e-artsup : 20 ans de succès pour former les créatifs du numérique

Créée en 2001, e-artsup (groupe Ionis) s’impose comme l’école de la passion créative depuis 20 ans. Nicolas Becqueret, directeur général d’e-artsup revient sur le destin hors du commun de cette école qui forme des créatifs et des designers dans les domaines de la communication visuelle, de la direction artistique, du motion design, du cinéma d’animation et du jeu vidéo.

Le « e » symbolise la transformation numérique de nos sociétés en proie à une forte accélération depuis 1995 suite au développement massif d’internet et du numérique. « Nous souhaitions créer une école qui intègre fondamentalement la dimension digitale numérique », explique Nicolas Becqueret, directeur général d’e-artsup. Le « art » symbolise une école fondée et ancrée dans l’historique des arts graphiques et appliqués et des pratiques artistiques. Le « sup », quant à lui, témoigne d’une volonté d’apporter une dimension supérieure qui s’incarne aujourd’hui dans un certain nombre d’outils bien connus des entrepreneurs, à la croisée des dimensions numériques et artistiques.

Le numérique élargit les formes et les moyens d’expression

Les expressions créatives sont magnifiées par la technique qui donne forme aux productions visuelles (le dessin, la peinture le graphisme, la photo, la vidéo). Aujourd’hui, les formes traditionnelles d’expressions visuelles prennent désormais corps dans les modes d’expression tels que le web, les réseaux sociaux, les applications, les jeux vidéo, les films d’animation… « Le numérique a ouvert de grandes perspectives à la création et au design en élargissant les formes et les moyens d’expression », précise Nicolas Becqueret.

Design : la capacité d’anticiper ce qui est devenu fondamental

Il y a déjà 20 ans, e-artsup portait déjà en son sein l’intégration d’une posture forte de designer en se questionnant sur les expériences des usagers, sur leurs attentes en s’intéressant à la qualité du service délivré.

« On sait aujourd’hui que le design s’articule autour de trois axes, commente Nicolas Becqueret. La désidérabilité qui fait appel aux sens et à l’imagination, la viabilité qui correspond à un modèle économique durable, et la faisabilité en matière de technologies et de capacité des équipes à mener à bien les projets. e-artsup a évolué au cours des 20 dernières années, à mesure de la transformation de ces usages durant lesquelles la conception du design a profondément changé. »

Longtemps perçu comme un apparat dont l’unique vocation était esthétique, le design occupe aujourd’hui une place névralgique au centre de l’expérience globale des utilisateurs. Il est donc essentiel de se placer dans la peau de l’utilisateur pour percevoir la manière dont il va recevoir la création car chaque individu interprète différemment une création.

L’importance de l’usage

Aujourd’hui, la simplicité d’usage et la réponse à ses problématiques quotidiennes font oublier la complexité du fonctionnement des outils numériques. Le grand public se désintéresse des sujets purement informatiques. « Dans tous les univers, détaille le directeur général d’e-artsup, et plus spécifiquement dans l’écosystème des services, l’attention est désormais centrée sur ce que ressent et vit l’utilisateur. L’enjeu est de réfléchir à la manière d’apporter des solutions adaptées aux problèmes rencontrés par les usagers en s’inspirant d’une démarche de design, propice à cette réflexion. »

Une approche avant-gardiste

« Notre approche peut aujourd’hui sembler assez commune, glisse Nicolas Becqueret, mais il faut se replonger au début des années 2000 pour saisir le sens de notre initiative et de sa pertinence. » À l’époque, le monde de la formation ne considérait pas le numérique comme relevant du monde artistique, mais comme relevant de l’univers de l’informatique et de l’ingénierie. Il existait une forme d’étanchéité avec les créatifs qui semblaient étrangers à ces mondes. « Nous avons fait le pari audacieux de lancer une école sur le créneau de la création numérique digitale en lien avec tout ce qui allait devenir la révolution numérique. »

Ce positionnement avant-gardiste témoignait d’une volonté de penser et de créer un lien entre les technologies, les fondamentaux de l’art appliqué et l’usage. « Le public a mis longtemps à cerner le sens de notre démarche, révèle de directeur d’e-artsup. En créant cette école créative du numérique, nous avons cassé les codes et insufflé un nouveau mode de pensée en décloisonnant des disciplines longtemps catégorisées par univers comme le business, l’ingénierie et l’art et en favorisant la transversalité. »

Le choix de la transversalité et de la pluridisciplinarité

L’appartenance de l’école au Groupe Ionis a favorisé, simplifié et accéléré la mise en œuvre de cette démarche. « Les écoles d’informatique du groupe (Epita) et de business et de marketing (ISG et l’ISEG) avaient ressenti ce besoin de transversalité », affirme Nicolas Becqueret. « Très tôt, le groupe Ionis a pris conscience que cloisonner ainsi n’avait pas de sens puisque le monde professionnel et l’univers dans lesquels nous allions évoluer fin des années 90, début 2000 ne seraient plus ceux d’un monde compartimenté et verticalisé. »

