Le projet d’interconnexion électrique d’Aquind entre la côte sud de l’Angleterre et la Normandie verra bien le jour en 2022. Ce projet à forte valeur ajoutée pourrait rapporter plus de 1,1 milliard d’euros pour l’économie française au cours des 25 prochaines années.

Malgré la crise sanitaire, le projet d’interconnexion électrique reliant la côte sud de l’Angleterre à la Normandie verra bien le jour, a confirmé la société Aquind à l’origine du projet. Une fois opérationnelle, cette infrastructure permettra de transporter 16 millions de MWh d’électricité par an entre les deux pays, soit 5% de la consommation annuelle de la Grande-Bretagne.

Un projet transfrontalier à bénéfices immédiats

Le projet Aquind prouve, tout d’abord, que malgré l’incertitude créée par le Brexit et aujourd’hui par la crise sanitaire, des projets transfrontaliers à forte valeur ajoutée peuvent émerger. En créant de nouvelles interconnexions des deux côtés de la Manche, Aquind entend ainsi participer au développement du marché intérieur de l’énergie des deux pays. Le programme vise à utiliser l’excédent tricolore de production d’électricité, évalué à 200 TWh, pour augmenter les exportations françaises. Pour la collectivité les bénéfices d’un tel projet sont notamment à chercher du côté des créations d’emplois, avec pas moins de 340 emplois potentiellement créés sur le territoire normand.

Les études menées en 2019 par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) au sujet des retombées économiques du projet Aquind, prévoient des gains d’interconnexion estimés entre 600 et 1 200 millions d’euros par GW. Des retombées revues à la hausse selon le cabinet Asterès, auteur d’un récent rapport sur le sujet. À ces estimations, ce dernier ajoute notamment 139 millions d’euros de gains financiers liés à l’équilibrage du système électrique. Au total la valeur économique créée devrait atteindre 1,1 milliard d’euros sur 25 ans.

Des retombées économiques sur le long-terme

Dans son rapport Asterès montre qu’investir dès maintenant dans la création d’interconnexions pourrait favoriser des retombées économiques positives sur le long terme.

D’une part, car le déploiement de nouvelles interconnexions permet d’encourager les échanges d’énergie entre pays ainsi que les exportations françaises. Et par-là, de favoriser un meilleur équilibre de la balance commerciale. Plus encore, les interconnexions permettent de mobiliser l’offre la plus compétitive, via le marché de gros et les couplages de marché. Cette compétition économique entre les systèmes électriques joue sur les prix de l’électricité et permet de proposer une offre plus abordable au consommateur. Dans le cadre d’écarts de prix conséquents, comme c’est le cas entre la France et la Grande-Bretagne, les retombées économiques pourraient être d’autant plus importantes.

Ces interconnexions présentent aussi des avantages en termes de régulation des flux d’électricité. Quand la France possède un excédent de production elle peut le vendre sur le marché anglais, auquel cas elle peut en importer. Au-delà de l’aspect économique, la mutualisation des ressources est un gage de sécurité des systèmes électriques.

À bien des égards, le projet Aquind mobilise les investissements privés, et présente un fort potentiel de création de richesses sur le long terme. La preuve que les investissements verts peuvent aussi participer concrètement à la relance économique.

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