Les start-ups sont de plus en plus présentes sur le secteur de l’économie circulaire et solidaire. Durabilité, anti-gaspi, maîtrise des déchets, protection de l’environnement, autant de notions au centre du concept d’Eqosphère.

Alors qu’il est étudiant à Sciences Po Paris en Affaires Publiques, Xavier Corval améliore son quotidien en étant serveur lors de cocktails d’inauguration des expositions au Pavillon de l’Arsenal de Paris.

Comme toujours dans ce type de manifestations, de nombreux restes sont disponibles à la fin des réceptions, qu’il récupère en catimini pour les distribuer directement aux SDF. Une bonne action, certes, mais difficile à démultiplier. Voici qui lui donne à réfléchir, et plus encore…

Une plateforme numérique dédiée

C’est au cours de l’été 2009 qu’il se dit qu’il faut absolument créer une plateforme pour pousser les surplus de production via un algorithme vers les circuits de recyclage adaptés. Le jeune homme envoie un dossier à Roselyne Bachelot, alors ministre de l’Ecologie.

Sans retour, il s’attelle alors à la tâche, bien qu’il ne se sente pas a priori prédestiné pour l’entrepreneuriat. En 2010, il dépose à l’INPI son projet de plateforme numérique innovante, relu par deux parrains prestigieux : l’ex-ministre Anne-Marie Idrac et Christian Blanckaert, impliqué dans Action Internationale contre la Faim.

2012 : Lancement d’Eqosphère

Deux missions en une pour la start-up : réduire les causes du gaspillage et du volume des déchets dans les entreprises, privées ou publiques et les revaloriser via le recyclage, selon les principes de l’économie circulaire.

Le tout en respectant l’éthique, et surtout sans culpabiliser les acteurs, qu’ils se situent à l’amont ou à l’aval du circuit. Mais la plateforme numérique imaginée par notre créateur d’entreprise montre assez rapidement ses limites.

Elle a le mérite d’exister, mais ne peut suffire par sa simple existence à provoquer des changements profonds dans les entreprises cibles. Xavier Corval passe donc à la phase 2 et fait évoluer son idée d’origine vers un système complet permettant de véritablement accompagner les clients.

L’offre la plus complète du secteur

La plateforme devient un couteau suisse dont les clients peuvent s’approprier les outils. De nouveaux services/métiers voient le jour :

Formulation des diagnostics. La visualisation des gaspillages permet d’enclencher des changements de comportements.
Formation des personnels : depuis 2014, Eqosphere propose une formation spécifique RSE finançable par les OPCA, englobant la sensibilisation aux enjeux globaux, l’application de nouveaux process, et l’envoi vers des modules de tri en fonction des filières. Objectif annoncé : aller vers un changement de culture.
Gestion opérationnelle, avec de nombreuses solutions de recyclage locales performantes.

Communication au travers des bilans de Responsabilité Sociétale des Entreprises ou RSO (collectivités)
• Et poursuite de l’amélioration du process au fil du temps via un reporting régulier.

Un modèle économique qui marche

Eqosphere déconnecte sa rémunération des volumes de déchets, contrairement aux concurrents et facture des forfaits sur mesure en fonction des missions demandées.

Comme il le fait par exemple pour ses contrats d’assistance en maîtrise d’œuvre en Ile-de-France, pour une démarche de réduction du gaspillage dans 120 établissements de santé du Val de Loire.

L’importance de la participation citoyenne

Xavier Corval mène de nombreuses actions pour faire connaître sa société et ses valeurs. Le jeune Pdg a ainsi été rapporteur du comité de pilotage du Pacte National de lutte contre le gaspillage alimentaire, participé aux discussions des Etats Généraux de l’Alimentation, devenu membre des CRESS Ile-de-France et région PACA, organisé des tables rondes sur l’économie circulaire…

Ces activités sont dévoreuses de temps, mais permettent de mettre la start-up en avant, un élément important que de nombreux entrepreneurs négligent. Eqosphere veut d’ailleurs étendre ses activités dans le secteur public.

Selon Xavier Corval, le métier évolue rapidement de par le contexte réglementaire, le e-gaspillage mis en avant par les médias récemment chez Amazon par exemple.

Il travaille notamment à une nouvelle ingénierie basée sur de nombreux calculs menant à une réduction de déchets multiples et variés dans un système transversal tel qu’une gare, un stade, etc.

Il conclut par une phrase entendu dans la bouche du président d’Unilever : « Le coût de ne pas agir est supérieur au coût d’agir. »

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