WorldRemit développe une technologie numérique innovante qui permet aux particuliers de transférer de l’argent dans le monde entier. Via l’application, il est possible d’envoyer de l’argent à un tiers dans 130 pays et dans plus de 70 devises. WorldRemit, valorisée à plus de 5 milliards de dollars, vient de lancer une levée de fonds de près de 300 millions de dollars. Entretien avec Imane Charioui, directrice Afrique du Nord et Centrale chez WorldRemit.

Entreprendre : Pouvez-vous revenir sur votre parcours et vos missions au sein de WorldRemit ?

Imane Charioui : J’ai rejoint WorldRemit en septembre 2021 en tant que directrice Afrique du Nord et Centrale, avec un accent particulier sur le Maghreb et l’Égypte. Je travaille dans le secteur des services financiers et des transferts de fonds depuis plus de 15 ans, dans différents rôles au sein d’entreprises concurrentes couvrant l’Afrique et le Moyen-Orient, et particulièrement sur l’Afrique du Nord ces deux dernières années. WorldRemit est donc une étape importante pour moi, qui me permet d’apporter mon expérience à l’une des entreprises les plus perturbatrices et dynamiques du secteur.

Pouvez-vous exposer en quelques mots l’historique de WorldRemit ? Quelles sont les perspectives de développement de l’entreprise ? 

WorldRemit a été créé en 2010 par Ismail Ahmed, un entrepreneur d’origine somalienne. Lui-même confronté au transfert d’argent, il voyait que l’offre proposée pouvait largement être améliorée et surtout numérisée. En effet, à cette époque, seul le transfert d’argent physique existait et ça devenait de plus en plus difficile d’envoyer rapidement de l’argent. 

Alors il a pensé à un service de transfert d’argent numérique simple, qui veut rendre l’envoi de devise aussi facile que l’envoi d’un mail ou d’un sms. 

Notre objectif est de continuer à simplifier l’utilisation de notre application mobile et de notre site web, tant pour les expéditeurs que pour les destinataires. Nous ajoutons continuellement de nouvelles fonctionnalités, comme la possibilité de recevoir de l’argent dans un forfait mobile ou via un portefeuille mobile. En Afrique centrale, par exemple, le nombre de portefeuilles mobiles a augmenté de 100 % entre 2016 et 2019, atteignant près de 50 millions de personnes ; une croissance menée par le Cameroun et le Congo [rapport GSMA].  Aujourd’hui au Cameroun, 76% de la population utilise le mobile money ( Fintech Extra), grâce aux investissements d’acteurs majeurs tels qu’Orange Money et MTN.

Pouvez-vous nous expliquer les raisons conduisant l’entreprise à vouloir se renforcer en France ?

WorldRemit s’est implanté en France il y a quelques années et est en train de devenir un leader dans le secteur du transfert d’argent numérique. Depuis lors, nous avons également élargi notre offre de transfert, en développant davantage notre réseau, en particulier lorsqu’il s’agit de recevoir de l’argent de différents pays, ainsi que de différentes options de paiement.

Selon la Banque mondiale, 5 des 6 premières destinations hors Europe vers lesquelles la France envoie de l’argent sont le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Vietnam et le Sénégal. Aujourd’hui, WorldRemit dessert déjà tous ces pays.

Où en est le transfert d’argent en France ? Quel impact avez-vous observé durant la pandémie ?

Tout d’abord, et c’est important de le rappeler, les résidents français envoient près de 13 milliards d’euros à l’étranger, selon la Banque mondiale. La France est le 8e pays au monde pour les transferts de fonds sortants et le 3e en Europe derrière la Suisse et l’Allemagne, toujours selon la Banque Mondiale (mai 2021). Le marché du transfert d’argent dans l’hexagone était historiquement dominé par les transactions liquides. Depuis 2017, il connaît une transformation vers le numérique. Cette dernière s’est accélérée suite à la pandémie, où les différents confinements ont poussé les personnes à privilégier les transferts d’argent numériques. Il existe désormais une réelle volonté des personnes d’envoyer de l’argent via une application ou un site internet.

Qui sont vos clients ? Vous mentionnez souvent les diasporas dans votre communication. Peut-on parler d’un rôle social du transfert d’argent ?

Ce sont en effet les ressortissants des différentes diasporas qui sont nos principaux clients. D’ailleurs, nous avons observé une forte croissance des transferts via un appareil mobile dans les nombreux pays clés cités précédemment. Ces populations sont souvent l’épine dorsale économique de pays émergents. D’ailleurs, beaucoup ont aidé à la relance économique de leur pays à la suite de la pandémie. L’utilisation de l’argent transféré a d’ailleurs un peu évolué. Il ne s’agit plus de l’utiliser que pour faire vivre des familles mais aussi pour créer des entreprises et apporter de la valeur ajoutée dans les pays concernés. 

Vous vous êtes rebrandé il y a peu et maintenant votre holding s’appelle Zepz. Vous pouvez nous en dire plus ? 

Pour clarifier ce point, seule la société mère WorldRemit Group a changé de nom pour devenir Zepz. WorldRemit reste inchangé en tant que marque.

Zepz, anciennement WorldRemit Group, exploite deux marques leaders sur le marché – WorldRemit et Sendwave (acquise en 2021). Le groupe a récemment levé 292 millions de dollars US dans un nouveau financement primaire de série E, atteignant une évaluation de 5 milliards de dollars.

 Zepz révolutionne le marché des paiements transfrontaliers, un marché estimé à 1000 milliards de dollars, qui reste essentiellement hors ligne et se caractérise par des prix élevés. 

Ce tour de financement permettra à Zepz de continuer à investir dans sa technologie, sa plateforme et sa proposition client. Le groupe entrevoit d’importantes opportunités de croissance à la fois sur ses marchés existants en favorisant l’engagement et une pénétration plus profonde du marché, ainsi qu’en s’étendant à de nouveaux marchés et en développant sa plateforme pour offrir des services à valeur ajoutée à ses utilisateurs.

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