L’adaptabilité comme ADN

e-artsup modifie et ajuste régulièrement les programmes en les adaptant constamment aux changements des univers professionnels en profonde mutation tout en conservant son ADN : le digital (e), la pratiques artistique (art) et la professionnalisation (sup) intégrés nativement dans l’ensemble des cursus de formation. Dans ce cadre, le travail du corps enseignant consiste à être à l’écoute et dans l’empathie vis-à-vis de ses étudiants à l’image de l’empathie dont doit témoigner un designer vis-à-vis de son public. « Il nous appartient ensuite d’identifier le meilleur moment pour conduire nos étudiants beaucoup plus loin que ce qu’ils imaginaient en termes de compétences, de savoir, d’envie, d’énergie, de motivation, de détermination et de prise de confiance en eux », précise le directeur d’e-artsup.

Dans un monde mouvant où les métiers d’aujourd’hui ne seront plus les mêmes dans 5 ou 10 ans, l’école e-artsup souhaite transmettre un socle de compétences fondamentales pour s’adapter aux exigences futures du marché tout en leur permettant d’exercer leur regard et esprit critique pour les responsabiliser dans leurs choix. En effet, l’acte de design est associé à des enjeux majeurs : donner un avenir au monde alors que les ressources ne sont pas infinies, que la menace du réchauffement climatique gronde et que le vivant se meurt. « En tant qu’acteur de la formation, notre responsabilité est grande, nous devons éveiller nos étudiants afin qu’ils aient pleine conscience des conséquences de leurs décisions et de leurs agissements » explique le directeur.

Un design résolument social, écologique et solidaire

Le design est un formidable outil social d’apprentissage et d’éducation qui permet d’étendre les engagements citoyens et d’accompagner la RSE des entreprises. il doit être responsable en s’interrogeant sur la question de l’utilisation des ressources et sur la manière de créer sans détruire. « Les étudiants sont ravis car notre école est en phase avec leurs valeurs, ce qu’ils ressentent et les thèmes sur lesquels ils souhaitent s’engager. Nous devons être à l’écoute sur les questions sociales et écologiques, sur le féminisme, sur des engagements politiques au fond, qu’ils vivent dans un engagement total, de cette manière-là. Nous leur donnons des clé de compréhension et leur faisons confiance ».

Un espace de rencontres fédérateur

Aujourd’hui,un créatif pourrait imaginer être en capacité de tout faire de manière autodidacte grâce aux multiples outils dont il dispose, mais il ressent le besoin de trouver des lieux pour rencontrer des gens qui l’écoutent, le comprennent et l’« aiment » tel qu’il est. Ces « makers » cherchent à s’entourer d’une communauté d’étudiants qui leur ressemblent en termes de sensibilité et avec qui ils peuvent collaborer.

E-artsup leur offre un espace où ils se connectent avec des univers très différents (digitale, tech, business, marketing) qui interagissent et leur permettent d’embrasser des projets ambitieux. « Plus confiants en eux, explique Nicolas Becqueret, les étudiants commencent à faire des prototypes, conduisent des expériences et se rendent compte que cela fonctionne. Habitués à être face à des publics professionnels et à faire des présentations grand public, les étudiants prennent conscience qu’il ne faut pas nécessairement attendre d’avoir 30 ou 40 ans pour se lancer dans l’entrepreneuriat et faire des propositions de développement de projet ! »

De belles histoires humaines

Le design et la création sont assez peu valorisés socialement en France. « Le public est très investi, motivé et déterminé mais ces mêmes élèves se retrouvent parfois dans une situation scolaire délicate en Terminale. Nous les amenons à collaborer avec des ingénieurs et des étudiants de grandes écoles, et finalement, ils se rendent compte ne pas être si différents en termes de force de travail, et complémentaires sur le plan des compétences. Cela permet des accélérations de carrière assez importantes pour des jeunes qui manquaient de confiance en eux. » Le modèle scolaire traditionnel ne les a pas souvent valorisés. Pour autant, les anciens font les plus grandes carrières internationales.

« Ce sont souvent des jeunes de milieux modestes qui ont fait totalement confiance à e-artsup avec une soif d’apprendre incroyable. Ils deviennent des transfuges de classes avec des responsabilités qu’ils n’imaginaient pas envisageables : ils n’étaient pas prédestinés à accéder à ce niveau de compétences, de responsabilité et de rémunération. Grâce à notre école, se réjouit Nicolas Becqueret, ils réussissent à aller bien au-delà de ce qu’ils imaginaient possible. »

Isabelle Jouanneau


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