La leçon de l‘homme d‘affaires de 73 ans pourrait servir de modèle à bien des entrepreneurs toujours avides de changement et d’opportunités.

Fils d’immigré italien ouvrier dans les aciéries, ce diplômé de la faculté de droit de Strasbourg a démarré de rien du côté de Thionville en Moselle. Après plusieurs missions effectuées dans des foncières de groupes sidérurgiques, cet intuitif met la main à bon prix en 1988 sur des terrains devenus inutilisés, et dont personne ne voulait, suite à la fermeture de nombreuses aciéries dans l‘Est de la France. Ce qui lui permet de commencer de constituer brique après brique un authentique patrimoine. Dans la foulée, il proposera avec Batigere de nombreux logements HLM.

Mais ce qui est remarquable ensuite, c‘est que le fondateur de Batipart reste toujours tout au long de son parcours en mouvement pour acquérir, vendre ou fusionner. Ne jamais rester en place mais toujours dans son domaine. Jugez- vous même ! En 30 ans, il aura réussi à développer plusieurs beaux groupes en prenant le soin à chaque fois de les céder au prix fort au zénith de leur croissance.

En 1998, Il revend ainsi Immobilière Batibail à GFC. En 2010, Il revend la Foncière des Régions (devenue entre temps Covivio) à des actionnaires dont Delfin (propriété du fameux Leonardo Del Vecchio, qui vient de réussir son coup de force sur le contrôle du géant de l’optique franco-italien EssilorLuxotticca)). En 2017, c‘est une de ses sociétés Eurosic (immobilier de bureaux en province) qui passe dans le giron de Gecina. Et ce n‘est pas fini. Lorsqu‘en 2001, Charles Ruggieri décide d‘investir le secteur porteur des maisons de retraite avec le lancement de Korian. Il démarre avec 7 maisons de retraite rachetées dans la région de Besançon avant d’appliquer les mêmes principes : développer rapidement pour revendre ; ce qu’il fit en 2015 auprès du fonds PSP, après avoir fait entre temps de Korian le leader européen des maisons de retraite médicalisées. Ce qui lui permettra d’acquérir dans la foulée SIIC, une foncière cotée sur Euronext Paris.


Chapeau l’artiste, il a beau ne pas avoir fait l' ENA, à chaque fois, notre homme retombe sur ses jambes et de quelle manière avec de magnifiques plus-values à la clé. Ce n‘est pas un hasard si aujourd‘hui, il fait partie des plus grosses fortunes françaises, dans le Top 100 selon le magazine Manager, avec des actifs patrimoniaux évalués à plus d‘un milliard d’euros.
Il est vrai aussi que le fondateur de Batipart ne s‘est jamais départi d‘une règle : celle de rester arrimé à son secteur de prédilection, en l’occurrence, celui de la promotion immobilière.

Un peu comme par exemple Louis Le Duff qui a toujours refusé de sortir de son secteur de la restauration (Brioche dorée, Del Arte, …) ou de la boulangerie industrielle (Bridor). Bien lui en a pris. Et si récemment, l’homme d’affaires de Batipart accepte de lorgner sur celui des centres commerciaux, c‘est bien parce que son fils Nicolas, nouveau Directeur General, a insisté après avoir eu l’opportunité d’acquérir avec Covea un portefeuille attractif de 43 magasins Leroy Merlin ou Bricoman en France et en Europe du sud.

Pas de regrets a avoir depuis : « C’est une de nos acquisitions les plus intéressantes de ces dernière années » reconnaît Charles Ruggieri qui n‘aime pas trop chasser sur des territoires inconnus même si dès 2009 il avait déjà investi sur une chaîne d’hôtels (30 établissements Onomo en Afrique). Et il peut passer tranquillement le témoin à ses trois enfants (Julien président du CA, Claire présidente du conseil de surveillance et Nicolas Dg). Assuré qu‘ils poursuivront à creuser dans le même sillon, eux qui travaillent à ses côtés depuis plus de 15 ans. Les chiens ne font pas des chats. En l’occurrence avec Ruggieri, on devrait d’avantage parler de lion !


Robert Lafont

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