Par Margarita Lindahl, responsable Relations publiques & Réseaux sociaux chez Panasonic Business Europe

Tribune. 55 ans plus tard, la célèbre chanson « My Generation » du mythique groupe de rock The Who est toujours d’actualité. Véritable hymne des années 60, elle dressait un contraste mordant entre les baby-boomers de l’après-guerre et l’ancienne génération dite « silencieuse ». Des différences générationnelles que l’on remarque toujours aujourd’hui. Appréciée des analystes pour expliquer les motivations de chaque tranche génération, cette « caractérisation » a surtout été amplifiée par les professionnels du marketing, cherchant à nourrir des stratégies commerciales lucratives.

Nous sommes tous familiers avec les termes « génération X », « millennials » et désormais « génération Z ». Cette dernière fait justement peu à peu son entrée dans le monde du travail. Souvent utilisés à tort et à travers, ces termes tendent à diviser une population jeune en catégories d’âges dont les distinctions peuvent surprendre. Les millennials, ou génération Y, ont, par exemple, grandi marqués par l’attaque terroriste du 11 septembre. Le même événement est perçu par la génération Z comme un événement historique.

Technologies & générations

Parmi les nombreuses évolutions qui ont jalonné ces générations, l’avancée de la technologie est sans doute l’une des plus notables. Les baby-boomers ont grandi avec l’arrivée de la télévision, objet ayant radicalement transformé leurs modes de vie et leur représentation du monde. La génération X a connu la révolution informatique et l’arrivée des ordinateurs, tandis que l’explosion du Web et des outils numériques ont accompagné la jeunesse des millennials.

Mais pour la génération Z, toutes ces innovations étaient déjà utilisées quotidiennement au moment de leur naissance. À la sortie de l’iPhone, en 2007, les « Z » les plus âgés avaient 10 ans. À leur adolescence, la plupart d’entre eux utilisent déjà massivement les smartphones, tablettes et autres terminaux mobiles tout en étant connectés en permanence à Internet. Si les millennials ont pris l’habitude de publier sur les réseaux sociaux, d’être connectés en permanence et de se servir des services de vidéos et de divertissements à la demande, ceux qui sont nés après 1996 ont eux grandi dans un monde où toutes ces innovations étaient déjà utilisées et maitrisées par le grand public.

L’impact de ces divergences technologiques a récemment été mesuré dans une étude de Global Web Index1 sur la consommation des médias durant la pandémie du coronavirus en 2020 :

  • Les contenus vidéo en ligne ont été une source d’information majeure pour la génération Z durant la pandémie.
  • Les millennials se sont, quant à eux, informés via une sélection plus variée de vidéos en ligne, de télévision sur Internet et de télévision classique.
  • La génération X a montré la plus forte augmentation dans l’utilisation de la télévision, qu’elle a également regardée en ligne.
  • Les baby-boomers ont le moins modifié leur consommation médiatique : on note seulement une hausse dans l’utilisation de la télévision en ligne.

La révolution Z à venir pour le monde du travail

À mesure que les différentes générations évoluent dans le monde du travail, quel impact la génération Z pourrait-elle avoir sur l’environnement professionnel moderne ? Dans une étude récente, le cabinet Deloitte peint un portrait nuancé des attentes de la génération Z2. Si le salaire reste le motif principal pour le choix d’un emploi, cette génération y attache moins d’importance que les précédentes. Entre un poste bien payé mais ennuyeux et un autre moins bien rémunéré mais plus intéressant, près de la moitié des sondés préfère choisir la deuxième option.

Deloitte en conclut que, pour séduire la génération Z, les entreprises et les employeurs devront mettre en avant leur responsabilité sociétale. Et les actes parlent mieux que les mots : les entreprises devront prouver leur engagement en faveur de grandes causes telles que le développement durable, le changement climatique ou la faim dans le monde.

Bien que ces jeunes actifs seront parfaitement équipés et formés pour travailler à distance avec des outils numériques, une étude de l’agence EY3 estime qu’ils accorderont toujours de l’importance au contact humain. Un employé de la génération Z devrait ainsi être plus productif et motivé s’il a la possibilité de recevoir un retour sur son travail et de collaborer étroitement avec ses collègues et ses managers sur divers projets.

Comme toutes les générations avant elle, la génération Z fera entrer avec elle de nouvelles approches et de nouvelles compétences dans le monde du travail. Tout semble néanmoins indiquer que la volonté de collaborer à l’aide de technologies intuitives ne fera que s’accentuer. Ayant grandi avec le numérique, ces nouveaux employés devraient rapidement adopter les technologies mobiles et contribuer à en faire évoluer leur usage sur le terrain. Bonne nouvelle pour qui souhaite équiper la main d’œuvre mobile d’aujourd’hui comme de demain : la génération Z y mettra du sien.


1 Global Web Index: Coronavirus Research, Series 4: Media Consumption and Sport

2 Understanding Generation Z in the workplace

3 How Generation-Z Will Revolutionize The Workplace

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