Christian Gerondeau, l’homme qui dénonce le « mensonge écologiste »

Grand commis de l’Etat, ancien Délégué national à la sécurité routière, Christian Gerondeau contredit, dans son dernier essai, les thèses des Écologistes, du GIEC et de la grande majorité des scientifiques mondiaux.

Selon vous, en matière de climat, nous sommes face au « sophisme du siècle ». Expliquez-nous.

Christian Gerondeau : Ce raisonnement qui a des apparences de la logique mais qui en fait ne l’est pas, c’est de nous dire « nous allons à la catastrophe parce que la température s’élève, parce qu’on produit du CO2 », et de continuer en affirmant : « il y a forcément un moyen d’éviter cela, donc il faut absolument réduire nos émissions de CO2 ». Et c’est là que le problème est pris à l’envers, car on ne s’est pas posé la question : « Est-ce qu’on peut réduire nos émissions de CO2 ? ». Or la réponse est non. On ne peut pas les réduire, parce que ça ne dépend plus de nous – les pays développés -, ça dépend avant tout des pays en voie de développement. Or ces derniers communiquent leurs prévisions d’émissions tous les ans.

Quand on additionne les prévisions de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique et de l’Amérique, on s’aperçoit que le total augmente et qu’il va continuer à augmenter dans les années à venir. Ce n’est pas une hypothèse, c’est une certitude ! Ce qui conduit à s’interroger sur la première partie du sophisme : « Est-ce qu’on va vraiment à la catastrophe ? ».

Pourquoi dites-vous que « la religion a remplacé la raison » ?

C. G. : La réponse passe par les Nations Unies. Il faut savoir que les Nations Unies ont été prises en main il y a exactement 48 ans par les tenants de ce que j’appelle « la religion écologique », persuadés que l’homme étant nocif, il ne pouvait entraîner que des conséquences nocives pour la planète, expliquant qu’il consomme de plus en plus d’hydrocarbures ( pétrole, charbon, etc.), qu’il émet de plus en plus de CO2, etc. Je cite dans mon livre un Canadien, Maurice Strong, qui a créé il y a 48 ans un véritable ministère de l’Ecologie au sein des Nations Unies qui s’appelle « le programme des Nations Unies pour l’Environnement » et qui, avec l’autorité morale des Nations Unies, a répété notamment lors du grand Sommet de Rio qui s’est tenu en 1992, qu’il était prouvé que les émissions de CO2 réchauffaient la planète et qu’il fallait donc y mettre fin.

Tout est parti de la prise en main des Nations Unies par les ONG écologistes. Et la meilleure preuve, c’est qu’aujourd’hui encore, près de cinquante ans après, si vous cherchez qui aux Nations Unis est en charge du programme pour l’Environnement et du programme pour le Développement, vous trouverez des membres des ONG écologistes. C’est donc une prise de pouvoir par un petit microcosme qu’on pourrait presque qualifier de secte. Le plus frappant c’est qu’ils ont réussi à convaincre les secrétaires généraux successifs des Nations Unies.

Comment se fait-il que la parole des scientifiques ne soit pas mieux entendue ?

C. G. : Il y a eu une pétition dénommée « Clintel » envoyée aux Nations Unies, signée par 1000 scientifiques de 80 pays, mais ça n’a servi à rien, elle a été envoyée directement au panier. En France, en librairies, vous allez trouver une demi-douzaine d’ouvrages de scientifiques de haut niveau, qui ont également dénoncé cette doxa. Mais pour l’instant, tout est bloqué, y compris dans de nombreux médias. Je vois quand même que le mur de verre est en train de se briser peu à peu car quelques médias commencent à remettre en cause les idées reçues, mais c’est tout nouveau.

Vous parlez aussi d’une politique suicidaire de l’Europe et notamment de l’Allemagne. Pourquoi ?

