L’assurance-vie est très prisée des Français qui y placent des sommes conséquentes. Toutefois, la majorité de ses utilisateurs méconnaissent ses nombreux avantages, particulièrement en ce qui concerne la fiscalité. C’est votre argent vous dit tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer !

L’assurance-vie est de loin le placement d’épargne le plus prisé par nos compatriotes. Avec 1700 milliards d’euros placés à l’été 2018 contre « seulement » 280 milliards pour le livret A. Si, en 2020, l’intérêt des Français pour l’assurance-vie a connu une baisse du fait de la pandémie de Covid-19, elle reste privilégiée par une majorité d’entre eux. Pourtant la plupart ignore presque tout de ses nombreux avantages. Le premier étant la grande liberté qu’il laisse à l’épargnant d’alimenter ou de puiser à l’envie dans cette ressource financière.

Un atout ô combien important face aux produits concurrents comme le PEA (Plan d’Épargne en Actions) ou le PEL (Plan d’Épargne Logement). Mieux encore, sa période d’engagement à la signature n’est pas contraignante, contrairement à ce que l’on peut s’imaginer… On ne le dira jamais assez, l’avantage de l’assurance-vie réside d’abord dans sa souplesse.

Un placement financier peu contraignant

L’assurance-vie n’est limitée par aucun plafond de versement, contrairement aux autres produits financiers d’épargne, comme le livret A (22950 €), le PEL (61200 €) et le PEA (150000 €). C’est donc un placement parfaitement adapté dès lors que l’on perçoit des sommes importantes (succession, donation, vente immobilière, indemnités de licenciement…). Sachez par ailleurs que le nombre d’assurances-vie n’est pas limité, contrairement au PEA ou au livret A, donc ne vous privez surtout pas… Vous pouvez signer autant de contrats que vous le souhaitez, mais sachez ne pas en abuser non plus au risque de vous perdre.

Si vous avez ponctuellement un besoin de liquidités, l’assurance-vie est très souple. Elle permet des retraits très simples. Mais, petit conseil, si vous sortez de l’argent pour mieux le réinvestir par la suite, sachez que vous pouvez simplement demander un prêt à rembourser sous 3 ans (en fonction des taux d’intérêt). Cela vous évite d’entamer votre capital.

Des avantages fiscaux indéniables

L’intérêt de ce placement est de construire et de consolider un capital, mais vous pourrez également à l’avenir en tirer des revenus. L’assurance-vie est aussi un excellent moyen de prévoir une transmission de votre placement. D’autant que la fiscalité peut se révéler avantageuse. Depuis le 1er janvier 2018, les placements financiers sont soumis à ce que l’on appelle la flat tax, le régime fiscal du prélèvement forfaitaire unique (PFU). Mais, après huit ans, l’assurance-vie est, en cas de retrait, soumis à un abattement fiscal (9200 € par an sur les intérêts perçus pour un couple, 4600 € pour un célibataire). Cet avantage permet de s’octroyer des revenus à l’abri de l’administration fiscale. Et encore mieux en cas de décès.

Réfléchissez bien à la répartition de vos fonds

La répartition dépend d’abord de votre profil d’épargnant, de votre horizon de placement et de votre capacité à prendre des risques. Pour sécuriser votre épargne, le fonds en euros se révélera le meilleur choix. Si vous souhaitez un placement plus performant, vous aurez l’embarras du choix (notamment en actions) mais vous devez être prêt à jouer une part de votre capital… Le cœur de l’assurance-vie reste les fonds en euros à capital garanti, qui captent environ 70 % de votre épargne. Même si le rendement a baissé sur les dix dernières années (1,4% en 2019), il reste toutefois bien supérieur à celui du livret A (0,5 % net). Le mieux est encore de diversifier ses fonds.

A titre indicatif, sur la période allant de 2010 à 2017, soit durant 8 années d’un contrat, les épargnants ayant choisi un mix de fonds en euros ont en moyenne gagné de 2 à 3 fois plus qu’en misant uniquement sur ceux en euros. Mais, bien évidemment, les années se succèdent mais ne se ressemblent pas. Réfléchissez bien à vos intérêts ! L’idéal reste de choisir le fonds en euros pour 70 % de votre épargne et de diversifier dans un fond en actions à hauteur de 30 %. Vous obtenez alors un investissement de tendance prudente à un horizon d’environ 6 à 8 ans. Si vous décidez d’être un peu plus aventureux, vous pouvez réduire le fonds en euros à 50 % et diversifier le solde sur 2 à 4 autres supports financiers.

