Bernard Arnault a investi dans la société française Ledger.

Le milliardaire français, dont la fortune est estimée à 160 milliards d’euros, a investi plusieurs millions dans Ledger, le spécialiste français de la sécurisation des cryptomonnaies, qui vient de réaliser un tour de table estimé à 312 millions d’euros.

L’essor des cryptomonnaies ne se dément pas. En toute logique, les entreprises qui évoluent dans ce secteur en profitent. C’est notamment le cas de Ledger. Valorisé à plus de 1,5 milliards de dollars, l’entreprise dont le site de production se situe à Vierzon (Cher) est la seizième licorne française, la toute première dans l’univers des cryptomonnaies. Sa dernière levée de fonds, la troisième de son histoire, lui a permis de recueillir plus de 300 millions d’euros.

« Grâce à cette levée de fonds de série C, Ledger, qui est en pleine croissance et rentable, sera en mesure de consolider sa position de leader de la sécurisation des cryptoactifs pour devenir la plateforme de gestion de référence de l’ensemble de l’écosystème des cryptoactifs », a fait savoir l’entreprise dans un document transmis à la presse.

Envolé du Bitcoin et statut de leader

Ce tour de table a été mené auprès du fonds américain 10T Holdings et d’autres grands noms du capital-risque (Cathay Innovation, Draper Esprit, Felix Capital, Macsf, Korelya Capital…). Les investisseurs de la première heure ont également remis la main au portefeuille. Mais la véritable curiosité de cette liste est la Financière Agache, holding de Bernard Arnault, actionnaire majoritaire de Christian Dior SA, maison-mère de LVMH.

Le Nano X, un portefeuille permettant de stocker des cryptomonnaies, est l’un des produits phares de Ledger.

Mais pourquoi l’homme le plus riche du monde, qui dirige le leader mondial du luxe, a-t-il décidé d’investir dans l’univers des cryptomonnaies ? Plusieurs raisons ont sans doute poussé Bernard Arnault à franchir le pas. D’abord, le statut de Ledger. Dans un secteur dominé par les solutions et les plateformes américaines ou asiatiques, l’entreprise berrichone fait en effet figure d’exception. Leader dans son domaine — les porte-monnaies physiques permettant de sécuriser ses cryptoactifs —, Ledger est devenue une référence sur les marchés américains et asiatiques. Cette place de numéro un est un avantage non négligeable aux yeux des investisseurs. Deuxième avantage : saluée par les experts, la technologie de Ledger n’a jamais été prise en défaut, et la réussite de la licorne française s’explique avant tout par la fiabilité et le niveau de sécurité de ses deux produits phares (le Nano X et le Nano S).

Morgan Stanley, BlackRock, Visa…

Enfin, Bernard Arnault a pu être séduit par l’arrivée massive des institutionnels (grandes banques, fonds d’investissement, entreprises…) dans le monde des cryptomonnaies. Citons Morgan Stanley, BlackRock, Goldman Sachs, Visa, Mastercard… Mais aussi Tesla qui a annoncé début mars avoir acheté pour 1,5 milliards de dollars de bitcoins — l’entreprise californienne en aurait revendu 10 % il y a quelques semaines.

Des rumeurs persistantes évoquent également la possibilité qu’un géant de la Silicon Valley (Apple ou Facebook, au choix) détienne des bitcoins dans son bilan. L’envol des cours du bitcoin et des autres cryptomonnaies depuis mars 2020 est sans doute pour beaucoup dans cette adoption massive. Plus récemment, le bitcoin a encore franchi un cap avec le choix audacieux d’un pays, le Salvador. Le petit État d’Amérique centrale aux 6,5 millions d’habitants a jeté un pavé dans la mare en devenant le premier pays à reconnaître le bitcoin comme monnaie légale. « Cette industrie est en train de devenir mainstream à grande vitesse et de remodeler l’ensemble du secteur financier », explique simplement Pascal Gauthier, successeur d’Eric Larchevêque à la tête de Ledger. Bernard Arnault doit sans doute partager cet avis.

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