L’éditeur de jeux connectés destinés à l’activité physique en entreprise développe des solutions ayant reçu la certification « dispositif médial »Entretien avec Vincent Tharreau, fondateur de Kiplin.

Que propose Kiplin ?

Kiplin est une start-up créée en 2014 qui édite des jeux de santé digitaux. La société développe des jeux numériques permettant aux participants de pratiquer une activité physique régulière, en équipes de 4 à 5 personnes, dans le cadre de challenges connectés. Nos jeux sont développés avec un comité scientifique de dix experts qui regroupe des personnalités du monde de la santé, du digital et du traitement des données.

Kiplin propose, en complément de ces jeux, d’autres outils digitaux permettant d’améliorer la prise en charge de sa santé : cours d’activité physique adaptée en visio, quiz santé, tests d’évaluation de la condition physique, bilans de santé.

L’entreprise est basée à Nantes, elle compte actuellement 45 salariés. Notre équipe est pluridisciplinaire, elle compte des développeurs, des professeurs d’activité physique adaptée, des praticiens de santé.

Kiplin est aussi une entreprise à mission, qui appartient au champ de l’économie sociale et solidaire. Nous œuvrons pour réduire la fracture entre les patients qui ont accès à des soins et ceux qui n’en ont pas.  Kiplin est labellisé Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS) depuis novembre 2019.

Comment fonctionne votre application ? 

Nos jeux fonctionnent tous sur le même principe : pour jouer, les participants doivent bouger (marcher, courir,…) munis d’un objet connecté, comme leur smartphone par exemple. Ce sont les mouvements des participants qui leur permettent de progresser dans le jeu.

A qui s’adresse-t-elle ? 

Notre application s’adresse principalement à deux cibles : d’une part les entreprises qui la mettent à disposition de leurs collaborateurs dans le cadre de leurs programmes de santé au travail. Et d’autre part les établissements de soins qui ont recours à l’application Kiplin pour leurs patients atteints de maladies chroniques. Celle-ci leur est prescrite par leur médecin dans le cadre de leur thérapie, c’est le principe du sport sur ordonnance.

Pour tous les participants, l’objectif reste le même : intégrer durablement l’activité physique dans leurs habitudes quotidiennes.Le niveau d’activité physique des participants augmente en moyenne de plus de 50% pendant nos programmes. Et 70 % des participants sédentaires sortent du seuil de sédentarité en pratiquant nos jeux.

Avez-vous des contrats avec les entreprises ?

Les entreprises constituent 80% de nos clients. Nous collaborons avec plus d’une centaine d’entreprises aussi diverses que le Groupe BPCE, EDF, Roland Berger, Boursorama, Heineken, ou encore Google, Hermès, Playmobil, Royal Canin, la Ville de Paris. Depuis son lancement, l’application compte 150 000 utilisateurs salariés dans les entreprises.

Notre application constitue un outil pour la cohésion des équipes qui permet de promouvoir le sport-santé en entreprise. Durant la crise sanitaire, il a rencontré un grand succès en permettant de maintenir le lien à distance entre les salariés en télétravail. C’est également un moyen efficace pour lutter contre la sédentarité des salariés que les directions RH promeuvent dans le cadre du sport-santé en entreprise.

Le corps médical s’intéresse à votre application ? 

La sédentarité et le manque d’activité physique sont des facteurs aggravants de la plupart des maladies chroniques que ce soit le diabète, le surpoids ou les cancers. Le corps médical a compris depuis longtemps ses bénéfices pour les patients et l’utilise comme une thérapie non-médicamenteuse.

Kiplin collabore avec de nombreux établissements de soins : l’APHP, le groupe Ramsay Santé ou encore des centres de lutte contre le cancer comme Léon Bérard à Lyon ou l’ICO proposent la solution Kiplin à leurs patients.

En 2021, l’application Kiplin a été certifié dispositif médical numérique. A terme, notre objectif est d’obtenir le remboursement de notre solution par l’Assurance Maladie.

Avez-vous d’autres champs d’applications en vue ? 

Le manque d’activité physique concerne tous les publics, c’est pourquoi nous développons également des partenariats avec desacteurs publics qui proposent notre application dans le cadre de leurs actions auprès des jeunes et des seniors.

Quel est votre modèle économique ? 

Nous avons deux types d’offres pour nos clients : des jeux sous forme de challenges, d’une durée de plusieurs semaines. Et des abonnements à l’année, incluant, en plus de ces jeux, nos autres prestations digitales : cours d’activité physique adaptée en visio, quiz et webinaires, tests d’évaluation de la condition physique, bilans de santé. Les montants payés par nos clients pour l’une ou l’autre de ces formules nous permettent de développer régulièrement de nouveaux jeux, afin de pouvoir proposer aux participants de nouvelles activités, et de fidéliser nos clients sur le long terme. Nous sommes rentables depuis 2018.

Qui paye quoi dans votre application ? 

Ce sont les organismes prescripteurs (entreprise, établissement de soins, service public au sens large) qui paient un prix dépendant du nombre de personnes à qui l’application ou le programme est proposé. Les participants ne paient pas, ce qui permet de proposer notre solution à tous les publics, y compris ceux qui sont les plus touchés par la sédentarité : les CSP – et les jeunes, notamment.

Vos objectifs pour 2022/2023 ? 

Nous développons de nouvelles offres pour répondre aux nouveaux besoins des entreprises : avec la généralisation du travail hybride, elles manifestent un souci croissant de prendre soin de la santé de leurs salariés au quotidien. Nous développons donc fortement notre offre d’abonnement à l’année, qui rencontre un grand succès : plus d’une quinzaine de grandes entreprises ont déjà souscrit à cette offre innovante, dont le groupe IMA (Inter Mutuelles Assistance). Autre innovation, une offre spécifique pour les salariés de retour de long congé maladie : nous leur proposons un programme d’activité physique individuel, adapté à leur condition physique.

Nous développons également nos partenariats avec des acteurs de prévention santé : ainsi, comme les jeunes filles sont plus spécifiquement touchées par la sédentarité, le CRIPS Ile-de-France va proposer ce programme à près de 400 adolescentes issues de quartiers sensibles.

Enfin, pour obtenir le remboursement de notre solution par l’Assurance Maladie, nous allons poursuivre nos développements techniques et nos essais cliniques aux côtés de nos partenaires du monde médical.

Tous ces développements restent guidés par une même conviction : la meilleure approche de la santé réside dans une démarche préventive, et la prise en main par le patient lui-même de cette démarche. La sédentarité représente la deuxième cause de mortalité évitable, la combattre au quotidien, auprès de tous les publics, reste notre mission.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

quinze + treize =