Surtout, n’attendez pas pour souscrire !

Lorsque vous souscrivez une assurance-vie, l’important dans l’obligation de faire un retrait de la quasi-totalité de est la date d’ouverture du contrat, pas celle à laquelle votre épargne, ne soldez pas votre contrat ! Conservez le premier versement a été effectué. En conséquence, plus vite vous ouvrez un contrat, plus vite vous pourrez profiter de ses avantages en laissant le temps s’écouler. Si vous ne disposez pas de grands moyens, pas de problème : optez simplement pour le versement de petites sommes au départ, ensuite vous passerez à des montants plus conséquents quand votre surface financière vous le permettra… Le tout étant, bien évidemment, de rester sur des montants qui soient conformes à votre capacité d’épargne.

L’essentiel est de faire tourner le compteur fiscal de votre assurance-vie. Et si toutefois, vous étiez plutôt quelques centaines d’euros dessus. Sachez que la notoriété d’un établissement financier ne dit strictement rien de la qualité de ses contrats d’assurance-vie. A ce sujet, les plus vendus ne sont pas forcément
les meilleurs. Avec le temps, votre contrat peut souffrir d’un désintérêt de la part de l’assureur qui privilégiera les nouveaux produits. Pour vous préserver, ne mettez
pas tous vos œufs dans le même panier en multipliant les placements auprès de différents assureurs. Restez sur deux ou trois contrats au maximum pour ne pas non plus vous éparpiller…

Renseignez-vous sur les services liés au contrat

Avant de vous engager, veillez aussi à vous renseigner sur le service après-vente du contrat et posez-vous les bonnes questions. Pourrez-vous le gérer vous-même par internet ? Quels sont les délais pour un retrait ? Les traitements peuvent s’avérer très différents selon les assureurs. Un retrait nécessite une semaine de délai chez la majorité, mais certains sont plus contraignants. Ne prenez pas seulement en compte les frais d’entrée comme le font la plupart des souscripteurs !

Penchez-vous également sur les frais de gestions : ceux prélevés chaque année au titre de la gestion sont bien plus lourds sur le long terme, car ils sont prélevés chaque année sur un capital en augmentation. Surveillez également les frais d’arbitrages… Si beaucoup de contrats ne les facturent plus, certains assureurs continuent de prélever jusqu’à 1 % des montants !

Surveillez le rendement

Méfiez-vous des belles promesses des assureurs ! Mieux vaut se focaliser sur le rendement du fonds en euros sur plusieurs années et sa tendance. Et si vous avez diversifié votre fonds en investissant sur des supports en actions, ne réagissez pas au quart de tour si les cours baissent. Comme pour un portefeuille boursier, il faut savoir patienter et laisser passer l’orage tout en continuant à investir. Le cycle finira par s’inverser. Sachez que les fonds en euros les plus rentables et les plus accessibles sans être contraignant sont en général proposés par des associations d’épargnants (Afer, Asac-Fapes, Gaipare) ou de certaines mutuelles d’assurances (GMF, MACSF, MIF). Chez les établissements bancaires, les taux proposés peuvent se révéler décevants sur le long terme.

Préparez la transmission bien en amont

Pour finir, lorsque vous souscrivez une assurance-vie, soyez vigilant sur la clause bénéficiaire qui désigne la ou les personnes à qui reviendront les capitaux au décès de l’assuré. C’est elle qui conditionne les avantages civils (l’assurance-vie ne fait pas partie de la succession) et fiscaux (exonérations de droits) du contrat. Mieux vaut prévoir tout de suite plusieurs rangs de bénéficiaires, même si a priori le contrat vaut le propose d’emblée. Si vous n’en désignez qu’un seul, et que celui-ci disparaît avant l’assuré, plus personne ne sera désigné dans le contrat, et ce dernier reviendra alors dans la succession…

Mais, ne désignez pas votre premier bénéficiaire de manière nominative. Mentionnez votre « conjoint » avec la précision : « Non divorcé, ni séparé de corps ». Ainsi, c’est la personne qui aura cette qualité lors de votre décès qui recevra les capitaux. Enfin, pensez au démembrement de la clause bénéficiaire : cette astuce fiscale permet d’attribuer la jouissance du capital à une personne, souvent le conjoint, et la nue-propriété à d’autres, en général les enfants : ils seront créanciers du conjoint et recevront donc, à son décès, la valeur de l’assurance-vie sans droits
de succession ! On ne vous le redira jamais assez, l’assurance-vie et un excellent placement financier…

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