerie pour fabriquer à l’ancienne un pain qui répond à toutes les exigences qualitatives et gustatives attendues des amateurs. Le pain est ainsi vendu localement à un prix moitié moins élevé qu’en grande surface, et il est servi dans les cantines scolaires, ce qui est également un moyen de transmettre aux enfants plus que le simple goût du pain, celui de la « bouffe » saine…

À suivre la semaine prochaine : le défi économique, avant de décliner les autres défis, celui de la culture française, et surtout le défi structurel ou organisationnel du fonctionnement de notre démocratie !

Bernard Chaussegros

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