C. G. : C’est extrêmement simple. L’Allemagne fabrique son électricité jusqu’à présent avec soit des centrales nucléaires, soit des centrales thermiques (à charbon ou à gaz), soit des énergies renouvelables. Mais ces dernières dépendent soit du vent, soit du soleil. Donc, au maximum, ça ne dépassera jamais la moitié de l’électricité nécessaire à l’Allemagne. Or, l’Allemagne est en train de fermer définitivement ses centrales nucléaires – la dernière fermera l’an prochain – et elle a annoncé vouloir fermer ses centrales thermiques. Alors, elle fera comment quand il n’y aura pas de vent ni de soleil ? Qu’est-ce qui va se passer ?

Elle renoncera forcément à fermer ses centrales et elle sera certainement obligée d’en construire d’autres à charbon ou à gaz. C’est pour cela qu’elle tient au gazoduc qui vient de Russie. Donc quand l’Allemagne annonce qu’elle va supprimer ses émissions de CO2, c’est aberrant. Mais bien entendu, ça ne marchera pas, car on n’imagine mal les usines automobiles s’arrêter quand il n’y aura pas de vent !

Quelle est la solution si on ne peut pas réduire ces émissions, si on n’y peut rien ? Vous parlez de développer les recherches plutôt que d’engager des dépenses massives, c’est-à-dire ?

C. G. : Le mot « solution » indique qu’il y a un problème. Je dirais plutôt qu’il n’y a aucune évidence qu’il y ait un problème. L’évolution de la température qu’on connaît actuellement – un degré par siècle – n’est pas différente de celle que l’on a connue dans le passé. Du temps de l’an mille, il faisait certainement plus chaud qu’aujourd’hui et c’est pour cela qu’on a pu construire des cathédrales. Ensuite, au petit âge glaciaire du temps de Louis XIV, la mer gelait et il y a eu deux millions de morts de faim car il n’y avait plus de récoltes.

La température remonte maintenant, et c’est tant mieux. De plus, on n’a aucune preuve que ça ne se remette pas à baisser dans les années qui viennent car tous les modèles présentés se contre-disent les uns les autres. Ma vision des choses est la suivante. Premièrement, on ne peut pas se passer de pétrole, de gaz naturel et de charbon. Deuxièmement, si on ne peut pas s’en passer, il faut donc voir quelles sont nos réserves. Celles-ci nous amènent au 22ème siècle. Quand est-ce qu’il y aura un vrai problème ? A priori, à la fin du siècle. C’est pour cela que je dis, faisons des recherches, mais ne dépensons pas l’argent inutilement.

Vous affirmez que c’est à la France, pays de Descartes, de porter la voix de la raison. Est-ce d’après-vous l’enjeu de la prochaine élection présidentielle ?

C. G. : Je dirais non, aujourd’hui en tous cas. L’homme ou la femme politique qui dirait ce que je viens d’énoncer serait sûr d’être battu aux élections ! Je ne conseillerais donc à aucun candidat de contre-dire la doxa actuelle, ce serait suicidaire. Aujourd’hui, c’est un non-sujet. Le débat pourra exister après les présidentielles. Je prépare le terrain pour l’après 2022, car à ce moment-là, il faudra bien revenir aux réalités. Où va-t-on trouver l’argent ? Est-ce qu’on va continuer à construire des éoliennes qui ne servent à rien et qui coûtent une fortune ? Va-t-on continuer à subventionner des lignes de chemin de fer qui n’ont pas de clients et à bouleverser l’industrie automobile ? Il va falloir qu’on se pose clairement les bonnes questions.

Etes-vous optimiste quant à la capacité des Français à porter ce message à l’international ?

C. G. : Très optimiste ! Les Français sont prêts à entendre le langage de la raison mais jusqu’à présent personne ne l’a porté. Je fais confiance aux Français qui sont très rationnels. Encore faut-il qu’ils soient informés, or aujourd’hui ils sont totalement désinformés. Pourquoi ce débat n’est-il pas encore ouvert ? Parce que ceux qui sont les tenants de la doctrine officielle ont toujours refusé catégoriquement la confrontation des idées avec ceux qui ne partagent pas les leurs. Si on peut demain ouvrir ce débat, alors je serai optimiste pour l’avenir.

Propos recueillis par Valérie Loctin

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