Leader sur le marché en devenir des protéines alternatives, la start-up française Ÿnsect lève 110 millions d’euros auprès d’Astanor Ventures et de ses investisseurs historiques pour développer la production d’insectes pour l’alimentation animale et les engrais organiques. Presqu’une révolution dans la nouvelle agro-industrie. Et ce n’est qu’un début.

Un pari en passe d’être gagné

En 2011, lorsqu’il a créé Ÿnsect avec ses associés Jean-Gabriel Levon, Alexis Angot et Fabrice Berro, l’ingénieur agronome Antoine Hubert, 36 ans, s’est lancé un pari complètement fou en passe d’être gagné. En effet, sa start-up vient de boucler fin février 2019 un très important tour de table de 110 millions d’euros pour se lancer sur le marché mondial des protéines d’insectes destinées à l’alimentation animale (animaux domestiques et poissons) et aux engrais organiques.

Un carnet de commandes assurées pour 4 ans

L’entreprise possède déjà une ferme à Dole, dans le Jura, et un siège basé à Évry, près de Paris. Elle espère, grâce à cette nouvelle ferme, baptisée Ÿnfarm, prévue pour être mise en service en 2021, produire jusqu’à 20 000 tonnes de farine d’insectes. « On pourra probablement faire significativement plus car on a une grande réserve foncière sur le site de Poulainville », se réjouit M. Hubert, dans un entretien à l’AFP. L’entreprise est de plus déjà dotée d’un carnet de commandes de 70 millions de dollars pour les quatre prochaines années.

Des protéines pour les animaux

Le marché mondial de la nourriture animale représente 500 milliards de dollars, alors que le marché des fertilisants représente environ 200 milliards de dollars. Les protéines d’insectes utilisées notamment en aquaculture peuvent se substituer à la farine et à l’huile de poisson qui sont souvent pointées du doigt pour mettre en péril la sécurité alimentaire des populations où elles sont pêchées.

Destination l’Amérique du Nord

Ÿnsect emploie actuellement 105 personnes. Elle prévoit de recruter 70 personnes supplémentaires pour son site amiénois. En parallèle de son développement en France, la start-up devenue PME prévoit d’accélérer son programme d’expansion internationale en ouvrant une nouvelle usine en Amérique du Nord pour servir le marché mondial de la nourriture animale.

« Nous sommes fiers qu’un acteur français devienne le chef de file d’une nouvelle filière industrielle en apportant au secteur des protéines alternatives, à la fois le produit le plus premium du marché et une capacité de production à grande échelle, grâce à un outil industriel à la pointe de l’innovation », souligne aujourd’hui avec fierté Antoine Hubert.

V.D.

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