Patrick Balkany arrive à son Procès

Les choses sérieuses commencent enfin au tribunal correctionnel de Paris qui examine depuis hier le fond des accusations contre les époux Balkany, pour la seule infraction de fraude fiscale dans un premier temps.

Jugés depuis lundi, le maire LR Patrick Balkany et son épouse et première adjointe Isabelle, toujours hospitalisée après une tentative de suicide début mai, doivent comparaître jusqu’au 20 juin notamment pour fraude fiscale, blanchiment de ce délit et, pour lui, corruption passive.

Le procès recouvre deux procédures distinctes: l’enquête pour blanchiment et corruption a été ouverte en 2013 après des révélations d’un ancien allié du couple, Didier Schuller. L’autre, pour fraude fiscale, a démarré par une plainte de l’administration fiscale en 2015.

Au grand dam de la défense, le tribunal correctionnel a décidé d’examiner d’abord les accusations de fraude fiscale, qui portent sur environ quatre millions d’euros éludés selon le fisc: impôt sur le revenu entre 2009 et 2014 et impôt sur la fortune (ISF) entre 2010 et 2015.
« Ubuesque » pour la défense

Luxueux moulin à Giverny, soupçons d’avoirs à l’étranger, espèces à profusion… L’enquête avait disséqué le train de vie du couple, incompatible selon le fisc avec leurs revenus déclarés. Pendant plusieurs années, ils ont déclaré moins de revenus que les seuls salaires qu’ils versaient à leurs employés.

Au pressing, on avait un jour retrouvé sept billets de 500 euros dans un costume du maire. Au supermarché, la responsable se demandait ce qu’Isabelle Balkany «faisait dans la vie» pour venir échanger d’autres coupures de 500. A l’agence de voyages, les vols en classe Business étaient souvent réglés en liquide. Au tabac, on voyait régulièrement Mme Balkany jouer à… l’Euromillions.

Patrick Balkany sera interrogé mercredi après-midi. Il ne fera pas valoir son droit au silence: «Sûrement pas, après tout ce que j’ai entendu !».

L’élu a lu deux lettres envoyées par son épouse aux juges d’instruction, en 2016 puis 2017. Elle y dénonçait notamment «la vindicte» et évoquait l’idée de «tirer définitivement (sa) révérence».

En début d’après-midi, le tribunal avait refusé la jonction des deux procédures de fraude fiscale et blanchiment demandée par la défense.

Pour en savoir plus : http://www.nordlittoral.fr/125612/article/2019-05-15/au-proces-balkany-debut-des-debats-sur-la-fraude-fiscale

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