Bretagne Arkea

« Restons Mutualistes » est une association citoyenne qui se revendique bretonne, dont le but affiché est de défendre le mutualisme en Bretagne et pour les Bretons… mais qui est domiciliée à Paris autour d’une équipe essentiellement parisienne. Derrière cette association « paravent », on retrouve en réalité une opération de propagande et d’influence du Crédit Mutuel face à sa composante, le groupe Arkéa.

Les dessous de l’affaire sont complexes. Arkéa, groupe régional (Bretagne, Nouvelle-Aquitaine ainsi qu’une trentaine de filiales…), souhaite prendre son indépendance de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, estimant qu’en grossissant et en se centralisant, la banque s’est éloignée de son modèle coopératif et mutualiste en s’alignant sur les pratiques des autres géants du secteur. Le Crédit Mutuel dénonce au contraire une opération qui desservirait les sociétaires.

Quoi qu’il en soit, une drôle d’association a vu le jour en 2018 pour soi-disant défendre le mutualisme en Bretagne : « Restons Mutualistes ». Si la présidente de l’association, l’ancienne ministre Marylise Lebranchu, est bien bretonne, l’opération est pilotée depuis Paris. Et plus précisément depuis les bureaux du siège de la Confédération du Crédit Mutuel.

C’est effectivement à cette adresse qu’est domiciliée l’association de défense de la Bretagne, « Restons Mutualistes ». En fouillant dans les documents constitutifs de l’association, on réalise l’étendue des liens avec le Crédit Mutuel. Les statuts de l’association ont été adoptés le 11 juillet 2018, sur décision du Conseil d’administration de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM). L’association bénéficie de financements à hauteur de 500 000 euros par an versés par les fédérations du Crédit Mutuel favorables à la Confédération et plus ou moins contrôlées par la puissante fédération alsacienne.

Quel est alors le but de cette association ? Très clairement de faire du lobbying en faveur du Crédit Mutuel dans le conflit ouvert avec Arkéa. Et le mode de fonctionnement de l’association démontre assez clairement cette démarche.

Marylise Lebranchu (qui a reconnu en début d’année toucher des « défraiements » à hauteur de 2 000 euros par mois pour son rôle de présidente de l’association) a effectué ces derniers mois plusieurs réunions publiques à travers la Bretagne pour convaincre les sociétaires de se rallier au Crédit Mutuel. Des réunions qui n’ont pas eu le succès escompté, les salles étant le plus souvent désertes.

Mais l’absence de public a tout de même permis de réaliser que l’ancienne ministre socialiste, qui, à la tribune défendait les valeurs de la coopération et du mutualisme, était en général chaperonnée par une bonne partie de l’état-major de la Confédération du Crédit Mutuel.

1 COMMENTAIRE

  1. Vaine chimère, ce débat.
    Denis et ses amis ont le projet de « démutualiser » les fédérations du Crédit Mutuel qu’ils dirigent : c’est leur droit, dès lors qu’ils ne lèsent pas les intérêts des sociétaires.
    Ils veulent créer un groupe bancaire indépendant : c’est leur droit encore, dès lors qu’ils s’inscrivent dans la légalité et qu’ils assument toutes les conséquences de leur initiative.
    Pour parvenir à leurs fins ils ont puissamment investi dans une stratégie de communication plutôt agressive en direction des administrateurs, dés élus des régions concernées, de médias ciblés : c’est leur droit toujours, si est préservé le respect de l’indépendance des administrateurs, des élus et des médias.
    Madame Lebranchu, que je respecte sans partager toutes ses opinions, considère que le projet de Denis est nocif pour les sociétaires et le Crédit Mutuel : c’est son droit et son devoir de le dire, de le faire savoir et de se donner les moyens d’être audible.
    La CNCM juge également que le projet dessert tant les sociétaires que l’institution Crédit Mutuel : c’est son devoir d’intervenir fermement, et une obligation de le faire résultant de la loi, puisque l »article L512-56 (et d’autres) du Code Monétaire et Financier fait de la CNCM le protecteur des intérêts des sociétaires et le garant de la présence du Crédit Mutuel sur l’ensemble du territoire.
    Dès lors, où est le problème posé par la proximité de deux intervenants ayant des préoccupations pratiquement identiques ?
    Soyons réalistes à défauts d’être objectifs : il y a ces chiffres bidons, et en face on pourrait évoquer la prime de 10.000 € mini pour motiver le personnel ou le coût du déplacement à Paris de 4 ou 5000 salariés.
    A ce stade, le perdant certain c’est le sociétaire.

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