Depuis sa création, il y a 4 ans, la banque publique d’investissement est devenu un acteur clé de l’écosystème du financement des entreprises. À tel point qu’il est parfois difficile d’y voir clair dans une activité aussi multiple.

Bpifrance est un supermarché du financement des entreprises : elle prête, finance l’innovation, entre au capital de PME de province comme de groupes du CAC 40, investit dans les start-up… Elle intervient pour des montants allant de quelques dizaines de milliers d’euros à plusieurs dizaines de millions.

Créée pour être un moyen d’action au service des politiques publiques de l’État et des régions, elle a pour vocation de soutenir les petites et moyennes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire et les entreprises innovantes. Elle intervient dans un contexte de resserrement du crédit bancaire, pour son activité de prêts et de garanties (Bpi Financement), et en complément de l’écosystème des investisseurs, par des prises de participation directe ou en tant que «fond de fonds» (Bpi Investissements).

Un poids qui interroge

Dans une note publiée en juin dernier, signée par Marie Ekeland (France digitale) et les économistes Augustin Landier et Jean Tirol (récent prix Nobel), le Conseil d’analyse économique (CAE) s’interroge sur la gouvernance de la banque publique d’investissement ainsi que sur les risques d’un monopole de l’État sur le capital-risque.

En France, l’intervention de l’État dans le financement de l’innovation est prépondérante  : au cours des 3 dernières années, 22,3% des fonds levés en capital-risque l’ont été auprès d’institutions publiques. Un taux qui atteint 2,9% au Royaume-Uni.

Et, par son action en financement de fonds, Bpifrance est aujourd’hui impliquée dans plus d’une opération sur deux. Un place qui conduit les auteurs de la note à s’interroger sur «la taille et la fréquence optimale que devraient avoir les interventions de la banque publique pour que l’écosystème du capital-risque puisse, à terme, être plus autonome» d’autant que «l’équilibre vertueux actuel semble reposer sur l’équipe dirigeante en place et non pas sur les institutions elles-mêmes».

En attendant, les entrepreneurs français apprécient de bénéficier de cette source de financement qui leur permet de créer, de se développer, d’innover, de partir à l’international…

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