Elisabeth Borne (Stevens Tomas/ABACA)

Par Luc-Eric KRIEF, entrepreneur

Tribune. Le Gouvernement avec divers partenaires sociaux vient de mettre en place un plan qui prévoit la réduction à hauteur de 10% de la consommation d’énergie des entreprises. Suite à ce qui a été défini et les directives auxquelles les entreprises devront s’assujettir, voici ma réaction.

Ainsi, si je comprends bien, la patate chaude est transmise aux entreprises. Outre qu’aucun gouvernement depuis plus d’une décennie n’aura pris les bonnes décisions pour assurer notre souveraineté énergétique au niveau national et ce malgré un parc de centrales nucléaires significatif et performant (enfin il l’était il y a encore peu), outre que nous avons laissé « mourir » des centrales pour satisfaire une partie de la gauche écologique empêtrée dans des contradictions sémantiques et idéologiques sur ce qu’il convenait ou pas de faire (vu qu’aujourd’hui ils semblent s’apercevoir que le nucléaire a une empreinte bas carbone), outre que nous avons vendu Alstom et ses centrales à GE tout nous en apercevant que cela n’avait pas de sens économique et encore moins politique et que suite à tout cela, on vient nous demander de faire des économies, avec peut-être à la clé, une taxe, une amende ou des pénalités pour les entreprises qui ne feraient pas 10% d’économie sur leur poste ENERGIE.

Je trouve que nos politiques ne sont jamais responsables de rien et que nous, chefs d’entreprises, sommes responsables de leurs errements, contradictions, irresponsabilités, gabegies, incapacité à anticiper sinon à gérer, en d’autres termes, nous sommes la variable d’ajustements de leur incompétence. D’autres pays, d’autres mœurs serai-je tenté d’écrire.

Les véritables coupables de nos difficultés économiques portent des noms et pourtant ils ne sont jamais poursuivis. Mieux ils sont promus, récompensés, quand ils ne sont pas « victimes » de pantouflages qui leur apportent honneur et argent. Il faudrait, pourtant, dénoncer ces états de fait et mettre face à leurs responsabilités celles et ceux qui sont au plus haut poste de l’Etat.

Voilà plus de 20 ans que l’économie sombre. Voilà plus de 20 ans que nous voyons nos concurrents gagner des parts de marché, là où nous sommes obligés de délocaliser pour produire, là où nous réduisons nos marges au détriment de nos investissements, là où nous sommes incapables d’embaucher les meilleurs car bien trop chers au regard des prélèvements obligatoires et des charges sociales qui nous sont imposés. Et à qui demande-t-on encore et toujours plus ? A nous, chefs d’entreprises.

Nous sommes conscients que l’environnement est important et qui, en France, n’aura pas fait les investissements nécessaires pour moins polluer ? Nous sommes conscients que la production d’énergie se doit d’être maîtrisée mais n’a-t-on pas fait le choix politique il y a plus de 50 ans d’être indépendant via les centrales nucléaires, tout en nous garantissant, par la même occasion, un coût de l’énergie le plus bas en Europe. Aujourd’hui sommes-nous mieux lotis que nos voisins européens ou mondiaux ? NON.

Nos politiciens ont accepté des compromis qui nous fragilisaient, qui nous mettaient des poids supplémentaires sur nos épaules là où d’autres n’avaient pas les mêmes tentations ou injonctions. Nos politiciens ont tiré sur l’élastique sans vergogne, pensant que les entrepreneurs étaient adaptables, étaient des « moutons » sans réflexion et sans défense. Nous avons accepté, nous nous sommes réinventés et pourtant nous constatons que nos entreprises ont perdu en compétitivité, ont perdu en efficacité, ont perdu en ingéniosité, ont perdu en attractivité pour attirer les meilleurs éléments qui font la richesse de nos entreprises. Ce qui était, jadis, considéré comme un fleuron industriel national est devenu au fil du temps un drapeau en berne qui ne fait plus rêver.

Alors ?

Je veux bien être défenseur de ma patrie, de mon pays et contribuer à sa richesse, à son rayonnement et à sa salubrité énergétique. Mais je veux aussi que nos gouvernants soient cohérents, visionnaires, responsables et entreprenants, qu’ils sortent d’une idéologie absconse, dangereuse. Qu’ils soient sanctionnés pour leurs erreurs et récompensés de leur esprit visionnaire. Je veux qu’on mette des personnes compétentes aux postes régaliens et essentiels et non plus des politiciens de pacotille qui n’ont aucune idée de ce que leur maroquin oblige. Je veux que le bâton fiscal ou réglementaire ne soit pas la SOLUTION aux problèmes que notre monde connaît et doit régler, mais que nous soyons enfin tous concernés et tous impliqués pour que la France soit encore un pays d’avenir et non du passé.

Luc Eric KRIEF

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