Secteur en plein développement ces dernières décennies, les biotechnologies (biotechs) ont permis d’explorer de nouveaux domaines d’application, que ce soit dans l’industrie, la santé ou l’agriculture. Sortie des laboratoires, cette utilisation des organismes vivants est aujourd’hui la clé d’un nouvel axe de croissance économique.

Utiliser les organismes vivants afin d’améliorer nos connaissances scientifiques, mais surtout pour créer de nouveaux produits ou bien de nouveaux services, voilà comment se définit la biotechnologie. Si son développement dans le domaine des sciences et des technologies semble relativement récent, la biotechnologie a très rapidement fait partie de l’évolution industrielle et économique de notre société. Le vin, la bière, le pain, le fromage, sont d’ailleurs autant d’applications directes de la biotechnologie : on utilise des organismes vivants pour produire quelque chose.

Mais ces utilisations ancestrales sont à différencier de celles issues du génie génétique, réalisées après la découverte de l’ ADN en 1953. Dans sa compréhension du vivant, l’homme s’est intéressé aux organismes qui l’entouraient et l’évolution des technologies lui a permis de découvrir, analyser et comprendre des êtres de plus en plus petits, jusqu’à leur trouver de nouvelles applications pour répondre à des enjeux capitaux : soigner des maladies génétiques incurables, améliorer ses performances sportives, proposer une alternative aux pesticides, remplacer des carburants polluants, mettre fin au plastique… Les biotechnologies permettent aujourd’hui d’envisager ce qui paraissait jusque-là alors impossible.

Quand le vivant booste l’innovation

Imaginez : être capable de comprendre les bactéries qui prolifèrent librement dans notre système digestif pour traiter par exemple l’obésité, développer de nouvelles molécules à base d’enzymes issues du vivant pour lutter contre des maladies cardiovasculaires, booster notre système immunitaire et nos performances physiques grâce à des protéines produites par des micro-organismes identifiés chez des personnes aux capacités hors-normes. Les biotechnologies ouvrent le champ des possibles en ce qui concerne la recherche médicale. De nombreuses entreprises en France en ont fait leur principal sujet de recherche et de développement.

Parmi les nouvelles découvertes, on s’intéresse par exemple au microbiote de nos intestins pour lutter contre les troubles du comportement alimentaire entraînant obésité ou, au contraire, anorexie. Des recherches ont même montré que ce microbiote pourrait être responsable de diverses maladies et, chez certaines personnes, contenir des bactéries capables d’améliorer le potentiel physique et sportif. Des découvertes récentes mais qui entrouvrent de nouvelles perspectives pour l’homme.

Une alternative aux pesticides

Si le terme biotech s’applique principalement au domaine de la santé, le marché est émergent dans les autres secteurs. Les productions OGM sont certainement les manifestations les plus connues des biotechnologies dans le domaine de l’agriculture. Mais être capable de réaliser des cultures modifiées génétiquement n’est pas la seule application possible dans ce secteur. Des entreprises proposent des alternatives innovantes et performantes aux pesticides régulièrement utilisés en agriculture ; des bio-fertilisants, issus de produits végétaux donc, permettent aujourd’hui de maintenir la santé de cultures tout en respectant l’environnement et les normes de santé publique.

Toujours à partir de végétaux, il est possible également de trouver des solutions pour lutter contre certaines maladies qui affectent de nombreuses cultures comme la vigne et le maïs. Reste désormais à démocratiser l’utilisation de ces innovations au détriment de produits chimiques purs, bien souvent déconnectés des enjeux écologiques.

Des bénéfices pour l’industrie

Le vivant est par ailleurs déjà largement exploité par l’industrie et ses applications se sont déjà retrouvées dans notre quotidien. Les biocarburants en sont un parfait exemple : utiliser des cultures spécifiques comme source d’énergie pour nos transports, cela fait plusieurs années que nous en sommes capables. Les biomatériaux ont également le vent en poupe dans le cadre de nouvelles constructions. Proposer une alternative au plastique en concevant des emballages biodégradables à base de fécule de pomme de terre, voici une autre application que nous avons déjà pu expérimenter.

Les biotechnologies ont, en réalité, déjà pris une place importante dans notre vie mais constituent clairement un nouvel axe de développement économique et un potentiel de recherches scientifiques bien plus important : être capable de nourrir une population mondiale de plus en plus nombreuse, construire toujours plus en respectant mieux notre environnement, offrir de vraies alternatives en matière d’énergie… Les questions qui entourent le développement de notre société dans les années à venir sont déjà là, et les biotechnologies peuvent y apporter de réels éléments de réponse.

Des normes drastiques

Cependant, exploiter le vivant fait inéluctablement face à des difficultés d’ ordre scientifique et éthique. Prenons le cas des bio-carburants par exemple : s’ils constituent une alternative plus écologique aux carburants « classiques », la superficie qu’ils monopolisent doublée de la nécessité de nourrir la planète posent question. De plus, les recherches se heurtent régulièrement à des normes et des validations qui peuvent parfois prendre plusieurs années voire des dizaines d’années, limitant ainsi le développement économique rapide d’un secteur déjà restreint par des recherches longues et exigeantes.

En France, notre système de réglementation a souvent été un frein dans le domaine, nécessitant de passer par des validations extérieures et des filiales étrangères pour réaliser certaines recherches. Mais les enjeux que représentent ces découvertes tendent à favoriser le développement du secteur ainsi que de nombreux établissements, qu’ils soient publics ou bien privés, se sont désormais lancés activement dans les biotechnologies. Les besoins en recrutement sont importants en ingénieurs et en techniciens supérieurs, auxquels on demande de larges capacités d’ adaptation dans ce secteur particulièrement innovant.

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