La chronique culture-éco par Jean-Philippe Zappa, CEO Théaomai.

« Le cinéma c’est un art, mais c’est aussi une industrie. » Tout le monde connaît la célèbre formule d’André Malraux. Une formule qui s’applique bien au-delà du cinéma à l’ensemble de ce que l’on nomme désormais les industries culturelles et créatives, un secteur économique encore trop souvent méconnu ou mésestimé alors même que la culture contribue 7 fois plus au PIB que l’industrie automobile (à titre de comparaison avec un secteur économique focalisant beaucoup plus l’attention des médias).

De quoi ces Industries culturelles et créatives (ICC pour les initiés…) sont-elles le nom ? Sur le site du Ministère de la culture, on retrouve une définition donnée par Franck Riester, alors ministre de la culture : les industries culturelles et créatives sont les forces vives de notre culture. Architecture, livre, cinéma, musique, audiovisuel, presse, radio, jeu vidéo, arts visuels ou encore spectacle vivant. En quelques chiffres, ces forces vives représentent près de 100 milliards d’euros, soit environ 2,3 % du PIB, 300 000 entreprises, associations ou organisations publiques, plus de 600 métiers, près de 670 000 emplois directs (soit 2,5% de la population active) et plus du double en comptabilisant toutes les personnes percevant un revenu direct ou indirect, principal ou ponctuel, d’une activité culturelle ou créative.

Malheureusement, les ICC sont et resteront encore longtemps parmi les victimes principales de la crise sanitaire. Heureusement, les professionnels des ICC (créatifs, entrepreneurs, artisans, artistes…) n’ont pas attendu l’invitation présidentielle à se réinventer et à enfourcher le tigre (selon  la formule d’Emmanuel Macron le 6 mai 2020 à destination des professionnels de la culture).
Quel sera donc le panorama des ICC dans les prochains mois et les prochaines années ?  Malgré le soutien massif et probablement unique dans le monde de l’Etat en faveur des ICC, nul ne peut le prédire tant la crise à entraîné des changements de comportements et de « consommation » de la culture dont rien ne dit aujourd’hui qu’ils seront durables ou non : retour des spectateurs dans les salles, explosion de la consommation de cinéma et de spectacle vivant depuis des plateformes…

Dans un (déjà trop long) moment où notre pays peine à se rassembler autour d’un projet commun, où les divisions s’expriment de plus en plus violemment, n’oublions surtout jamais que si la culture est aussi une industrie, elle doit avant tout rester cette  inestimable richesse qui nous permet malgré tout de continuer à penser, rire, apprendre, nous évader… Nous élever en un mot puisque, selon une autre magnifique formule d’André Malraux, « la culture est ce qui fait de l’Homme autre chose qu’un accident de l’univers. »

Jean-Philippe Zappa

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