Combatifs, ambitieux, disciplinés… L’ADN et l’expérience des sportifs de haut niveau leur permet souvent une reconversion réussie dans l’entrepreneuriat.

Habitués des challenges, de la compétition, du dépassement de soi et du jeu collectif, de nombreux sportifs se tournent vers la création d’entreprise une fois leur carrière rangée aux vestiaires.

Des rugbymen Franck Mesnel et Éric Blanc reconvertis en marchands de polos (Eden Park) au patineur Gwendal Peizerat lancé dans le contrôle des équipements sportifs (Soléus) en passant par le basketteur Laurent Bernard pour qui diagnostic immobilier et études thermiques n’ont plus de secret (ACDE), les exemples ne manquent pas. Des réussites peu mises en lumière qui pourraient pourtant faire des émules…

Un maillot sur mesure

Tout au long de leur formation puis de leur carrière, les sportifs de haut niveau développent des qualités et des aptitudes similaires à celles des entrepreneurs.
« La résilience, d’abord », commente le Dr. Orsolya Sadik-Rozsnyai, professeur et chercheur à l’ESSCA, école de management, qui a rencontré durant 2 ans de nombreux athlètes devenus businessmen pour étudier leur schéma de réussite.

« Ils se servent de l’échec pour progresser et on sait que rares sont les entrepreneurs qui réussissent du premier coup ». Pour parvenir au sommet, les sportifs apprennent aussi à se fixer des objectifs et à ne pas brûler les étapes.

« En tant que sportif de haut niveau, je me suis toujours fixé des objectifs ambitieux, notamment gagner des compétitions internationales. Pour y arriver, j’ai défini des étapes successives sur plusieurs années : accrocher des médailles sur des compétitions régionales, puis nationales et enfin internationales », témoigne Guillem Riand, ancien nageur de haut niveau et plusieurs fois champion du monde de sauvetage sportif. Désormais entrepreneur dans le loisir et l’apprentissage du sport, il procède de la même façon pour développer son entreprise.

Un mental d’acier

« Les sportifs baignent dans un environnement compétitif, concurrentiel. Dès le plus jeune âge, ils développent donc un certain état d’esprit », poursuit le Dr. Orsolya Sadik-Rozsnyai.

Romarin Billong, ancien footballeur professionnel de Ligue 1, fondateur de la Financière Dioclès, conseil patrimonial et financier, témoigne : « Dans le foot, nous ne cherchons pas simplement à nous entraîner pour être performants en compétition officielle, mais nous performons déjà pendant l’entraînement ! Nous sommes en compétition permanente, non seulement avec les équipes adverses mais aussi avec nos coéquipiers. Cela nous prépare à être au top lors des matchs ».

Enfin, la dernière qualité commune aux entrepreneurs et aux athlètes, moins évidente de prime abord, concerne leur capacité à innover. « Ils sont dans une démarche d’amélioration permanente. Ils sont obligés d’innover et de trouver des solutions pour développer leur physique, leur mental et même leur équipement », explique l’experte.

Pour devenir champion du monde en sauvetage sportif, Guillem Riand a ainsi développé une technique de remorquage de mannequin révolutionnaire. Une véritable innovation mise au point en secret… et dévoilée le jour de la compétition !

Transformer l’essai

Pour le Dr. Orsolya Sadik-Rozsnyai, cela ne fait aucun doute : « Tous les sportifs de haut niveau sont des entrepreneurs potentiels ». Dès lors, pourquoi certains enfilent-ils le costume et d’autres pas ? « Parce qu’ils n’y sont pas naturellement encouragés. Si les médias mettaient davantage la lumière sur les sportifs qui ont réussi dans les affaires, cela créerait peut-être des émules ».

Pour elle, l’élément-clé réside dans la capacité des athlètes à mener des études de management ou de commerce en parallèle de leur carrière sportive. « Les études permettent non seulement d’acquérir des savoirs et des notions fondamentales, mais elles conditionnent également la possibilité de se faire un réseau en dehors du milieu sportif, indispensable pour entreprendre ».

Les études donneraient en outre aux sportifs de haut niveau un capital confiance qui leur manque cruellement en dehors du terrain. « Ils ont une incroyable confiance en leurs capacités sportives, mais sont perdus dès qu’ils sortent de ce contexte familier. Il suffit pourtant de leur mettre le pied à l’étrier », conclut le Dr. Orsolya Sadik-Rozsnyai qui lance un appel à tous les sportifs de haut niveau qui voudraient se reconvertir dans l’entrepreneuriat : « Contactez-moi !* ».

*orsolya.sadik-rozsnyai@essca.fr

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