Le président de l'Ukraine Volodymyr Zelenskyy et Emmanuel Macron pour une conférence de presse conjointe à Kiev (Photo de Pavlo Bagmut/Ukrinform/ABACAPRESS.COM)

Tribune. Frederic Nietzsche parlait de « l’éternel retour du même ». La portée philosophique de la notion n’est pas identique dans le cas présent, car ce que j’évoque tient davantage à l’éternelle lassitude d’entendre, jour après jour, les même âneries débitées avec autorité par les locuteurs de la boîte à images.

Les journaux continus étant ce qu’on a trouvé de mieux pour laver les cervelles, il n’est de moment qu’on ne vienne nous importuner avec des leçons de morale pour attardé mental.

Après cette pauvre Lola martyrisée par une affreuse, venue souiller le territoire national de ses rancoeurs et de ses vices, c’est le commentaire comminatoire assené sous toutes les trilles de l’indignation, afin d’empêcher le populaire de  tirer les leçons du drame,  Ô menteurs , Ô Tartuffes !, qu’on vous prie d’ingérer jusqu’à la nausée.

Rien donc ne leur fait honte, à la fin ?!

Ce qui s’est passé, vous êtes prié d’en convenir, n’a pas de cause et ne peut être que le fruit du hasard, que l’on appelle malchance. Quelle déveine, en effet, d’être aussi malhonnête au point de dénier tout rapport entre l’immigration massive, dont Giscard en tête, les imbéciles et les froussards qui nous gouvernent ont envenimé la France, et la situation présente. Rien n’a de cause, tout est fortuit !

Surtout il est interdit d’en parler autrement que ne le font nos oracles. Pas de coupable, que des victimes! Foutu sort contraire, va !

A en croire les valets du déni, seuls ceux qui cherchent la raison du chaos actuel en sont les vrais responsables, par leur entêtement à vouloir en chercher l’origine. Surtout, pas de manifestations de réprobation, cela sent trop la récupération. Mais récupérer les poubelles du renoncement en revanche ça ne dérange pas trop nos donneurs de leçon !

Et jusques à quand, comme l’eût dit ce bon Ciceron en d’autres temps (quo usque tandem).

Pour être plus léger en ces temps maussades, il faut regarder les badigeonneurs de moraline faire aujourd’hui la cour à Giorgia Meloni. Quel culot!

« Ah ! rire Monsieur » comme l’eût commenté l’inestimable et regretté baron Hubert Schroeder.

Souvenons-nous qu’au moment de l’invasion de la Pologne par les troupes de Leonide Brejnev, chef de l’URSS, ce cher homme était parti conférencer le soutien qu’il apportait au général Jaruzesky, au nom de la lutte contre la prolifération des hots-dogs dans le monde organisé. C’est dire sa clairvoyance et son humanité ! Ah ! Hubert !

Pour être plus clair, il est impossible de gober ce qu’on nous assène, sans maugréer . Personne ne signale  non plus l’incongruité d’un conflit dont le responsable  a été ouvertement désigné, ce qui dispense de s’interroger sur l‘attitude jusqu’au-boutiste et bellifère de celui qu’on a présenté comme l’agressé.

Quoiqu’on puisse penser de la légitimité de l’agression, et dieu sait qu’elle n’est pas légitime, on est forcé de constater que l’intransigeance de Volodymyr Zelensky empêche toute désescalade et devient elle-même un facteur de guerre. Arrêtons de considérer que Grand Loup a attaqué les trois petits cochons.

Qu’avons-nous à faire dans cette galère ? On se le demande. Si on écoute uniquement le ruban des inepties en boucle que diffusent les moyens d’information de cette jachère nommée l’Occident, nous voilà prêts à faire la guerre pour les autres et il ne le faut pas. Surtout pas ! Les comparaisons approximatives qui sont faites avec la guerre de 39-45 sont fausses et inopérantes. Baste les assimilations grossières avec le nazisme! Les russes ne sont pas en train d’organiser la solution finale du peuple ukrainien. A trop caricaturer la situation, on la rend incompréhensible.

Nous sommes face à un conflit tout simplement plus archaïque que nous pouvions le penser, car le modèle poutinien est un modèle du XIXème siècle. Il suffit de bien lire l’histoire pour comprendre les ressorts de la problématique. Nouveau Nicolas 1er , Poutine prend l’Ukraine pour la Pologne de l’époque. Que l’on sache, il n’y a pas eu de guerre mondiale en 1830 , quelque scandale qu’aient pu provoquer les horreurs de cette guerre en Europe.

Le plus simple pour raison garder serait d’européaniser la vision des choses plutôt que de se faire souffler une grille de lecture par nos alliés.

Une fois pour toutes, ne faisons que nos guerres et pas celles de nos puissants amis. C’était la position du général De Gaulle, il faut nous y tenir. Éteignons la radio. Effaçons la télé.

Jean-François Marchi

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